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Test de The Evil Within 2 : plus ouvert, mais moins flippant

The Evil Within 2

Autant il serait injuste de qualifier The Evil Within 2 de jeu moyen, autant il ne réunit pas suffisamment de qualités pour être considéré comme réellement bon. Sa structure ouverte et la liberté qu’elle offre sont appréciables. Malheureusement, l’expérience proposée est globalement gâchée par un scénario convenu et mal écrit, ainsi que par un gameplay beaucoup trop rigide compte tenu des standards actuels. Quelques fulgurances, notamment dans la mise en scène, lui permettent de sauver les meubles. Mais cela reste insuffisant, surtout qu’il n’est pas particulièrement inspiré quand il s’agit de faire peur.

Note de la rédaction

  • - La structure ouverte, qui amène pas mal d’exploration
  • - Certains environnements et effets très réussis
  • - L’ambiance sonore particulièrement soignée
  • - Pas désagréable dans l’absolu
  • - Pas spécialement flippant
  • - Scénario et dialogues mal écrits
  • - Des personnages pas très intéressants
  • - Une prise en main assez rigide
  • - Une caméra située trop près de l’action

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Il y a trois ans, Shinji Mikami, le papa de la saga Resident Evil, reprenait du service et proposait une sorte d’anthologie du survival horror avec The Evil Within. Le jeu avait ses défauts, autant en termes de scénario que de gameplay, mais il parvenait malgré tout à proposer un concentré de flippe dans une aventure où les situations particulièrement inspirées s’enchaînaient à un rythme à couper le souffle. Radicalement différente et chapeautée par un nouveau réalisateur (John Johanas, qui avait signé les DLC), cette suite parvient-elle à rééditer la performance ? Rien n’est moins sûr.
(Ce test a été effectué sur une PlayStation 4.)

Les codes de la narration font que les nouvelles arrivent souvent par paire, avec d’un côté la bonne et de l’autre la mauvaise. Sebastian Castellanos, le héros de The Evil Within et de sa suite, est violemment confronté à cette réalité lorsqu’il apprend que Lily, sa fille qu’il pensait disparue dans l’incendie de la maison familiale, est à la fois vivante et prisonnière de Mobius. Pour ne rien arranger, celle-ci n’est pas simplement retenue entre quatre murs par cette mystérieuse organisation : elle a également été raccordée au STEM, une machine capable de relier entre eux les esprits de différents individus afin de les plonger collectivement dans une sorte de réalité virtuelle. En plus d’être périlleuse, l’opération de sauvetage qui se présente à lui n’a donc rien de conventionnel. Sans compter qu’Union, la ville virtuelle dans laquelle il doit se rendre, est en pleine déliquescence…

The Evil Within 2

De la mauvaise série B

Autant être clair : le scénario de The Evil Within 2 laisse un sentiment mitigé. Malgré des efforts évidents pour rendre la trame moins brouillonne que celle du précédent opus, l’écriture laisse encore à désirer. Certes, les enjeux sont plus clairs et amenés avec plus d’efficacité. Mais les dialogues comme le jeu d’acteur (surtout avec les doublages français) ne sont pas suffisamment soignés pour parvenir à nous immerger dans l’aventure. Sebastian, héros dépressif ayant sombré dans l’alcool, n’est jamais convaincant, tandis que les personnages secondaires sont frappés d’un tel déficit de charisme qu’il est difficile pour eux de relever le niveau.

The Evil Within 2

Plutôt que de rester sur le registre de la série B qui s’assume et qui en joue avec humour, cette suite se prend beaucoup trop au sérieux pour son propre bien. Ce qui est bien dommage, car même si de nombreuses références sont faites aux évènements racontés dans le premier volet, les choses avaient été tournées de manière à ce qu’un parfait profane puisse s’attaquer à cet épisode directement sans être totalement perdu.

Peur sur la ville…

Se montrer plus ambitieux et prendre le risque de rompre avec les bases posées par le premier The Evil Within semblent être deux des consignes qui ont dirigé le développement de cette suite. En effet, même sur le plan ludique, celle-ci ne s’inscrit pas tout à fait dans la continuité. On retrouve bien cette tendance à l’infiltration et au crafting qui renvoyait déjà à l’époque à The Last of Us. Mais leurs structures n’ont rien de comparable. Au roller-coaster horrifique et tellement efficace d’il y a trois ans, The Evil Within 2 préfère une progression moins linéaire et un monde plus ouvert. Ici, Sebastian est en effet libre de parcourir Union à la recherche d’indices menant à sa fille. À l’aide d’une sorte de talkie-walkie, il peut désormais capter différents signaux qui lui permettront d’avancer dans son enquête (via des séquences dirigistes et plus fermées), mais également de prendre part à des événements annexes souvent intéressants en termes de récompenses.

The Evil Within 2

… ou pas, en fait

Pouvoir sortir à tout moment des rails qu’impose scénario et avoir la liberté d’accomplir les missions dans l’ordre de son choix a quelque chose plaisant, surtout quand notre curiosité nous amène sur le toit d’un immeuble où nous attend un précieux fusil à lunette. Cette ouverture comme la rareté des munitions renforcent l’aspect survie, et font même de The Evil Within 2 un jeu plus complet et solide que ne pouvait l’être son prédécesseur.

The Evil Within 2

Le problème, c’est qu’en se concentrant sur le gameplay, les développeurs en ont oublié que leur titre devait faire peur. Alors oui, les environnements traversés sont glauques et baignent dans une atmosphère particulièrement crade. On note également que la mise en scène multiplie les effets visuels et autres aberrations chromatiques pour accompagner les esprits torturés que l’on est amené à affronter. Malheureusement, tout cela s’avère insuffisant pour nous faire sursauter.

Une rigidité presque cadavérique

L’autre gros reproche que l’on peut formuler à l’encontre de The Evil Within 2 tient à sa rigidité excessive. La vitesse de Sebastian lorsqu’il se déplace accroupi (une posture essentielle pour éviter de se faire repérer), le système de couverture qui manque de précision ou la visée pas suffisamment précise et réactive pour contrer la vélocité des ennemis sont autant d’éléments qui auraient mérité d’être mieux équilibrés.

The Evil Within 2

La montée en puissance de l’arsenal (via des améliorations à fabriquer à partir de pièces détachées) et le renforcement des capacités physiques (en échange du gel vert récupéré sur les créatures abattues) atténuent progressivement les choses. Mais il n’en demeure pas moins que cette raideur – sans doute voulue par les développeurs – donne parfois plus le sentiment de devoir batailler contre des mécaniques mal fignolées que contre des hordes de monstres véritablement dangereux.

  • The Evil Within 2
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Conclusion

Autant il serait injuste de qualifier The Evil Within 2 de jeu moyen, autant il ne réunit pas suffisamment de qualités pour être considéré comme réellement bon. Sa structure ouverte et la liberté qu’elle offre sont appréciables. Malheureusement, l’expérience proposée est globalement gâchée par un scénario convenu et mal écrit, ainsi que par un gameplay beaucoup trop rigide compte tenu des standards actuels. Quelques fulgurances, notamment dans la mise en scène, lui permettent de sauver les meubles. Mais cela reste insuffisant, surtout qu’il n’est pas particulièrement inspiré quand il s’agit de faire peur.

Note de la rédaction

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