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Interview Sony : « nous ne sommes pas loin d’attaquer les deux leaders en France »

Présents à la cérémonie des Sony World Photography Awards avec l'infime espoir qu'un Alpha 7S III y pointe le bout de son nez - ce qui ne fut pas le cas, ne soyons pas trop pressés -, nous avons toutefois pu discuter un peu photo avec Yann Salmon-Legagneur, General Product Manager Europe de Sony. Une discussion aux allures de mise à jour concernant le marché de l'hybride et la place qu'y occupe la firme japonaise.

sony alpha 9

© Labo Fnac

Comment se porte la branche Alpha de Sony ?

Elle se porte très bien, on s’en doute un peu, car on a lancé beaucoup de produits récemment. On avait comme ambition de devenir numéro 1 sur le plein format au niveau mondial. C’est un objectif qui a été atteint : Sony est numéro 1 dans le monde. Au niveau Europe, c’est pareil, on est passé devant les deux plus grosses marques. Le business optique se porte bien aussi avec toute la série G Master qui a été bien accueillie. On peut donc dire l’ensemble du business se porte bien, oui.

Pas mal de nouveaux noms se sont ajoutés au niveau optique d’ailleurs…

Oui, ça commence à faire envie quand le boîtier s’installe dans les habitudes de consommation.

Même question pour le business, mais en France. Comment ça va ?

Sur 2017, on continue de progresser, mais on n’a pas encore atteint la place de numéro 1. On est numéro 3 avec à peu près un quart du marché. Donc nous ne sommes pas loin d’attaquer les deux premiers.

Quelles sont les particularités de ce marché français ?

Alors c’est une bonne question : « mais que font les Français ? » (rires). Il y a une raison majeure, à mon avis, c’est que le consommateur français est assez conservateur. Et on le voit sur le marché du mirrorless en général, où l’on a quelques points de retard sur la moyenne européenne. Le conservatisme du marché de la photo français est l’explication la plus plausible.

Il y a d’autres exemples similaires à la France ?

On a eu la Pologne, qui est un pays assez conservateur. Mais à l’inverse, des pays comme l’Espagne ou l’Italie, plutôt conservateurs autrefois, ont commencé à prendre la marge du mirrorless plus rapidement que la France. On le voit très bien sur l’Espagne, qui a des résultats phénoménaux sur le plein format.

Sony Alpha 9

© Sony

On fête ici même le premier anniversaire de l’Alpha 9. Comment cette première année s’est-elle passée ?

Disons que ça a été assez rocambolesque pour nous. Il y a eu beaucoup de choses à faire. On a dû mettre en place un service professionnel dans tous les pays pour approcher ce marché-là. L’A9 nous a permis aussi de concrétiser ce que j’appelle le paradigm shift, c’est-à-dire que le mirrorless a surpassé le reflex en termes de technologie. Ce produit nous a permis d’asseoir vraiment la marque Sony. Tout cela a permis de tirer la série a7 vers le haut.

Est-ce qu’il y a eu des difficultés, des choses auxquelles vous ne vous attendiez pas ?

Non, pas vraiment. Il y a des passions pour certaines marques, et jusqu’à présent il n’y en avait que deux dans le professionnel. Certains photographes ont leur préférence. Certains le trouvent trop petit, d’autres trouvent qu’il est pratique à emmener partout…

Et les rumeurs d’arrivée de Canon et Nikon sur le mirrorless plein format ?

(rires) Alors pour l’instant, ce sont simplement des rumeurs. Attendons de voir. Nous concernant, on a quatre ans d’avance sur ce marché précis en matière de technologie. Et quand on sait que les premiers boîtiers sont souvent imparfaits… Autre aspect important : les optiques. Je pense qu’on est le seul constructeur à pouvoir sortir autant d’optiques si rapidement. On a l’avantage des 28 optiques en full frame.

Est-ce que vous n’allez pas naturellement délaisser le segment des reflex ?

Disons que la part de marché des reflex s’effrite, il n’y a qu’à regarder le marché. Alors naturellement, nos ventes aussi s’effritent. Mais nos produits restent encore hyper compétitifs et on va les garder en catalogue pour satisfaire les clients en monture A.

Même interrogation pour les APS-C…

L’a6000 reste le mirrorless le plus vendu en Europe, et de loin. Donc ça marche très fort et c’est un marché qu’il faut continuer à pousser.

Mon confrère de 01net a discuté avec Kenji Tanaka concernant l’intelligence artificielle qui viendra dans un futur produit. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas vraiment au courant. Mais ça paraît logique au regard de l’évolution technique.

Romain Challand

Romain Challand

Journaliste


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