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Spotify vs Apple Music : l’UE reproche à Apple de fausser la concurrence

Sollicitée par Spotify, l'Union européenne réagit et accuse Apple d'abus de position dominante sur le marché de la musique en ligne. Bruxelles estime que le géant américain "a faussé la concurrence", mais la firme de Cupertino aura l'occasion de se défendre avant que l'exécutif européen ne rende son verdict final.

Les attaques répétées de Spotify contre Apple ont été entendues par la Commission européenne. L’UE estime que la firme de Cupertino « a faussé la concurrence » sur le marché de la musique en ligne « en abusant de sa position dominante ». Dans un communiqué publié aujourd’hui, Bruxelles se dit « préoccupé » par les restrictions imposées par le géant américain aux développeurs. La commission fait référence à l’obligation imposée aux développeurs d’applications d’utiliser le système de paiement d’Apple. Elle s’inquiète également des dispositions mises en place par la marque à la pomme pour « limiter la capacité » des développeurs à informer les utilisateurs sur le fait qu’ils disposent d’autres moyens d’achats, en dehors de l’App Store. Le magasin d’applications et sa commission de 30/15 % sont évidemment dans le viseur de Bruxelles.

Musique Spotify Apple

© Creative Commons/cottonbro

La commission rappelle en effet qu’Apple facture aux développeurs une commission de 30 % ou de 15 % sur les abonnements effectués via l’App Store. En place depuis quelques années, le dispositif s’est attiré les foudres de services comme Netflix, Spotify ou encore Epic Games. Ce dernier mène une véritable croisade contre Apple tandis que le géant suédois de la musique en ligne n’a pas hésité à porter plainte contre son rival. C’est cette plainte qui a conduit l’Union européenne à ouvrir une enquête sur les pratiques de la marque à la pomme. Selon Spotify, les règles imposées par Apple dans l’App Store ont « limité intentionnellement le choix et étouffé l’innovation », lui permettant au passage de promouvoir son service Apple Music. À l’inverse, le service suédois assure que cette commission l’empêche de recruter de nouveaux utilisateurs.

L’UE envoie un avertissement à Apple

En effet, le système d’achat intégré aux applications d’Apple offre une solution simple et rapide pour les utilisateurs. Toutefois, les rivaux de la firme de Cupertino ne sont pas logés à la même enseigne et doivent prendre en compte cette commission. Ainsi, l’abonnement de base à Spotify est facturé en France à 9,99 euros, soit le même prix que son concurrent Apple Music, mais le géant suédois doit reverser à son rival 30 % de commissions la première année et 15 % les années suivantes si l’abonnement est souscrit via l’App Store. En 2018, Spotify avait protesté en conservant un abonnement via la boutique d’Apple au prix de 12,99 euros (+30%) contre 9,99 euros en passant par son site. Depuis, le service de musique ou le géant de la vidéo Netflix ont fait le choix de ne plus proposer la facturation via Apple. Dans son « avis préliminaire », Bruxelles confirme que « la plupart des fournisseurs de musique en continu » ont répercuté cette commission sur les utilisateurs finals en augmentant les prix.

« Apple agit comme un contrôleur d’accès pour les utilisateurs d’iPhone et d’iPad »

L’UE reproche également le manque de transparence du géant américain au sujet des « autres possibilités d’achats ». « Alors qu’Apple permet aux utilisateurs d’utiliser des abonnements musicaux achetés ailleurs, ses règles empêchent les développeurs d’informer les utilisateurs de ces possibilités d’achat, qui sont généralement meilleur marché », explique Bruxelles. La société californienne renvoie pour l’heure vers sa déclaration de 2019, dans laquelle elle assure avoir aidé Spotify à progresser via son App Store.


Cette première accusation de l’UE en matière de concurrence contre Apple n’est qu’un avertissement. En effet, la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager prévient Apple, qui aura l’occasion de se défendre avant que Bruxelles ne rende sa décision finale. La firme dirigée par Tim Cook peut faire des propositions et des concessions pour s’éviter une éventuelle amende ou l’obligation de changer certaines règles. Ce dernier élément est sans doute le plus à craindre pour un membre des GAFAM.


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