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Vero, quésaco ?

L'application Vero, annoncée comme le réseau social de 2018, a grandement fait parler d'elle ces derniers jours. Mais de quoi s'agit-il au juste ?

Les réseaux sociaux ont ceci de magique qu’on ne sait jamais vraiment s’ils vont séduire. Si certains, comme Facebook, Instagram ou Twitter, deviennent de véritables empires du Web, d’autres tombent dans l’oubli après une période faste, comme Mastodon, même si pour ce dernier il fallait des œillères pour ne pas le voir arriver. La dernière application dont vous avez forcément entendu parler récemment n’est autre que Vero, et voici les réponses à vos questions.

vero app

© Vero

D’où vient Vero ?

Ce réseau social américain a connu un très récent succès, mais sa genèse remonte à 2015 et à l’association de trois entrepreneurs : Ayman Hariri, Motaz Nabulsi et Scott Birbaum. Le premier est le fils du Premier ministre libanais Rafiq Hariri assassiné en 2005 et est milliardaire (fortune estimée à 1,33 milliard de dollars). Le second est un producteur jordanien, tandis que le troisième est un entrepreneur américain.

Pourquoi cet engouement soudain ?

Le succès hivernal de Vero découle d’une grosse opération de communication. En fait, le réseau social a embauché des influenceurs pour qu’ils fassent la promotion de l’application et poussent les utilisateurs à s’inscrire sur la plateforme. L’opération a tellement bien marché que le réseau a atteint la première place de l’App Store le 27 février dernier.

Quelle est la promesse ?

Dans l’idée, Vero souhaite remplacer à peu près tous vos réseaux sociaux en rassemblant tout ce que l’on fait ailleurs. On y ajoute par exemple des amis, on discute avec eux, on partage des publications écrites, des photos, des liens, et tout un tas d’autres choses. C’est un mélange de Facebook, Instagram et Twitter. Justement, Vero abat sa carte maîtresse en promettant que les timeline ne sont pas basés sur des algorithmes (chose reprochée à Instagram), et que les utilisateurs contrôlent vraiment – et facilement – ce que leurs contacts peuvent voir.

Quel est le modèle économique ?

Vero n’est pas basé sur la diffusion de publicités, comme les autres réseaux. L’entreprise souhaite fonctionner selon un modèle d’abonnement, mais pour l’instant, elle offre l’inscription à tout le monde. Et valable à vie. « Notre modèle d’abonnement nous permettra de garder Vero sans publicité et de nous concentrer uniquement sur la meilleure expérience sociale au lieu d’essayer de trouver de nouvelles façons de monétiser le comportement de nos utilisateurs ou de les réintégrer dans l’application avec des notifications », précise-t-elle.

Quelles données collecte Vero ?

Vero ne se cache pas de recueillir les noms, prénoms, numéros de téléphone, adresses emails et positions de ses utilisateurs. Ce qui fait encore plus jaser, c’est que les données de connexion telles que les adresses IP et pages visitées sont également collectées par Vero, et les messages privés envoyés depuis l’app sont conservés, à la grande surprise de certains. D’ailleurs, la procédure de désinscription est laborieuse.

Et maintenant ?

Après un buzz de quelques jours, le soufflet retombe pour Vero. L’app a quitté le top 100 de l’App Store, et les recherches à son sujet sont 70 % moins élevées qu’à son pic de popularité du 26 février. On peut aussi penser que les 3,5 millions d’inscrits sont des utilisateurs curieux et/ou opportunistes souhaitant profiter de la gratuité annoncée comme temporaire.

Alors, on conseille ?

Malgré quelques bonnes idées, des points d’ombre planent sur Vero. D’ailleurs, l’app n’a jamais décollé en deux ans d’existence, si ce n’est à coup de liquidités. Franchement, vous vous en passerez très bien.

Romain Challand

Romain Challand

Journaliste


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