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Netflix accapare 15 % de la bande passante Internet dans le monde

Netflix pèse lourd et selon une étude publiée par Sandvine, le service de SVoD américain consomme 15 % de la bande passante mondiale. Il peut même capter jusqu'à 40 % du trafic Internet mondial pendant les heures de pointe.

Netflix est un géant dans l’univers du streaming avec ses 130 millions d’abonnés (dont près de 3,5 millions en France) et il pèse de plus en plus sur le trafic Internet mondial. Sandvine, une société canadienne spécialisée dans les équipements de réseaux, publie régulièrement des rapports sur les usages d’Internet. Dans sa dernière étude The Global Internet Phenomena Report, elle révèle que la vidéo accapare près de 58 % de la bande passante mondiale. Un constat sans surprise qui s’explique par la prolifération des contenus SD et HD, mais le plus impressionnant est que les flux de contenus en 4K Ultra HD « sont une goutte d’eau dans l’océan » explique Sandvine. On peut donc s’attendre à ce que la vidéo prenne encore plus de place dans les années à venir.

Rapport Sandvine

© Sandvine

Parmi les acteurs de la vidéo en streaming, Netflix tire son épingle du jeu en captant à lui seul 15 % de toute la bande passante Internet dans le monde, soit la plus grande part pour une seule application. Il devance les sites de vidéo utilisant le protocole HTTP Media Stream (13,1 % de la bande passante) et YouTube (11,4 %). Aux heures de pointe, Sandvine relève que Netflix peut même représenter jusqu’à 40 % du trafic mondial. La plateforme figure d’ailleurs en bonne position dans toutes les régions du monde, témoignant du succès mondial de cette entreprise d’abord spécialisée dans la location de DVD.

Netflix domine en Amérique (19,1 % du trafic) où il est le premier service de vidéo, se classe juste derrière YouTube (12,99 % contre 16,10 % pour YouTube) dans les pays d’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique (EMA). Enfin, le service de sVoD est troisième en Asie-Pacifique (APAC) où il capte 6,32 % du trafic. Petite surprise, le service vidéo de Google ne figure qu’en cinquième position sur l’ensemble du continent américain, il est notamment devancé par Amazon Prime Video. La domination de Netflix est d’autant plus impressionnante que son encodage vidéo est plus efficace que celui de tout autre grand service de vidéo sur Internet, note Sandvine. En d’autres termes et comme le fait remarquer Variety.com, Netflix représenterait une part encore plus importante de la consommation de données si ses algorithmes de compression étaient moins efficaces.

Rapport Sandvine

© Sandvine

La firme qui fera très prochainement son retour en France domine donc les sites de vidéo, mais ce n’est pas le seul enseignement à tirer de ce rapport. Derrière le visionnage de vidéo, la navigation Web (17,01 % du trafic total) et le gaming (7,78 %) se détachent et devance le social (5,10 %). Le jeu vidéo devient en effet une force significative à mesure que les téléchargements de jeu, le streaming via Twitch par exemple et la pratique professionnelle (eSports) se développent. Le téléchargement d’un jeu comme Call of Duty : Black Ops 3 (101 Go) équivaut à 14 heures de vidéo en 4K (moyenne de 7 Go par heure). On retient aussi la puissance d’Alphabet/Google en Asie pacifique, partie du monde dans laquelle ses services représentent plus de 40 % du total des connexions.

Le BitTorrent est très loin d’être mort

Dernière tendance majeure à retenir, le retour en force du trafic lié au partage de fichiers.  Ce dernier était sur la pente descendante depuis quelques années et l’émergence des services de streaming. « Eh bien, cette dynamique est en train de changer une fois de plus….. », explique Cam Cullen de Sandvine. On observe que le protocole BitTorrent figure en bonne place dans le monde puisqu’il représente 22 % du trafic ascendant. Une part qui monte à 31 % en Europe, au Moyen-Orient et Afrique (EMEA). Pour Cam Cullen, plusieurs raisons expliquent cette progression dans cette partie du monde ainsi qu’en Asie-Pacifique.

Rapport Sandvine

© Sandvine

« De plus en plus de sources produisent des contenus « exclusifs » disponibles sur un seul service de streaming ou de diffusion – pensez à Game of Thrones pour HBO, House of Cards pour Netflix, The Handmaid’s Tale pour Hulu, ou Jack Ryan pour Amazon. Pour avoir accès à tous ces services, cela devient très coûteux pour un consommateur, alors il s’abonne à un ou deux et pirate le reste », explique-t-il. Il ajoute que « beaucoup de ces séries exclusives sont basées aux États-Unis et n’ont pas une bonne distribution internationale, donc les gens les téléchargent parce qu’ils n’ont pas accès au contenu ». Un raisonnement qui peut aussi expliquer la très forte progression du piratage IPTV qui permet d’accéder à une infinité de chaînes (dont les chaînes de sport) à un tarif réduit.

L’étude est disponible dans son intégralité en anglais, au format PDF, à cette adresse.


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