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Les évènements de Charlottesville forcent les géants de la tech à bouger

Les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram...) et autres géants de la tech se mobilisent après les évènements de Charlottesville afin de supprimer les contenus haineux du web.

Ils n’étaient à l’origine qu’une sombre idée pas encore enterrée puis l’avènement d’Internet les a transformé en meme. Ils pullulaient sur le web, non pas dans une ignorance totale, mais avec une enveloppe physique en moins. Et puis la chimère a pris des traits humains, et elle s’est organisée, s’est fédérée et rassemblée jusqu’en Virginie, à Charlottesville, sous un nom bien plus commercial que celui de « white supremacists » : Alt-right.

alt right

La suite a malheureusement été suffisamment contée, et quelle que soit l’idéologie derrière le volant d’une voiture qui fonce dans la foule, la fin est toujours tragique. Les géants du web et de la tech, qui jonglaient jusque-là entre respect de la loi et celui de la liberté d’expression résumé dans le premier amendement de la constitution des États-Unis et si cher à son peuple, ont cette fois dû bouger et regarder les suprémacistes blancs en face.

Inglorious Basterds

Au lendemain de la mort de Heather Heyer, l’hébergeur GoDaddy supprimait le site néo-nazi Daily Stormer, organe de « presse » de la mobilisation «Unite the right». Le site s’est alors tourné vers Google Domains, qui a quant à lui rebouté l’inscription, forçant le torchon à se réfugier sur le Dark Web. Là où Anonymous a promis de leur livrer une bataille féroce.

Les réseaux sociaux ont aussi été très réactifs, Facebook ayant par exemple supprimé la page «Unite the Right» destinée à la propagande des idées de l’alt-right, au prétexte qu’elle servait l’incitation à la haine. Le réseau de Mark Zuckerberg, et Instagram, ont également clôturé des comptes de personnalités du mouvement, comme Christopher Cantwell, un des leaders du mouvement suprémaciste et personnage principal de l’édifiant reportage vidéo de Vice News. Sur son profil, le créateur de Facebook dit : « Il n’y a pas de place pour la haine dans notre communauté. C’est pourtant nous avons toujours supprimé les contenus qui promeuvent ou célèbrent la haine ou les actes terroristes – ce qui inclut ce qu’il s’est passé à Charlottesville ».

Plus curieusement, d’autres géants internationaux de la tech se sont mêlés à la lutte. Spotify, par exemple, est parti à la chasse aux contenus haineux et a annoncé avoir supprimé de la musique promouvant la haine. Deezer, de son côté, a indiqué à la presse américaine que « la musique ayant un rapport avec des mouvements racistes a commencé à être retirée ». PayPal, la société de paiement en ligne, a expliqué « travailler pour faire en sorte que nos services ne soient pas utilisés pour accepter des paiements ou des dons pour des activités faisant la promotion de la haine, de la violence et de l’intolérance raciale ».

Certains diront que le réveil des géants du web est tardif, d’autres qu’il s’agit de censure pure et simple. On constatera simplement que leur réponse est plus ferme que celle du Président des États-Unis.

Romain Challand

Romain Challand

Journaliste


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