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Test Labo des Samsung Galaxy S8 et S8+ : leurs écrans passés au crible

Vous le savez sans doute déjà, les Galaxy S8 et S8+ de Samsung ne seront disponibles que d'ici quelques jours. Mais nous avons d'ores et déjà réussi à mettre la main sur ces smartphones ! Nous les avons évidemment envoyés aussitôt au Labo, pour qu'ils y subissent nos impitoyables épreuves techniques. Nous publierons d'ailleurs très prochainement les tests complets de ces produits. Pour vous faire patienter jusque là, nous vous proposons néanmoins en avant-première les résultats et les mesures de leurs écrans. Et surtout, nous répondons à cette question cruciale : ces écrans sont-ils vraiment à la hauteur des promesses du fabricant ?

Article mis à jour le 14 avril : Nous avons ajouté dans la section « colorimétrie » nos résultats de tests lorsque le téléphone est utilisé en mode d’affichage Basique.

Officiels depuis la fin mars et attendus le 28 avril prochain dans les rayonnages des revendeurs, les Galaxy S8 et S8+ de Samsung font partie des smartphones les plus attendus de l’année avec les prochains iPhone. Parmi les caractéristiques tout particulièrement mises en avant par le constructeur, leur écran baptisé Infinity Display. Il vient succéder à deux générations de Galaxy Sx « Edge » dont les afficheurs nous avaient déjà particulièrement convaincus, à l’image de celui du Galaxy S7 Edge, qui avait l’an dernier récolté la note maximale. Sa dalle Super AMOLED bénéficiait non seulement d’une excellente résolution de 532 ppp (grâce à sa définition QHD), mais proposait également de très bonnes performances, aussi bien en matière de contraste que d’angles de vision, comme nous l’expliquions dans son test.

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Cette année, ce sont donc deux smartphones dotés d’écrans Super AMOLED incurvés sur les côtés que propose Samsung, à savoir le Galaxy S8 et sa dalle de 5,8 pouces, et le S8+ et sa diagonale de 6,2 pouces. Puisque le Coréen promet d’avoir repoussé « les limites traditionnelles des écrans« , et en attendant de vous livrer notre test complet des deux modèles, voici donc un tour d’horizon des performances à attendre du côté de leurs afficheurs. Avant d’entrer dans le vif du sujet, notez bien que, comme pour chaque modèle de passage dans notre Labo, nous avons réalisé nos mesures sans modifier leur paramétrage par défaut : nous les avons donc évalués dans le mode Adaptative Display, et les résultats pourront varier (notamment sur la colorimétrie et la luminosité) en cas d’activation d’autres modes.

Sur sa nouvelle vague de S8, Samsung promet d’ailleurs moult réglages utiles à la personnalisation de leur affichage. Il est ainsi possible de modifier à la main la température des couleurs, d’afficher une définition moindre (Full HD, par exemple), ou encore d’adapter les contenus (applications, vidéos, photographies…) au ratio 18,5:9 original choisi par la marque. Autant de points qui, comme la protection de la dalle par du verre Gorilla Glass 5, séduisent évidemment, mais doivent être secondés par un matériel irréprochable.

La résolution

Comme nous l’avons mesuré, l’écran occupe 85 % de la façade du Galaxy S8 et 87 % de celle du Galaxy S8+ : un record dans le monde du mobile, et une nette évolution par rapport au Galaxy S7 Edge, puisque l’écran de ce dernier représente environ 76 % de sa façade. Et dans la mesure où tous deux affichent 2960 x 1440 pixels (définition WQHD+), le Galaxy S8 s’offre une résolution dantesque, de 568 ppp, qui le propulse dans le peloton de tête des smartphones du moment. Quant au Galaxy S8+, il obtient de son côté 524 ppp. Un score là encore assez exceptionnel. Seul le Galaxy S7, affichant 2560 x 1440 pixels sur une diagonale de 5,1 pouces, peut se targuer de faire mieux, avec ses 580 ppp. Pour comparaison, le G6 propose 5,7 pouces pour 1440 x 2880 pixels, et une densité encore à 564 ppp. Évidemment, le très confidentiel Sony Xperia Z5 Premium et ses 806 ppp, avec une définition 4K pour une diagonale de 5,5 pouces, est hors-concours.

Samsung Galaxy S8 et S8+

À gauche, le Galaxy S8 et à droite, le Galaxy S8+

Les angles de vision

Dans ce domaine, les nouveaux S8 et S8+ placent la barre particulièrement haut, prodiguant des angles de vision généreux, qui restent néanmoins comparables à ceux du Galaxy S7 edge, également très bon en la matière. Nous évaluons ce point en réglant la luminosité de l’écran à environ 200 cd/m2, puis en vérifiant la luminosité perceptible lorsqu’il est observé depuis différents angles. Chez le S8 et plus encore chez le Galaxy S8+, nos mesures montrent que les deux smartphones restent extrêmement lisibles même lorsqu’ils sont inclinés : un très bon point pour des appareils qui misent notamment sur la lecture vidéo, seul ou en groupe.

