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Facebook, Google et les médias français partent à la chasse aux fausses informations

La chasse à la désinformation est lancée dans l'Hexagone avec le déploiement d'une plateforme collaborative liant 17 médias au Google News Labs, ainsi qu'un outil Facebook permettant d'épingler les fausses informations.

L’essor d’Internet a provoqué la multiplication des informations, et la multiplication des informations a provoqué l’apparition du phénomène des « fake news ». Et il aura fallu une campagne présidentielle américaine désastreuse, marquée par la diffusion de trop nombreuses informations erronées, pour tirer la sonnette d’alarme, aussi bien dans la sphère médiatique que du côté de plateformes comme Twitter ou Facebook.

crosscheck

Récemment, c’est en Allemagne que la chasse à la désinformation a été lancée. Facebook, en partenariat avec Correctiv, a déployé un filtre visant à identifier rapidement les fausses informations susceptibles de pulluler sur le réseau social. Les récents développements de l’affaire Fillon laissaient espérer l’arrivée d’un outil semblable en France – surtout à l’approche de l’élection présidentielle -, et c’est désormais chose faite avec la plateforme CrossCheck, ainsi que le lancement prochain d’un pictogramme Facebook.

Une plateforme collaborative

Un peu comme Correctiv, CrossCheck est une plateforme collaborative développée conjointement par First Draft et Google News Lab. Ces trois protagonistes se sont alliés à 17 médias, parmi lesquels on trouve l’AFP, Libération, BuzzFeed News, Les Décodeurs, ou encore France Télévisions, ainsi qu’à des étudiants en journalisme du CFJ et de l’EDJ (Sciences Po).

Le but de CrossCheck est simple : il s’agit de mettre en commun des informations et des compétences permettant de remonter rapidement à la source d’une information. Puisque le nombre fait la force, tout cela permettra de ne pas laisser le temps aux fausses informations de (trop) se propager. La plateforme sera fonctionnelle à partir du 27 février, et les utilisateurs pourront donc y envoyer ce qu’ils souhaitent voir vérifié par le collectif.

Un outil Facebook

Mais les principaux circuits de circulation de fausses informations – ou du moins les plus visibles -, ce sont les réseaux sociaux. Facebook, partenaire de CrossCheck, va également se doter d’un outil visuel pratique : un pictogramme « danger ». Là aussi le principe est simple : une news pourra être assortie du pictogramme si sa pertinence est remise en question par au moins deux des médias partenaires.

Dans le cadre de ce projet avec Facebook, le nombre des médias partenaires passe de 17 à 8, parmi lesquels on trouve Le Monde, l’AFP, BFMTV, France Télévisions, France Médias Monde, L’Express, Libération et 20 Minutes.

Plus intéressant encore, cet outil est assorti d’une « sanction » financière, puisque le signalement comme « faux » mettra fin à la monétisation publicitaire du contenu. Il ne reste donc plus qu’à le voir à l’œuvre pour s’en faire une idée plus approfondie.

Romain Challand

Romain Challand

Journaliste


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