LaboFnac

Donald Trump bloque le rachat de Qualcomm par Broadcom

Donald Trump a décidé d'interdire par décret le projet de rachat du fabricant américain de semi-conducteurs Qualcomm par son concurrent Broadcom. Il estime que cette opération porterait atteinte à la sécurité nationale des États-Unis.

Déjà perçu comme la plus importante opération de l’histoire du secteur des technologies, le rachat de Qualcomm par Broadcom fait les gros titres depuis quelques mois. Les deux entreprises ont pourtant du mal à tomber d’accord. L’entreprise derrière les plateformes Snapdragon ayant déjà refusé des offres de rachat de 103 milliards de dollars puis de 121 milliards de dollars en février. Alors que Qualcomm se dit prêt à discuter si Broadcom revoit son offre à la hausse, les autorités américaines ont décidé de s’en mêler.

Donald Trump

© Creative Commons / geralt

5G : les États-Unis veulent garder la main

Donald Trump a en effet signé un décret interdisant le projet de rachat de Qualcomm par son concurrent Broadcom. Il estime qu’une fusion entre le fabricant américain de semi-conducteurs et la société basée à Singapour porterait atteinte à la sécurité nationale des États-Unis. L’AFP rapporte que le président américain a pris cette décision sur la base des recommandations du Comité américain sur les investissements étrangers (CFIUS). Ce dernier avait indiqué dans une lettre : « Un transfert vers la Chine d’une position dominante dans la 5G aurait d’importantes conséquences négatives pour la sécurité nationale des États-Unis ». En effet, Qualcomm apparaît comme l’un des principaux concurrents des entreprises chinoises comme Huawei Technologies concernant le déploiement de cette technologie sans fil.

Le décret stipule que « l’acheteur [Broadcom] et Qualcomm doivent immédiatement et définitivement abandonner le rachat proposé ». Il évoque « des éléments crédibles » laissant penser que l’opération pourrait menacer la sécurité nationale. Une décision qui ne fait évidemment pas le bonheur de Broadcom. Dans un communiqué, le groupe singapourien se dit « en profond désaccord avec l’idée que (l’) acquisition proposée de Qualcomm soulève la moindre inquiétude en matière de sécurité nationale ». Le groupe a ajouté être « en train d’examiner le décret » présidentiel. Pour rappel, Broadcom avait annoncé lundi avoir décidé de revenir s’installer aux États-Unis à compter du 3 avril pour tenter d’atténuer les inquiétudes des autorités.

Une décision motivée par les tensions entre la Chine et les États-Unis

Cette décision intervient dans un contexte de crainte de voir les États-Unis perdre la main au profit de la Chine dans le domaine des communications mobiles, estime Reuters. Donald Trump met ainsi fin à ce qui aurait été le plus important rapprochement jamais enregistré dans le secteur technologique. Depuis plusieurs mois, le président américain multiplie les annonces protectionnistes et brandit le spectre d’une « guerre commerciale ». Un responsable de la Maison-Blanche a précisé que le décret présidentiel était la conséquence directe « d’un calcul ». Celui-ci montre que le rôle de premier plan des États-Unis dans la mise au point de technologies et dans la définition des normes pour la prochaine génération de communications mobiles allait être repris par la Chine en cas de rachat de Qualcomm par Broadcom.

Dimanche, le Wall Street Journal évoquait la possibilité de voir Intel se mêler à la bataille par le biais d’une offre de rachat de Broadcom. Le géant américain a répondu qu’il ne commentait pas les « rumeurs ou spéculations » en matière de fusions-acquisitions.


Contenus associés

Partager cet article :

Attention, vous avez déjà 3 produits dans le comparateur : supprimez un de ces produits pour rajouter celui-ci au comparateur.