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Pour l’OMS, l’addiction aux jeux vidéo est une maladie

L'Organisation mondiale de la santé a décidé de reconnaître l'addiction aux jeux vidéo comme une maladie. Le trouble du jeu vidéo se caractérise d'après elle par "une priorité accrue accordée au jeu" et ne touche qu'une "petite minorité" des 2,5 milliards de joueurs dans le monde.

Le gaming disorder ou trouble du jeu vidéo a été reconnu comme une maladie à part entière par l’Organisation mondiale de la santé. « Après avoir consulté des experts dans le monde entier, et avoir examiné la littérature de manière exhaustive, nous avons décidé que ce trouble devait être ajouté », a déclaré à l’AFP le directeur du département de la Santé mentale et des toxicomanies de l’OMS, Shekhar Saxena. L’addiction aux jeux vidéo est ainsi incluse dans  la 11e version de la Classification internationale des maladies (CIM, en anglais ICD), première mise à jour globale de cette nomenclature depuis le début des années 1990.

Jeux video

© Creative Commons

Comme la cocaïne et les jeux d’argent

Dès le mois de janvier, l’OMS définissait cette pathologie comme « un comportement lié à la pratique des jeux vidéo ou des jeux numériques, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables ». Pour être diagnostiqué, le « comportement doit être d’une sévérité suffisante pour entraîner une altération non négligeable des activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles ou d’autres domaines importants du fonctionnement, et en principe, se manifester clairement sur une période d’au moins 12 mois », ajoutait l’OMS.

Dans l’ensemble, les trois principales caractéristiques sont « très semblables » à celles qu’on retrouve dans l’addiction à l’alcool, explique le Dr Vladimir Poznyak de l’OMS. Shekhar Saxena explique que « la personne joue tellement que d’autres centres d’intérêt et activités sont délaissés, y compris le sommeil et les repas ». Un trouble qui ne touche qu’une « petite minorité » des 2,5 milliards de personnes dans le monde qui jouent aux jeux vidéo, ajoute le responsable de l’OMS. « Nous ne disons pas que toute habitude de jouer aux jeux vidéo est pathologique », précise l’institution spécialisée des Nations Unies. Aujourd’hui incontournable, l’industrie du jeu vidéo a connu une croissance fulgurante et son chiffre d’affaires a atteint 108 milliards de dollars l’an dernier, soit le double de celui du cinéma en salles. Cette popularité s’est très vite accompagnée des premiers phénomènes de dépendance et des cliniques spécialisées dans le traitement de ce trouble ont vu le jour en Corée du Sud, aux États-Unis ou au Japon.

Une décision qui ne fait pas l’unanimité

La décision de l’OMS ne fait cependant pas l’unanimité et de nombreux spécialistes ont fait part de leur désaccord avec cette classification. C’est notamment le cas du psychologue Anthony Bean, alias « The Video Game Doc », pour qui « il est un peu prématuré d’étiqueter cela comme un diagnostic ». D’après son expérience, de nombreuses personnes utilisent le jeu « comme stratégie d’adaptation à l’anxiété ou à la dépression ». Selon lui, ces deux éléments prennent le pas sur l’addiction aux jeux vidéo et « quand l’anxiété et la dépression sont traitées, le jeu diminue considérablement ». Enfin, il estime que les critères utilisés par l’OMS pour définir le trouble du jeu dans la CIM sont « trop larges ».


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