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Test de Marvel vs. Capcom Infinite : le cross-over qui fait pschitt

Marvel vs. Capcom Infinite

Si l’on s’en tient à ses mécaniques, Marvel vs. Capcom: Infinite est assurément un bon jeu de baston. En revenant à une formule en deux contre deux, cet épisode retrouve la lisibilité et l’accessibilité qui pouvait faire défaut à son prédécesseur, sans pour autant faire l’impasse sur sa profondeur de jeu. Son problème, c’est qu’il ne parvient pas à se montrer attractif et stimulant pour le joueur moyen. Entre ses choix artistiques au goût douteux, son casting discutable et ses modes de jeu sans inspiration – le mode Histoire en tête –, il semble ne s’adresser qu’à un public d’experts capables de fermer les yeux sur ses nombreux défauts pour se concentrer sur son gameplay explosif.

Note de la rédaction

  • - Un système de jeu à la fois accessible et profond
  • - Les Gemmes d’Infinité, qui apportent une dimension stratégique
  • - Le switch de personnages, d’une grande souplesse
  • - Le online à la fois complet et fonctionnel
  • - Un casting très décevant du côté Marvel
  • - Un mode Histoire insipide même si bien réalisé
  • - Pas très joli à voir, notamment du côté des visages
  • - Contenu convenu et pas très inspiré
  • - Déjà du DLC dans les tuyaux…

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Depuis plus de vingt ans, depuis la sortie de X-Men vs. Street Fighter en fait, Capcom a pris pour habitudes de réunir ses personnages avec ceux de Marvel pour une grande baston générale. Marvel vs. Capcom : Infinite, la dernière rencontre en date de ces deux maisons prestigieuses, perpétue efficacement la tradition tout en s’égarant dans des choix pour le moins douteux. Explications.
(Ce test a été effectué sur PlayStation 4.)

Marvel vs. Capcom: Infinite ne cherche pas à réinventer la roue. Au contraire, il suit une tendance initiée par NetherRealm, studio à qui l’on doit les derniers Mortal Kombat et les Injustice, en proposant un « vrai » mode Histoire. Ambitieux et joliment enrobé par d’abondantes cut-scenes, celui-ci réunit les héros des deux univers autour d’un ennemi commun qui répond au petit nom d’Ultron Sigma. Fusion logique d’Ultron, l’un des ennemis les plus puissants des Avengers, et de Sigma, antagoniste de Mega Man X, ce sinistre individu a pour ambition d’asservir l’humanité grâce à un virus capable de transformer les êtres vivants en machines.

Une histoire à dormir debout

Au terme d’une campagne longue de trois à quatre heures, ce mode Histoire parvient à introduire petit à petit les différentes mécaniques de jeu, à donner une place plus ou moins importante à une bonne partie du roster, mais aussi à faire vivre quelques moments épiques via ses cinématiques brillamment réalisées. Sur le papier, il coche toutes les cases pour que l’expérience soit considérée comme concluante. Le problème, c’est qu’en dépit de ses excellentes intentions, il ne laisse pas un souvenir impérissable. La faute à un scénario sans relief qui n’arrive pas à nous impliquer émotionnellement, ainsi qu’à une multiplication de combats sans intérêt et à un boss final particulièrement décevant.

Quand casting rime avec marketing

En fait, ce côté mi-figue mi-raisin, Marvel vs. Capcom: Infinite l’entretient à peu près à tous les niveaux. Côté casting, par exemple, les choix de combattants issus de l’écurie japonaise s’avèrent excellents et offrent un bon aperçu de l’historique de la marque. Les figures de proue habituelles répondent ainsi présentes (Ryu, Chun-li, Dante), tout comme les personnages plus confidentiels et potentiellement rigolos (Arthur, Mike Haggar, Strider Hiryu). À l’inverse, la sélection des représentants de Marvel laisse à désirer. On sent que les développeurs étaient prisonniers d’un marketing dicté par Disney, ce qui les a contraints à laisser sur la touche des éléments récurrents et ultra-populaires, comme les X-Men (Cyclops, Wolverine, Magneto). Clairement, la consigne était de composer en priorité avec les héros du Marvel Cinematic Universe. On ne voit pas comment un Rocket Raccoon aurait pu atterrir ici autrement.

