LaboFnac

Google se retire de l’appel d’offres à 10 milliards de dollars du Pentagone

Alphabet, la maison-mère de Google, a décidé de se retirer de la course pour décrocher un contrat de 10 milliards de dollars avec le département de la Défense des États-Unis. Le géant du Web affirme que le projet pourrait entrer en conflit avec les valeurs de son entreprise.

La maison mère de Google, Alphabet, est sur tous les fronts cette semaine. Après avoir annoncé la fermeture de son réseau social Google+ pour le grand public, le géant américain a dévoilé plusieurs nouveautés hier, dont les Pixel 3 et 3 XL ou la Pixel Slate. Dans le même temps, Alphabet a pris une décision importante en se retirant de la compétition pour le contrat portant sur le Cloud proposé par le Pentagone, rapporte Bloomberg. Le projet, connu sous le nom de JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure Cloud), consiste à transférer d’énormes quantités de données du ministère de la Défense vers un système de stockage de données en ligne. Le contrat est de taille, puisqu’il pourrait s’étendre sur les dix prochaines années et atteindre les 10 milliards de dollars. Les entreprises intéressées doivent se manifester en présentant une offre avant le 12 octobre.

google campus

© Google

L’annonce de Google a eu lieu quelques mois seulement après que la société a décidé de ne pas renouveler son contrat pour un programme d’intelligence artificielle avec le Pentagone. Le rapprochement entre le géant du Web et le gouvernement américain avait suscité une vague d’indignation en interne. Dans une déclaration transmise à Bloomberg ainsi qu’à l’AFP, Google explique que le projet pourrait être en contradiction avec ses « principes » en matière d’intelligence artificielle.

Google ne veut pas basculer vers le côté obscur

« Nous ne soumettrons pas de proposition pour le contrat JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure), d’abord parce que nous n’avons pas reçu l’assurance qu’il serait conforme à nos principes en matière d’intelligence artificielle. Nous avons établi que des parties du contrat dépassaient le champ de notre certification par le gouvernement », précise la firme américaine. Après avoir renoncé au projet Maven, le géant de Mountain View et son directeur général Sundar Pichai avaient publié un ensemble de principes censés guider le développement et l’utilisation de l’intelligence artificielle par le groupe. Il était notamment question de ne pas s’impliquer « technologies qui sont ou pourraient être nocives » et « des armes ou d’autres technologies dont le but principal ou la mise en oeuvre causeraient ou faciliteraient l’atteinte physique aux personnes ».

Le retrait de Google n’est pas complètement une surprise, il permet à la société qui a longtemps eu pour slogan Don’t be evil (littéralement, « Ne soyez pas malveillants ») de soigner son image et de s’éviter un nouveau conflit interne. La décision de renoncer à se positionner sur ce contrat massif peut aussi s’expliquer par le fait que la firme de Mountain View était loin de partir favorite. Google est en effet à la traîne par rapport à d’autres géants du secteur tels que Amazon et Microsoft pour l’obtention d’autorisations de sécurité pour fournir des services de cloud computing au gouvernement américain. En mars, le groupe californien a reçu une certification « modérée » provisoire pour le traitement des données du gouvernement, alors que Amazon ou Microsoft ont des autorisations plus élevées.

Amazon et Microsoft ont le champ libre

Le projet JEDI a suscité un vif intérêt de la part des entreprises du secteur qui peinent à rattraper Amazon sur le marché florissant du stockage de données en ligne. Ce dernier fait aujourd’hui figure de grand favori, alors que le ministère de la Défense à décidé d’attribuer la totalité du contrat un seul prestataire, plutôt que de le scinder en plusieurs appels d’offres. Une décision prise pour faciliter le déploiement d’une nouvelle architecture de stockage, mais qui n’est pas forcement du goût des rivaux d’Amazon. Microsoft ou Oracle, toujours en course pour rafler ce contrat massif, se sont opposés à cette décision, au même titre que Google.

« Si le contrat JEDI avait été ouvert à plusieurs fournisseurs, nous aurions présenté une solution convaincante pour certaines parties du contrat », a déclaré un porte-parole de Google. « Google Cloud estime qu’une approche multi-cloud [plusieurs prestataires] est dans le meilleur intérêt des agences gouvernementales, car elle leur permet de choisir le bon cloud pour la bonne charge de travail ».


Contenus associés

  • Max Lavache

    Et pourquoi l’Armée Américaine ne s’achète pas des serveurs? Ça leur reviendrait moins cher et ça serait plus sécurisé pour eux. La mode du Cloud et de l’externalisation à outrance ça n’a plus de sens à un moment donné. Dire qu’au début ARPANET était militaire…

Partager cet article :

Attention, vous avez déjà 3 produits dans le comparateur : supprimez un de ces produits pour rajouter celui-ci au comparateur.