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Test de Detroit: Become Human – Jeu vidéo ou film interactif ?

Detroit Jaquette

Comme les autres productions du studio de développement français Quantic Dream, Detroit: Become Human ne plaira clairement pas à tous les joueurs. Vous avez au bout du pad un film interactif et non un véritable jeu vidéo. L’anticipation proposée par David Cage est assez envoûtante pour vous accrocher à votre console grâce à une mise en scène réussie, des acteurs convaincants et une réalisation impeccable. Mais le manque d’originalité décevante couplée à une durée de vie trop courte laissent le fan de jeu vidéo sur sa faim. À vous de savoir si vous êtes un joueur susceptible d'apprécier ce parti-pris.

Note de la rédaction

  • - Trois personnages à prendre en main
  • - Des acteurs hollywoodiens convaincants
  • - Des graphismes très impressionnants
  • - Des musiques inspirées qui participent efficacement à l’ambiance
  • - Une V.F. et une V.O. de qualité
  • - Est-ce un jeu vidéo ?
  • - Une anticipation vue et lue, à de nombreuses reprises
  • - Des ellipses et autres incohérences narratives
  • - Une durée de vie un peu courte
  • - Une rejouabilité pas si intéressante que l’arborescence promet
  • - Encore une histoire qui se déroule aux U.S.A.

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Après cinq ans de développement, pour un budget total de 30 millions d’euros, Detroit : Become Human arrive enfin sur PlayStation 4. La réputation qui colle à la peau du studio français Quantic Dream est de proposer des films interactifs plutôt que des jeux vidéo tels que nous les concevons. Perdurera-t-elle avec cette dernière production qui nous propose une anticipation digne d’Hollywood ?
(Ce test a été réalisé sur PlayStation 4.)

Nous sommes en 2038, à Détroit dans le Michigan. La ville tente de se remettre de la crise économique grâce à un citoyen providentiel, M. Elijah KAMSKI. Ce génie a révolutionné les habitudes occidentales grâce à l’invention des androïdes. Ces derniers ont pris une place prépondérante dans tous les domaines de la vie courante: public, scientifique, domestique, artistique et même sportif. Ils ne se fatiguent jamais et obéissent à tous les ordres donnés. Une main-d’œuvre idéale et bon marché pour les investisseurs du monde entier. Le revers de la médaille ? Le taux de chômage a explosé. Un sentiment de ségrégation envers les androïdes s’installe chez de nombreux humains. C’est dans ce contexte lourd et glauque que vous allez suivre la vie de trois androïdes dont les chemins vont se croiser pour un destin commun hors norme.

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Androïdes et conséquences

Durant une semaine, découpée en une trentaine de chapitres, vous suivez le parcours de trois androïdes : Connor, Markus et Kara. Connor (Bryan Dechart) est envoyé par la compagnie qui fabrique les androïdes, Cyberlife, pour accompagner Hank, un vieux flic blasé et alcoolique. Ce duo enquête sur les meurtres perpétrés par des androïdes défaillants, appelés déviants. Markus (Jesse Williams) est un androïde de soins qui assiste Carl Manfred (Lance Henriksen), un célèbre peintre en fauteuil roulant. Quant à Kara (Valorie Curry), c’est un androïde domestique tombé sous le joug de Todd, un propriétaire violent et drogué qui s’en prend à sa fille Alice depuis que sa femme l’a quitté et qu’il a perdu son travail. Le jeu vous propose d’alterner entre ces trois personnages en jouant des phases de Q.T.E. (quick time event ou événement rapide), de réflexions, de déductions et des propositions à choix multiples dans les dialogues.

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La narration ayant une place prépondérante dans Detroit: Become Human, le rythme est volontairement lent pour laisser au spectateur le loisir de profiter pleinement de ce film interactif. On sent que David Cage, le directeur/scénariste et producteur de Quantic Dream est un amoureux du cinéma et qu’il réalise ses jeux comme il le ferait avec un vrai film. Les clins d’œil au septième art sont d’ailleurs nombreux (Blade Runner, Aliens, Matrix,…). Les acteurs jouent très bien leur rôle, avec des voix parfaites (en V.F et en V.O.), soutenus par des graphismes dignes de leur talent, et qui retranscrivent à la perfection les regards et autres mimiques. Attention à ne pas trop vous laisser émouvoir car les conséquences de vos choix sont irréversibles. Ils peuvent même amener à la mort de vos androïdes, quitte à passer à côté d’une bonne partie de l’histoire si l’un d’entre eux vient à disparaître.