Délit de faciès

Pour ne rien arranger, tout ce beau monde perd pas mal en charisme dans ce nouvel épisode. Toujours dans une volonté de se rapprocher des films, les développeurs ont troqué l’esthétique comics assez réussie des précédents volets pour un rendu photoréaliste qui laisse perplexe. On apprécie certes de voir l’armure d’un Iron Man fidèlement reproduite ou des textures qui imitent à merveille la matière des différents costumes. Mais peut-être aurait-il fallu mettre autant de soin dans la modélisation des visages. Bizarrement, ce sont d’ailleurs les combattants de Capcom qui s’en tirent le moins bien. Entre un Dante dépressif, une Morrigan défigurée ou une Chun-Li méconnaissable malgré des changements apportés en catastrophe suite aux protestations des fans, Marvel vs. Capcom : Infinite ne fait rien pour entretenir l’affect que l’on peut avoir pour la série.

À la fois accessible et profond

C’est dommage, car à côté de ça, il propose un gameplay explosif, tout à fait conforme à ce que l’on pouvait attendre de lui. Concrètement, le jeu se montre accessible comme doit l’être une production estampillée Marvel, et profond comme le serait n’importe quel jeu de combat Capcom. Pour ne pas frustrer les néophytes de la baston venus là juste parce qu’un Captain America ou un Thor orne la jaquette, les développeurs ont eu la bonne idée de simplifier leur formule. En lieu et place des affrontements en tag team de trois contre trois, cet opus oppose des duos, ce qui a pour conséquence de rendre l’action moins confuse. Et surtout, il intègre un Auto-Combo qui permet de réaliser des enchaînements impressionnants en ne matraquant qu’une seule touche. N’importe qui peut prendre en main Marvel vs. Capcom: Infinite et s’en sortir décemment. C’est d’autant plus vrai qu’il est même possible de placer un Hyper Combo, une sorte de furie qui noie l’écran sous un déluge d’effets spéciaux, en pressant simplement deux touches simultanément.

Si Marvel vs. Capcom: Infinite se montre plus accessible que jamais, il sait aussi prendre une tout autre dimension entre des mains expertes. Une bonne gestion du switch de personnages fait comme souvent la différence, céder sa place à son partenaire dans le bon tempo permettant notamment de rallonger les combos, voire de les poursuivre dans les airs. Marvel vs. Capcom: Infinite n’est pas ce jeu bourrin qu’il semble être. Il se montre même extrêmement punitif pour celui qui aura eu le malheur de laisser un trou dans sa garde. L’introduction des Gemmes de l’Infini, des pierres à équiper avant un combat, lui apporte par ailleurs une vraie dimension stratégique tant leurs pouvoirs sont capables de retourner les situations les plus mal embarquées.

En plus de leur utilisation normale (dash, attirer l’ennemi vers soi, projectile, etc.), chacune d’entre elles dispose en effet d’une capacité extrêmement intéressante. Quand la jauge dédiée le permet, il est ainsi possible de faire appel à son allié pour attaquer à deux l’adversaire (et de la ressusciter au passage s’il est tombé plus tôt au combat), d’enfermer l’adversaire dans une cage pour l’immobiliser et le rouer de coups, ou encore de refaire instantanément le plein de sa jauge d’Hyper pour balancer des furies dévastatrices. Marvel vs. Capcom: Infinite est un jeu tellement abouti sur le plan du gameplay que le voir se louper sur le reste donne le sentiment d’un énorme gâchis.

Conclusion

Si l’on s’en tient à ses mécaniques, Marvel vs. Capcom: Infinite est assurément un bon jeu de baston. En revenant à une formule en deux contre deux, cet épisode retrouve la lisibilité et l’accessibilité qui pouvait faire défaut à son prédécesseur, sans pour autant faire l’impasse sur sa profondeur de jeu. Son problème, c’est qu’il ne parvient pas à se montrer attractif et stimulant pour le joueur moyen. Entre ses choix artistiques au goût douteux, son casting discutable et ses modes de jeu sans inspiration – le mode Histoire en tête –, il semble ne s’adresser qu’à un public d’experts capables de fermer les yeux sur ses nombreux défauts pour se concentrer sur son gameplay explosif.

Note de la rédaction

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