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StopCovid : l’application de suivi de contacts par Bluetooth en test à partir du 11 mai

Le secrétaire d'État chargé du Numérique a publié un billet Medium revenant sur le fonctionnement et les enjeux de l'application de suivi de contacts StopCovid. Toujours en développement et utilisant le Bluetooth, elle devrait entrer en phase de test le 11 mai.

La semaine du 11 mai devrait débuter, sauf revirement, la première étape du déconfinement des Françaises et Français, mais aussi le premier « test en conditions réelles » de l’application StopCovid. C’est ce qu’annonçait ce week-end le secrétaire d’État chargé du Numérique Cédric O dans un billet Medium apportant au passage plusieurs précisions sur le fonctionnement de cette application de suivi des contacts par Bluetooth et sur le rôle qu’elle jouera durant le déconfinement si le gouvernement décide d’en faire usage.

Rappelons en effet que son utilisation n’a pas encore été soumise au vote du Parlement. Le projet devrait d’ailleurs y être présenté une fois l’application finalisée et son efficacité validée, soit dans la foulée du test qui sera mené à parti du 11 mai si les résultats sont concluants.

Une brique de la stratégie sanitaire de déconfinement globale

Le secrétaire d’État chargé du Numérique rappelle tout d’abord que l’application StopCovid ne sera qu’une brique de la stratégie sanitaire qui se dessine pour encadrer le déconfinement. Plus exactement, elle a pour but de compléter le travail d’enquête des brigades sanitaires chargées de tester la population et de suivre l’évolution de l’épidémie de coronavirus pour permettre d’organiser une réponse plus rapide en cas d’interaction avec une personne contaminée ou pouvant l’être. Sa fonction sera à cet effet d’enregistrer les « contacts » entre smartphones et, par extension, entre leurs utilisateurs lorsque l’un s’est déclaré contaminé. L’autre est alors notifié et invité à contacter la brigade sanitaire.

L’efficacité du dispositif dépendra néanmoins des tests de dépistage menés en parallèle. Concernant son taux d’utilisation, puisqu’il sera bien laissé à chacun le droit d’utiliser ou non l’application – tout comme celui de contacter ou non la brigade sanitaire après avoir été notifié d’ailleurs -, Cédric O rejette en revanche l’idée qu’elle ne puisse être utile qu’avec une participation d’au moins 60 % de la population. « De telles applications trouvent leur utilité dès les premiers pourcents de diffusions, notamment au sein des villes, » explique-t-il. L’efficacité de StopCovid sera néanmoins proportionnelle à la part de population qui décidera de l’utiliser, et il est d’ailleurs à noter que le gouvernement travaille à trouver d’autres solutions tels que des boîtiers ou bracelets Bluetooth pour les personnes ne disposant pas d’un smartphone.

Coronavirus

© CDC/ALISSA ECKERT-MS/ DAN HIGGINS- MAMS

Priorité à la protection des données

Concernant l’application pour smartphones, elle sera bien évidemment disponible sur Android et iOS, mais n’utilisera pas les API développées conjointement par Google et Apple en raison de risques jugés plus élevés pour la confidentialité des données par l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) notamment. Elle pointe plus exactement du doigt le mode de stockage « décentralisé » soutenu par Apple, lequel entraîne une diffusion des « crypto-identifiants des personnes testées positives » sur l’ensemble des appareils disposant de l’application.

StopCovid utilisera pour sa part un protocole baptisé « Robert » et utilisant un serveur central pour stocker ces crypto-identifiants. Une approche centralisée, donc, qui soulève toutefois des interrogations sur l’usage qui pourra être fait des données stockées sur ce serveur par l’entité qui en aura la gestion, à savoir l’État. Un choix logique, pour Cédric O :

« La politique sanitaire est, du point de vue du gouvernement français, une prérogative souveraine qui relève de l’État. C’est à la puissance publique, avec ses qualités et ses défauts, qu’il revient de faire les choix qu’elle estime être les meilleurs pour protéger les Françaises et les Français. » Le secrétaire d’État chargé du Numérique invoque en outre « les mécanismes de contrôle des démocraties » pour rassurer quant à d’éventuels abus, et ajoute que « le gouvernement s’est déclaré ouvert à toutes les demandes de transparence ». Le code de l’application devrait par ailleurs être diffusé en open source pour les plus sceptiques.

StopCovid plus efficace sur Android que sur iOS

Malheureusement, la position d’Apple complique l’utilisation de StopCovid sur iOS. Des discussions sont toujours en cours avec la firme, mais il faudra se contenter d’une « version de l’application satisfaisante sur les iPhone » si elle refuse de changer son traitement des données. Il est par ailleurs à noter que StopCovid ne devrait demander aucune donnée personnelle telle que le nom, l’adresse ou le numéro de téléphone à ses utilisateurs et que son utilisation est uniquement envisagée par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19.

Reste désormais à attendre les résultats des tests qui débuteront le 11 mai et, s’ils sont concluants, le vote des parlementaires pour savoir si StopCovid intégrera les outils devant encadrer le déconfinement et éviter une deuxième vague de contamination.

Mathieu Freitas

Mathieu Freitas

Journaliste


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