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Ce qu’il faut retenir du passage de Mark Zuckerberg devant le Sénat américain

C'est hier soir, mardi 10 avril, que Mark Zuckerberg s'est présenté devant les sénateurs américains. Pendant de longues heures, il a ainsi répondu à leurs questions au sujet de l'affaire Cambridge Analytica, de la protection des données des utilisateurs, ou encore des conditions d'utilisation de la plateforme. Voici cinq points à retenir ce passage très médiatique.

zuckerberg testimony

© Capture d’écran / YouTube

  • Zuckerberg présente (encore) ses excuses. Venu pour faire amende honorable après l’affaire Cambridge Analytica, le fondateur de Facebook s’est plusieurs fois confondu en excuses. Ce à quoi un sénateur a répondu en exhibant une pancarte mentionnant les nombreuses fois où celui-ci a formulé des excuses. Le sénateur Thune a également demandé en quoi ces excuses-là sont différentes de toutes les autres. Le CEO de Facebook a déclaré que de nombreuses erreurs ont été commises durant 10 ou 12 ans, et que Facebook se contentait jusque-là de fournir des outils, sans se soucier de ce qui en est fait. Il concède désormais que le rôle de son entreprise est d’être « plus proactive » et d’assurer « qu’elle est utilisée pour faire le bien ».

 

  • Une version de Facebook restera gratuite. Le sénateur Nelson a demandé à Mark Zuckerberg si des utilisateurs pourraient être invités à payer pour une version sans publicité. Une publicité elle-même basée sur les informations personnelles, ce qui dans la formulation du sénateur revient à un droit à ne plus partager ses données. Zuckerberg a défendu le business model de Facebook, qui souhaite rester gratuit et propose donc de la publicité. « Les gens n’aiment pas quand la publicité n’est pas pertinente », explique-t-il, tout en mentionnant que « les utilisateurs peuvent désactiver l’accès aux apps tierces ». L’arrivée, un jour, d’une version payante n’est toutefois pas catégoriquement exclue.

 

  • Il n’existe pas de ciblage publicitaire basé sur le microphone. Le fondateur de Facebook a aussi attaqué de front une thèse conspirationniste, du moins parce qu’il y a été poussé. Le sénateur Peters lui a ainsi demandé si Facebook utilise le micro des téléphones pour obtenir des informations personnelles, et Mark Zuckerberg a rétorqué que « ceci s’appelle une théorie du complot » et que Facebook « ne fait pas ça ».

 

  • Zuckerberg est ouvert à une régulation. Interpellé plusieurs fois à ce sujet, Mark Zuckerberg a fini par concéder qu’il n’était pas opposé à une régulation « s’il s’agit de la bonne ». Et lorsqu’il lui a été demandé s’il travaillerait éventuellement à une régulation avec le gouvernement fédéral, Zuck a répondu par l’affirmative. À ce sujet, les Sénateurs ont évoqué la directive européenne sur la protection des données personnelles – le RGPD -, qui semble leur plaire assez. Facebook a assuré qu’il y sera conforme le 25 mai 2018, date d’entrée en vigueur du texte européen, mais nul ne sait si les prérogatives seront suivies à l’extérieur du vieux continent.

 

  • Zuckerberg n’a pas eu réponse à tout. Assez étonnamment, cette longue interview de Mark Zuckerberg a laissé beaucoup de questions sans réponse. En plus d’être épinglé sur « des conditions générales d’utilisation nulles » ou qui sont « peu claires », dont lui-même admet qu’elles ne sont pas lues, le patron de Facebook est resté évasif sur de nombreux points, soit par stratégie, soit par ignorance. Il a souvent promis de fournir les réponses adéquates ultérieurement, comme lorsqu’il était interrogé sur des points de détail de Cambridge Analytica. Ou encore lorsqu’on lui a demandé ce qui était faisable pour la protection des données des mineurs.

Romain Challand

Romain Challand

Journaliste


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