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Soyez sympas, rembobinez

Qui dit film interactif, dit jouabilité minimale, que ce soit dans le mode de difficulté occasionnel ou expérimenté. Ainsi, vous déplacez vos personnages dans le décor via le stick gauche et vous contrôlez la caméra avec le stick droit, comme dans la majorité des jeux à la troisième personne. Mais vous ne pouvez ni sauter, ni courir ou agir comme vous le voulez. Il vous faut d’abord trouver les éléments sur lesquels interagir dans des décors qui fourmillent de détails. Comment ? Avec le bouton R2 qui fige l’action et permet d’analyser l’environnement en déplaçant la caméra. Une fois les interactions visualisées grâce à des icônes jaunes, à vous de vous diriger vers l’objet pour interagir et valider votre action pour poursuivre votre aventure. Grâce au pavé tactile et à la reconnaissance de mouvements du pad de la PS4, certaines interactions sont nouvelles dans la palette des jeux Quantic Dream. Vous pouvez désormais ouvrir une fenêtre guillotine en faisant le mouvement vers le haut avec votre manette, ou bien naviguer sur une tablette avec votre doigt en le glissant sur le pavé tactile.

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Heureusement, des phases de jeu plus palpitantes que de la simple observation minutieuse sont proposées en fonction du personnage joué. Ainsi avec Connor, votre sagacité est sollicitée à travers des séquences d’analyses de preuves détectées sur des scènes de crime. Une fois celles-ci récoltées, votre déduction des évènements est représentée visuellement par une courte séquence vidéo que vous pouvez à loisir rembobiner ou avancer pour faire correspondre votre reconstitution des événements avec les preuves. En ce qui concerne Markus, les actions spectaculaires sont plus présentes dans son histoire. Par exemple, vous prévisualisez ses choix de parkour lorsqu’il décide de se prendre pour un yamakasi. Enfin, la narration de Kara repose sur le suspens et la tension qui retranscrivent bien le stress vécu par un fugitif. Vous devez prendre les décisions les plus rapides pour rester en vie, avec la charge supplémentaire vulnérable à considérer en plus. Avec ces nombreux choix irréversibles à prendre, vous ne pouvez bien sûr pas tout voir en une partie. C’est pourquoi vous avez accès, à la fin d’un chapitre, à son arborescence afin de visualiser ce que vous n’avez pas déclenché. Libre à vous ensuite de refaire à loisir un chapitre pour savoir si vos choix ont été les meilleurs ou non.

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Le pop-corn n’est pas bon pour la manette

Outre le fait que Detroit: Become Human propose une anticipation peu originale car déjà vue maintes fois au cinéma, dans les séries ou en livres – des personnages clichés et des rebondissements classiques à l’overdose -, les joueurs qui ont déjà parcouru les anciennes productions de Quantic Dream (Heavy Rain, Beyond: Two Souls…) ont une impression supplémentaires de « déjà-joué » assez dérangeante. En effet, les mécaniques de gameplay – manipuler le stick droit ou les bonnes touches en suivant les instructions à l’écran -, ainsi que les situations traversées, sont les mêmes depuis Fahrenheit, soit depuis 2005. Si ces mécaniques étaient ludiquement intéressantes, il n’y aurait pas eu de malaise. Mais dans un jeu vidéo cela devient plus gênant, surtout que l’idée de faire trembler la caméra lors des Q.T.E. n’apporte aucune dimension dramaturgique mais plutôt un désagrément dans la prise en main, déjà assez imprécise en général pour en rajouter. Les purs joueurs de jeu vidéo risquent donc d’être assez déçus, mais non surpris.

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En revanche si vous êtes un cinéphile bon public, vous risquez d’accrocher sérieusement sur des graphismes hypnotisants de beauté, des acteurs de niveau hollywoodien, une mise en scène impeccable et des musiques réussies ; les thèmes des trois personnages ont été créés par trois compositeurs différents. L’analogie avec le cinéma va jusqu’au bonus making-of que vous débloquez avec vos points de score – vous pouvez aussi acheter la galerie d’images, la bande-son, les magazines trouvés dans le jeu et des illustrations magnifiques. Ce score est obtenu en fonction de votre avancée dans l’arborescence des chapitres. Mais au final, il ne met pas en valeur la performance et augmente artificiellement la durée de vie du soft.

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Conclusion

Comme les autres productions du studio de développement français Quantic Dream, Detroit: Become Human ne plaira clairement pas à tous les joueurs. Vous avez au bout du pad un film interactif et non un véritable jeu vidéo. L’anticipation proposée par David Cage est assez envoûtante pour vous accrocher à votre console grâce à une mise en scène réussie, des acteurs convaincants et une réalisation impeccable. Mais le manque d’originalité décevante couplée à une durée de vie trop courte laissent le fan de jeu vidéo sur sa faim. À vous de savoir si vous êtes un joueur susceptible d'apprécier ce parti-pris.

Note de la rédaction

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