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Les « profils fantômes » mettent Mark Zuckerberg dans de beaux draps

Mark Zuckerberg fait face au Congrès américain cette semaine. Lors de sa deuxième audition devant la Chambre des représentants, le patron de Facebook n'a pas caché son embarras lorsqu'il a été question des "profils fantômes".

Semaine délicate pour Mark Zuckerberg qui s’explique devant le Congrès américain au sujet de l’affaire Cambridge Analytica. Une crise sans précédent pour le réseau social qui doit répondre aux interrogations des élus. Après un passage devant le Sénat américain, le patron de Facebook témoignait devant la Chambre des représentants et les questions sur les « shadow profiles » l’ont particulièrement déstabilisé.

zuckerberg testimony

© Capture d’écran / YouTube

  • C’est quoi les « shadow profiles » ?

Comme Google, Facebook conserve et utilise de très nombreuses données personnelles sur ses membres, mais pas seulement. Sur son site, le roi des réseaux sociaux ne cache pas qu’il collecte les informations d’internautes qui n’ont pas de compte. Il est même possible d’obtenir « toutes [s]es données personnelles conservées par Facebook »… en fournissant là encore quelques données personnelles. On appelle ces fichiers les « profils fantômes » ou « shadow profiles ».

  • Comment et pourquoi Facebook récupère ces données ?

L’existence de ces fichiers n’est pas nouvelle et permet à Facebook de toujours mieux cibler ses utilisateurs. Le système de recommandation d’amis peut ainsi être amélioré et le réseau social va surtout s’en servir pour la publicité. Plus Facebook en sait sur vous et vos amis, plus il pourra dresser un profil précis et afficher des publicités ciblées. Même si vous ne partagez pas vos données avec Facebook, ce dernier peut utiliser les informations données par vos amis. Par exemple si l’un de vos amis conserve des informations vous concernant sur son smartphone (adresse email, numéro de téléphone…) et accepte de les partager, Facebook y aura accès et pourra compléter ce profil fantôme.

Officiellement, le réseau social n’utilise pas le terme « shadow profile », mais il ne nie pas leurs existences. Devant le Congrès, Mark Zuckerberg a pourtant expliqué qu’il ne connaissait pas ce terme. Le site TechCrunch rapporte que Ben Lujan, représentant du Nouveau-Mexique, a posé la question suivante au patron jeune PDG : « Facebook a-t-il des profils détaillés sur les personnes qui ne se sont jamais inscrites sur Facebook, oui ou non ? »

Mark Zuckerberg et la menace fantôme

Mark Zuckerberg, visiblement mal à l’aise, a alors répondu : « Monsieur le Député, en général, nous recueillons des données sur les personnes qui ne se sont pas inscrites sur Facebook pour des raisons de sécurité afin d’éviter le genre de scraping [aspirer des informations] auquel vous faisiez référence ». Ben Lujan évoquait ici l’annuaire inversé du réseau social. Il était en effet possible de trouver une personne sur Facebook en entrant son numéro de téléphone, une fonctionnalité qui a récemment été supprimée. Suite à cet échange, le député Ben Lujan a évoqué ces fameux « profils fantômes », un domaine avec lequel Mark Zuckerberg explique « ne pas être familier ». On notera que le PDG de Facebook ne s’exprimait pas ici sous serment. Très à l’aise sur le sujet, le député n’a pas semblé convaincu par les réponses du patron de Facebook.

Il a ainsi demandé : « Facebook a admis collecter des données sur des utilisateurs qui n’ont pas de compte. Ma question est la suivante : quelqu’un qui n’a pas de compte Facebook peut-il vous demander de cesser cette collecte ? ». Mark Zuckerberg a une nouvelle fois brandi l’argument de la sécurité, expliquant que « n’importe qui peut désactiver et refuser la collecte de données pour les annonces, qu’ils utilisent ou non nos services, mais afin d’empêcher des gens d’aspirer des informations publiques [scraping]… nous devons savoir quand quelqu’un tente d’accéder à nos services de façon répétée ». Enfin, le PDG de Facebook a admis qu’il faisait lui-même partie des 87 millions d’utilisateurs du réseau social dont les données personnelles ont été détournées au profit de Cambridge Analytica.


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