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Mozilla s’inquiète de voir Microsoft se tourner vers Chromium pour son navigateur Edge

La décision de Microsoft de passer Edge sous Chromium continue de faire réagir et inquiète le patron de Mozilla. Pour Chris Beard, Microsoft cède encore plus de contrôle à Google et cela va contribuer à restreindre les choix qui s'offrent aux internautes.

Microsoft a annoncé il y a quelques jours sa décision d’abandonner son moteur EdgeHTML et de miser sur Chromium pour assurer l’avenir de son navigateur Edge. Un choix fort qui fera de Edge une nouvelle variante de Chrome. On s’attend d’ailleurs à ce que la prochaine version du navigateur de Redmond supporte les extensions Chrome. Très vite, la fondation Mozilla a regretté la décision de son rival et son directeur général, Chris Beard, a publié un texte pour faire connaître son point de vue. À la tête de Mozilla depuis quatre ans, Chris Beard explique qu’« en adoptant Chromium, Microsoft cède encore plus de contrôle à Google sur les informations à nos activités en ligne ».

qwant firefox

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Réputée pour sa défense de la vie privée sur Internet et des libertés en ligne, la fondation regrette via son directeur général que Redmond « renonce officiellement à une plateforme partagée indépendante pour Internet ». Chris Beard rappelle que « les « moteurs de navigateur », tels que Chromium de Google et Gecko Quantum de Mozilla, sont des composants logiciels connus seulement des initiés, mais qui déterminent en grande partie ce que chacun d’entre nous peut faire en ligne ». Avec sa décision, Microsoft « donne à Google une plus grande capacité de décider seul des possibilités qui s’offrent à chacun d’entre nous ».

Le directeur général de Mozilla reconnaît toutefois que la décision de son éternel rival (Firefox avait bousculé le monopole exercé par Internet Explorer) « semble avoir du sens » d’un point de vue commercial. « Google est si près du contrôle quasi total de l’infrastructure de nos vies numériques que continuer de le combattre pourrait s’avérer peu rentable […] Google est un concurrent féroce, avec des employés très talentueux et une emprise monopolistique sur des actifs uniques. La domination de Google en matière de recherche, de publicité, de smartphones et de collecte de données crée des conditions de concurrence très désavantageuses pour le reste d’entre nous ». Lancé il y a dix ans, le navigateur Chrome écrase tout sur son passage et s’est rapidement imposé comme la référence. Sa part de marché est estimée à 65 % par NetMarketShare et 72 % par StatCounter et le navigateur de Mountain View continue sa progression. Au grand dam de ses concurrents, comme Firefox, qui ont de plus en plus de mal à exister.

Selon Mozilla, il y a urgence à réagir à la menace Google

Pour Chris Beard, le fait d’« accroître la puissance de Google est risqué sur de nombreux plans ». « D’un point de vue social, civique et individuel, céder le contrôle d’une infrastructure Internet fondamentale à une seule entreprise est terrible », ajoute-t-il, rappelant au passage que « c’est pour cette raison que Mozilla existe ». « Mozilla est en concurrence avec Google non pas parce que c’est une bonne occasion de faire des affaires. Mozilla est en concurrence avec Google parce que la santé d’Internet et de nos vies numériques dépend de la concurrence et du choix. Elles dépendent de la capacité des consommateurs à décider qu’ils attendent mieux que cela et à agir ».

Microsoft Edge

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Il estime qu’il est aujourd’hui « possible » que la décision de Microsoft rende plus difficile la croissance d’un Firefox qui perd déjà du terrain. Selon le patron de Mozilla, « une grande partie de la réponse dépend de ce que font les développeurs Web et les entreprises qui créent des services et des sites Web. Si un produit comme Chromium a suffisamment de parts de marché, il devient alors plus facile pour les développeurs Web et les entreprises de décider de ne pas s’inquiéter si leurs services et sites fonctionnent sur autre chose que Chromium ». Chris Beard craint que l’histoire ne se répète et que Chrome ne devienne le nouvel Internet Explorer. « C’est ce qui s’est passé lorsque Microsoft disposait d’un monopole sur le marché des navigateurs au début des années 2000 avant la sortie de Firefox. Et ça pourrait se reproduire ».

L’organisation à but non lucratif et son PDG en profitent également pour louer les qualités d’un Firefox qui « a considérablement évolué depuis les 18 derniers mois ». « Si les utilisateurs du Web s’intéressent au futur de leur vie numérique, qu’ils jettent un nouveau coup d’œil à Firefox », précise Chris Beard. Concernant Firefox, le navigateur libre se retrouve esseulé face à un Google toujours plus fort et veut plus que jamais être l’alternative aux GAFAM.


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