Directivité du Galaxy S8

Directivité du Galaxy S8 : on conserve encore de la luminosité à 45°.

Le Galaxy S8 affiche une perte de luminosité de 7 % lorsqu’il est incliné à 15°, de 24 % lorsqu’il est tenu à 30°, et enfin de 52 % de luminosité à 45°. Nous avons ainsi relevé, pour une luminosité de 230 cd/m2 de face, un niveau de luminosité de 214,8 cd/m2 à 15°, de 175,1 cd/m2 à 30° et de 109,6 cd/m2 à 45°. Le Galaxy S8+ se comporte légèrement mieux que son binôme, avec une perte de 5 % de luminosité à 15 % (216,4 cd/m2), de 19 % de luminosité à 30° (183,8 cd/m2) et de 47 % à 45° (120,4 cd/m2). Ces données sont à comparer à un Galaxy S7 qui se classe toujours dans le peloton de tête des smartphones « utilisables à plusieurs », puisque nous avions relevé des pertes de 5, 22 et 49 % de luminosité à 15, 30 et 45°.

Directivité du Samsung Galaxy S8+

Directivité du Samsung Galaxy S8+ : à gauche avec du noir, à droite avec du blanc.

La colorimétrie

Les S8 profitent de dalles 10 bits compatibles avec le HDR, que Samsung met notamment en avant pour la diffusion d’images et de vidéos. Mais pour montrer davantage de nuances entre les zones sombres et les zones claires, encore faut-il afficher un plus grand nombre de couleurs que les autres dalles. Sans surprise, le gamut (nombre de couleurs affichées) étendu promis par Samsung est effectivement mesurable, puisque le S8 comme le S8+ prodiguent chacun 138 % de l’espace colorimétrique sRGB.

Gamut du Samsung Galaxy S8+

Le gamut du Samsung Galaxy S8+

Les deux smartphones affichent davantage de couleurs que la moyenne des téléphones portables, mais pas tout à fait de la même manière. Dans l’ensemble, le Galaxy S8+ se montre le plus équilibré, présentant un espace colorimétrique presque proportionnel au sRGB. On retrouve ainsi un delta u’v’ de 0,0570 dans le rouge, de 0,0302 dans le vert, de 0,311 dans le bleu, de 0,2295 dans le cyan, de 0,0374 dans le magenta et de 0,0150 dans le jaune. Si les couleurs sont équilibrées, il faut bien noter que les couleurs fondamentales (rouge, vert, bleu) « maximales » de l’espace sRGB seront représentées à l’extérieur de leur espace colorimétrique : il en résultera un rendu globalement saturé sur ces couleurs particulières, notamment pour le rouge. En revanche, le résultat différera à l’activation d’autres modes. Nous avons d’ailleurs testé les deux mobiles en mode « basique » – qui n’est pas activé à leur sortie de boîte – dont vous trouverez les résultats plus bas.

Gamut du Samsung Galaxy S8

Le gamut du Samsung Galaxy S8

Toujours plus grand que l’espace sRGB, l’espace colorimétrique couvert par le Galaxy S8 standard fait un peu moins la part belle au bleu, ce qui n’aura a priori qu’une influence minime sur le rendu des couleurs. Avec le smartphone, donc, on obtient un delta u’v’ de 0,49 dans le rouge (couleur toujours la plus représentée), de 0,0402 dans le vert, de 0,311 dans le bleu, mais aussi de 0,0167 dans le cyan, de 0,0904 dans le magenta et de 0,2692 dans le jaune. Là encore, le mode adaptatif de l’écran conduit à un rendu un peu fluo du rouge.

Gamut Samsung Galaxy S7 edge

Pour comparaison, le gamut du Samsung Galaxy S7 edge…

Dans les deux cas, il y a réellement de quoi se satisfaire de ces écrans, véritablement capables de restituer les couleurs qui leur sont envoyées. Et le blanc dans tout cela ? Quand la lumière du jour (D65) est placée à 6500°K sur le plan Locus, le point blanc dévoile une température de 7023°K chez le Galaxy S8, très proche donc de D65. Il est un peu plus bleu sur le Galaxy S8+, avec un point blanc qui monte à 7625°K. Dans l’ensemble, ces valeurs sont donc correctes, mais pas parfaites.

Température des couleurs du Galaxy S8 et du Galaxy S8+

Température des couleurs du Galaxy S8 et du Galaxy S8+ : le point blanc est placé par rapport au plan Locus

Comme nous l’indiquions plus haut, nous avons également essayé les Galaxy S8 et S8+ en mode basique, lequel s’adapte davantage à l’espace sRGB. Non seulement la différence est sensible, mais on constate que les tendances s’inversent : le Galaxy S8+ se comporte légèrement mieux que le S8 en mode adaptatif, mais le S8 prend l’avantage en mode basique.

