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Les applis Google pourraient coûter jusqu’à 35 € par appareil en Europe

Google a récemment annoncé une série de mesures concernant les conditions d'utilisation d'Android en Europe. Le géant américain entend faire payer les fabricants de smartphones et pourrait facturer ses applications jusqu'à 40 dollars par appareil.

Les tensions durent depuis quelques années déjà entre la Commission européenne et Google. Et les récentes manœuvres du géant américain de l’Internet risquent de les accroître. Condamné à une amende record de 4,3 milliards d’euros durant l’été, Google conteste la décision de l’UE et a décidé de faire appel. Il doit néanmoins se plier aux exigences de la gardienne de la concurrence en Europe avant d’être entendu. Il y a quelques jours, Google a donc présenté son plan de mise en conformité avec trois mesures fortes.

Les applications Google sur le Pixel 3

Les applications Google sur le Pixel 3 © Google

Attaqué au porte-monnaie, Google veut piocher dans celui des fabricants des smartphones en faisant payer l’installation de ses applications. La firme de Mountain View a décidé de fixer une grille tarifaire pour les licences d’exploitation de ses applications (sa suite d’applications mobiles, Search et Chrome) installées sur les appareils Android proposés en Europe. Pour le géant de l’internet, l’objectif est double : mettre la pression sur la Commission en brandissant le spectre d’une hausse des prix des smartphones et décourager les fabricants de se détourner de ses applications. Avec les nouvelles mesures de la firme américaine, les constructeurs pourraient effet proposer des terminaux sans aucune application Google (Play Store compris) ou au contraire embarquer toutes les applications (dont Chrome et Search) dans leurs appareils. Dans les deux cas, ils ne paieront pas de frais de licence, mais se passer du Play Store ne sera pas forcément du goût de tous les constructeurs. Reste une troisième option : celle de proposer le Play Store (et d’autres applications) à leurs utilisateurs tout en se passant du service Search et du navigateur Chrome. Une formule payante dont le montant n’a pas été révélé officiellement par Google.

Un prix fixé en fonction de la densité de pixels

Selon les informations obtenues par Reuters et The Verge, l’installation de la suite d’applications « Google Mobile Services », qui comprend le Play Store, coûterait jusqu’à 40 dollars par appareil. Le tarif pourra varier en fonction des pays et de la densité de pixels de l’écran. Google aurait ainsi décidé de diviser les pays de l’UE en trois niveaux avec une facture plus salée pour les modèles vendus au Royaume-Uni, en Suède, en Allemagne, en Norvège et aux Pays-Bas. Dans ces pays, Google ferait payer 35 euros (environ 40 dollars) pour les smartphones avec une densité de pixels supérieure à 500 pixels par pouce (ppp), 17 euros (20 dollars) pour ceux compris entre 400 et 500 ppp. Enfin, les modèles sous la barre des 400 ppp entraîneraient des frais de licence de 8,5 euros (10 dollars).

Les applications Google sur le Pixel 3

La suite Google est notamment proposée sur les Pixel © Google

À noter que ces tarifs ne concernent qu’une seule zone de l’Europe où ne figure pas la France. On ne connaît, pour l’heure, les prix qui pourraient être pratiqués dans l’Hexagone. En revanche, nos confrères indiquent que dans certains pays, les frais pourraient ne s’élever qu’à 2 euros (2,5 dollars) pour les appareils bas de gamme. On note donc que Google semble avoir mis en place une grille tarifaire précise qui s’articule autour de la densité de pixels. Un élément qui permet de segmenter plus facilement le haut de gamme de l’entrée de gamme. Des modèles comme le Samsung Galaxy S9 ou le Huawei Mate 20 Pro, deux smartphones haut de gamme sous Android en 2018, ont par exemple une densité de pixels qui dépasse largement les 500 pixels par pouces (respectivement 570 et 545).

Google laisse le choix, mais il met la pression sur l’UE et les fabricants

Ces tarifs pourraient donc peser sur le prix final des smartphones. Il est en effet peu probable que les constructeurs décident d’absorber cette « taxe ». Néanmoins, si Google a annoncé que ces nouvelles options de licence entreront en vigueur le 29 octobre prochain, cette tarification ne devrait s’appliquer qu’à partir du 1er février 2019. Par ailleurs, The Verge ajoute que les fabricants qui ne préinstallent pas Chrome pourraient également perdre des revenus liés aux recherches provenant du navigateur. La méthode, utilisée de longue date par Google, est destinée à donner la priorité à ses applications. Pour en bénéficier, il faut que les appareils embarquent Chrome et que celui-ci soit placé dans le dock de l’écran d’accueil. Avec le nouvel accord, Google ne partagerait pas les revenus générés par la recherche via son navigateur si un constructeur ne faisait pas ce choix. Une solution radicale qui risque une fois de plus de refroidir les envies d’ailleurs de certains fabricants.


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