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Test de Need for Speed Payback : Sortie de route

Test de Need for Speed Payback : Sortie de route

Malgré de grosses maladresses dans l’écriture et un manque de personnalité qui le rend visuellement quelconque, Need for Speed: Payback est un jeu sur lequel on peut objectivement prendre du plaisir. Le souci, c’est qu’il a décidé de se saborder tout seul avec ses « Speedcartes ». En troquant les pièces détachées habituelles pour ces améliorations générées aléatoirement, il rend sa progression on ne peut plus pénible, à moins que l’on cède à la tentation des micros-transactions comme il nous incite sournoisement à le faire. Inutile de dire que le procédé est scandaleux pour un jeu qui est vendu plein pot en magasin.

Note de la rédaction

  • - Plutôt propre visuellement
  • - De bonnes sensations de conduite arcade
  • - Un terrain de jeu étendu et relativement dense en contenu
  • - Bande-son agréable
  • - Le principe des Speedcartes, qui rend la progression aléatoire…
  • - … et qui pousse soit au farming, soit aux micro-transactions
  • - Des courses aux tracés convenus
  • - Un scénario déjà vu et trop premier degré
  • - Les doublages français assez ratés
  • - Un manque global de personnalité

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Deux après un reboot largement dispensable, Need for Speed fait son retour dans Payback, un tout nouvel épisode placé sous le signe du grand spectacle. Contrairement à ses plus récents prédécesseurs, davantage axés sur l’expérience de jeu, cet opus débarque en effet armé d’un scénario et d’une mise en scène cinématographique, où s’entremêlent mafia, courses illégales, trahisons et dettes colossales. Soit tous les ingrédients d’un cocktail explosif. Du moins, c’est que l’on pensait.
(Ce test a été effectué sur une PlayStation 4.)

Lorsqu’on est jeune et que l’on possède un tant soit peu de talent, on a tendance à vite se croire plus malin que les autres. C’est le cas de Tyler, Mac et Jess, trois pilotes qui pensaient escroquer un poisson plus gros qu’eux. Suite à la trahison de l’un des leurs, leur plan va hélas mal tourner, ce qui va les obliger à se frotter au Clan, un cartel de Mafieux qui dirigent à peu près tout à Fortune Valley. À bord de bolides de plus en plus prestigieux, ils vont ainsi devoir faire parler leur habileté au volant pour nettoyer cette Las Vegas fictive et la débarrasser de la corruption qui la gangrène.

Need for Speed Payback 1

Pétard mouillé

Avec sa mise en scène ambitieuse qui fait la part belle aux cascades et aux explosions, Need for Speed  Payback partait sur d’excellentes bases. Malheureusement, les fans de Fast & Furious qui attendaient une adaptation en jeu vidéo digne de ce nom, aussi officieuse soit-elle, ne trouveront pas leur compte avec lui. Que le scénario flirte avec la série B n’est pas le problème – quelque part, c’est même ce qu’on en attendait. Ce qui l’est davantage, c’est sa qualité d’écriture qui nous inflige en permanence des dialogues particulièrement indigents. Le doublage français ne fait évidemment rien pour relever le niveau. Mais l’on retiendra surtout que le titre se prend beaucoup trop au sérieux pour son propre bien. Pour un jeu de courses axé arcade, Need for Speed: Payback manque de fun et de second degré, à tel point que l’on finit par décrocher de son histoire vue et revue des centaines de fois ailleurs.

Need for Speed Payback 2

Le plaisir d’une conduite arcade

Sorti de cette bouillie narrative, ce nouveau NFS se montre assez plaisant dans un premier temps. Certes, ses graphismes sont propres, mais n’ont rien de renversant pour une production de 2017, ses décors (villes, désert, montagne) ne brillent pas par leur originalité, et l’on constate vite que le tracé des différentes courses se montre un peu trop sage malgré l’arrivée d’épreuves off-road. Mais le plaisir de la conduite est là. Les sensations de vitesse sont bonnes.

Chaque voiture s’appréhende différemment. Le scénario amène de chouettes courses-poursuites malgré un système de takedown qui peut hacher leur déroulement. Et les épreuves sont suffisamment variées pour ne pas avoir l’impression d’enchaîner toujours un peu les mêmes courses. La structure ouverte du jeu permet d’ailleurs de progresser à son rythme, puisque rien n’empêche le joueur de flâner librement dans Fortune Valley et ses environs pour accomplir les nombreux objectifs annexes qui y sont disséminés (radars de vitesse, panneaux publicitaires à détruire, portions de route sur lesquelles il faut rouler à une allure moyenne déterminée, etc.).

Need for Speed Payback 3

Comme à la loterie

Les bonnes impressions que laissent Need for Speed: Payback ne durent malheureusement pas bien longtemps. Le temps en fait de comprendre que le jeu mise sur un nouveau système de progression qui incite à passer par les micros-transactions. Traditionnellement, les Need for Speed demandaient d’enchaîner les épreuves pour gagner de l’argent, lequel était ensuite dépensé contre différentes pièces détachées. Ici, ce principe tout bête, mais on ne peut plus naturel a été remplacé par un système de cartes. Concrètement, il n’est plus question de se payer un nouveau moteur, de nouveaux freins ou une nouvelle boîte de vitesses.

Désormais, l’amélioration des voitures passe par ces « Speedcartes » qu’il faut équiper, la petite subtilité étant que leurs caractéristiques sont générées aléatoirement. En d’autres termes, il est impossible d’améliorer sa voiture comme on l’entend, ce qui oblige à farmer en recommençant inlassablement les mêmes épreuves (une carte est offerte à chaque victoire) et à guetter les nouveaux arrivages en magasin (le stock est renouvelé toutes les dix minutes) en cas de blocage sur une épreuve un peu corsée. Des blocages d’ailleurs fréquents tant le niveau de difficulté peut faire des bonds entre deux épreuves, à moins bien entendu de craquer pour les fameuses lootboxes, appelées ici « Cargaisons », ces caisses gorgées de contenu de qualité qui se monnayent contre de l’argent réel.

Need for Speed Payback 4

Comme pour Star Wars Battlefront II, le procédé n’a évidemment pas manqué de faire réagir, ce qui a conduit Electronic Arts à promettre de multiples changements dans les semaines et mois à venir. Une réaction qui ressemble davantage à un damage control effectué dans la précipitation qu’à une véritable prise de conscience ceci dit, puisque les corrections que le géant américain entend appliquer ne sont pas de nature à changer radicalement les choses. Si l’on se base sur ses déclarations et sur le dernier patch déployé, il s’agit en effet de simples mesures de rééquilibrage visant à atténuer les pics de difficulté (via de l’argent distribué plus généreusement et des cartes renouvelées plus fréquemment dans les magasins, notamment). Alors que le fond du problème concerne avant tout un facteur aléatoire – le système de cartes –, qui a été conçu avec l’objectif de brider artificiellement la progression.

  • Need for Speed Payback 6
  • Need for Speed Payback 5

Conclusion

Malgré de grosses maladresses dans l’écriture et un manque de personnalité qui le rend visuellement quelconque, Need for Speed: Payback est un jeu sur lequel on peut objectivement prendre du plaisir. Le souci, c’est qu’il a décidé de se saborder tout seul avec ses « Speedcartes ». En troquant les pièces détachées habituelles pour ces améliorations générées aléatoirement, il rend sa progression on ne peut plus pénible, à moins que l’on cède à la tentation des micros-transactions comme il nous incite sournoisement à le faire. Inutile de dire que le procédé est scandaleux pour un jeu qui est vendu plein pot en magasin.

Note de la rédaction

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