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L’application Grindr accusée de partager des données très sensibles

Après la découverte de failles de sécurité sur sa plateforme, Grindr est accusé de partager le statut HIV des utilisateurs avec des services tiers.

Dans le sillage de l’affaire Facebook-Cambridge Analytica, les réseaux sociaux/applications/plateformes vont devoir faire très attention à ce qu’elles partagent avec des entreprises tierces. Sujet sensible oblige, le moindre écart est directement montré du doigt. D’un autre côté, cette surveillance accrue de ce que deviennent nos données sur Internet a du bon, du moins le temps qu’elle durera.

grindr

© Grindr

Des données sensibles… mais déjà publiques

Et c’est au tour de Grindr de se faire épingler autour d’un sujet très sensible. En effet, l’application de rencontres homosexuelles, qui cumulent 3,6 millions d’utilisateurs mensuels actifs, est accusée d’avoir laissé des entreprises tierces accéder aux données d’utilisateurs, et notamment celle du statut sérologique – c’est-à-dire si la personne est porteuse du virus du sida ou non. Dis comme ça, autant dire que l’information fait froid dans le dos. Mais peut-on mettre Grindr sur la même échelle que Facebook ? Les avis sont partagés.

En fait, Grindr a fourni ces informations aux plateformes Apptimize et Localytis, avec qui l’application travaille à son amélioration. Dans un post tumblr, elle précise que ces données ne sont pas vendues ni transmises automatiquement lors de ces tests, et qu’elles le sont alors de manière chiffrée. Le service rappelle aussi que Grindr est un forum public, ce qui induit que lorsque la sérologie d’un utilisateur est renseignée, elle est accessible publiquement.

#deletegrindr

Toutefois, selon certains chercheurs, la sérologie est envoyée couplée à des informations telles que la localisation, l’email, ou l’identification du téléphone, ce qui pourrait permettre d’identifier un utilisateur. Si on ajoute à cela les failles de sécurité découvertes récemment sur l’app, permettant notamment de connaître la localisation précise d’un utilisateur via une application tierce dont l’accès a désormais été coupé. Finalement, Grindr a décidé de ne plus partager le statut HIV des utilisateurs avec les deux entreprises mentionnées précédemment, histoire d’éteindre définitivement l’incendie.

En attendant, la nouvelle a fait le tour des réseaux sociaux, et comme pour Facebook, on voit fleurir des #deletegrindr sur Twitter. L’association française de lutte contre le VIH et les hépatites virales (AIDES) a elle aussi appelé au boycott de l’application.

Romain Challand

Romain Challand

Journaliste


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