Le S8 recouvre presque parfaitement le triangle de référence, s’écartant très légèrement dans les bleus et dans les rouges (delta u’v’ de 0,0114 pour cette dernière couleur), et affiche un delta u’v’ moyen sur toutes les couleurs testées de 0,006. Sa fidélité colorimétrique est en somme excellente dans ce mode.

Le Galaxy S8+, qui reste très bon, s’écarte davantage du rouge de référence, et son delta u’v’ monte à 0,0235. Même s’il restitue fidèlement les autres couleurs, son delta u’v’ moyen est logiquement supérieur à celui du S8, avec un score de 0,011.

Gamut des Galaxy S8 et S8 Plus

En mode basique, l’écran des deux smartphones est très proche de l’espace sRGB.

Le contraste et la luminosité

Les Galaxy Sx de Samsung s’appuient historiquement sur des dalles AMOLED, tradition à laquelle les S8 ne dérogent pas, avec leur écran Super AMOLED. Ce dernier ne permet pas d’établir un contraste de type « xxx:1 » convaincant dans la mesure où les pixels ne s’allument pas lorsque seul 1 % de lumière est affiché à l’écran. C’est la raison pour laquelle nous avons concocté une procédure maison : nous évaluons le contraste des écrans en affichant 5 % de lumière à l’écran, ce qui permet d’allumer suffisamment de pixels pour noter un contraste pertinent. Chez le Galaxy S8, 5 % de luminosité envoyée dans le noir correspond ainsi à 0,64 cd/m2, tandis que chez le S8+, elle descend à 0,48 cd/m2. Le noir avec 5 % de luminosité est donc très légèrement moins profond sur le S8 que sur le S8+, ce qui se traduit par un contraste moins élevé.

prise en main et présentation des samsung galaxy S8 et Galaxy S8+

À ce petit jeu, le Galaxy S8 se montre donc moins bon que le S7 Edge, tout en restant dans la catégorie des très bons élèves, avec un contraste de 360:5. Le Galaxy S8+ fait toutefois mieux que les 440:1 du S7 Edge, avec un contraste de 474:5, ce qui le propulse en tête de notre sélection de smartphones, toutes technologies d’écran confondues. Pour comparaison, l’iPhone 7, dont l’écran faisait partie lors de son test des meilleurs du genre, plafonnait à un contraste de 385:5. Le Galaxy S8+, tout particulièrement, permettra une lecture de documents en noir sur blanc des plus agréables, par exemple lors du surf sur une page web.

Notez que si le S8+ fait mieux que le S8 en matière de contraste, les deux terminaux affichent un gamma semblable, offrant des dégradés légèrement meilleurs que la moyenne des smartphones testés jusqu’alors. Ils fournissent des niveaux de gris un peu plus équilibrés que ceux du Galaxy S7 Edge, sans pour autant s’avérer inoubliables dans ce domaine.

Le contraste est indissociable de la luminosité des écrans. À ce titre, il faut noter que notre contraste a été évalué avec un blanc affiché à 230 cd/m2. Nous avons toutefois mesuré une luminosité maximale de 399 cd/m2 sur le Galaxy S8 et de 377 cd/m2 sur le Galaxy S8+ dans leur mode Adaptative Display, ce qui est plus élevé que les scores habituellement affichés sur des écrans AMOLED. Selon les modes activés, notamment en forçant la luminosité maximale, on pourra donc obtenir des résultats supérieurs.

prise en main et présentation des samsung galaxy S8 et Galaxy S8+

Verdict

Les Galaxy S, cuvée 2017, ont la lourde tâche de succéder à un Galaxy S7 Edge dont l’écran s’était avéré excellent. Leur « Infinity Display » assure des performances de haute volée, avec à leur crédit une résolution imbattable ou presque, mais aussi leur directivité faible, c’est-à-dire des angles de vision suffisamment larges pour espérer profiter de leurs grandes dalles à plusieurs. Mais ce n’est pas tout, puisqu’ils misent sur un véritable potentiel. Ils sont capables de restituer davantage de couleurs qu’il ne leur en est demandé, à l’exception d’une légère carence dans les bleus concédée par le Galaxy S8, même si cela se traduit par des couleurs un peu saturées en mode par défaut, c’est-à-dire l’Adaptative Display (ce qui n’est pas le cas en mode basique). Un peu moins lumineux dans son mode par défaut que le Galaxy S8+, il fournit également un contraste légèrement moins élevé que son comparse, qui reste d’ailleurs le point sur lequel les deux terminaux convainquent sans surprendre. En somme, si l’écran des deux smartphones ne réalise pas un sans-faute, force est de constater que l’on n’en est pas très loin.

Laure Renouard

Laure Renouard

Journaliste - Fonctionne aussi hors connexion


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