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Test de Furi : Toujours aussi enragé sur Switch ?

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Malgré les mois qui ont passé et les caractéristiques modestes de la Switch, Furi n’a rien perdu de sa superbe. Parfaitement conçu, exigeant sans être injuste, et particulièrement gratifiant, il séduira tous les joueurs adeptes des jeux d’action à la japonaise. Certains – à raison – pointeront du doigt ses graphismes sans éclat ou scénario en retrait. Mais difficile de lui en tenir rigueur tant il mise tout sur son gameplay.

Note de la rédaction

  • - Une vraie personnalité se dégage du jeu
  • - Un gameplay nerveux et précis
  • - Jamais injuste dans la mesure où tout peut être esquivé ou contré
  • - Des boss aux patterns inventifs
  • - Une bande-son de qualité qui accompagne parfaitement l’action
  • - Doublé en français, anglais et japonais
  • - Il faut aimer la difficulté
  • - Pas forcément brillant sur le plan graphique
  • - Un scénario qui aurait gagné à être plus ambitieux

Centré sur le jeu mobile durant les premières années qui ont suivi sa création au début de la décennie, le studio français The Game Bakers a fini par vouloir s’imposer à l’étage du dessus. C’était en 2016 avec ce qui reste à ce jour sa seule production pensée pour consoles et PC : le très bon Furi. Dix-huit mois après des débuts remarqués, ce jeu à l’action nerveuse et à la personnalité bien trempée fait son retour sur Switch. L’occasion pour nous de revenir sur son cas, tout en vérifiant au passage si la machine de Nintendo le laisse exprimer tout son potentiel.

Il ne faut guère longtemps pour s’en rendre compte: Furi a du style. Grâce notamment au coup de crayon affûté de Takashi Okazaki (Afro Samurai), il impose d’emblée sa patte artistique. L’univers sombre et futuriste interpelle. Le design de ses protagonistes est bourré de personnalité. Et très vite malgré des cut-scenes à la mise en scène un peu aride, se dessine une intrigue nébuleuse qui n’est pas sans rappeler par certains aspects les travaux de Suda51 (No More Heroes) et Hideo Kojima (Metal Gear Solid). Furi ne colle peut-être pas une baffe visuelle, la faute à des modélisations assez basiques et à quelques animations un peu raides. Mais malgré ses origines françaises et sa technique relativement modeste, il parvient à se donner de vraies allures de production japonaise.

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Atmosphère oppressante et scénario en retrait

Sa réussite artistique est telle que l’on en vient un peu à regretter que son scénario ne se montre pas totalement à la hauteur. On sent que des efforts ont été faits pour lui apporter un peu de mystère et de suspense. Mais clairement, celui-ci n’est qu’un prétexte pour justifier la forme que prend le jeu. Furi est en effet un « boss rush », soit un jeu constitué exclusivement de combats de boss, dans lequel chaque ennemi rencontré est un geôlier de plus à occire pour conduire l’anonyme et mutique héros vers la liberté. Un retournement de situation pas inintéressant survient d’ailleurs à un moment de l’aventure. Le mystérieux personnage au masque de lapin qui nous aide durant notre évasion parvient grâce à ses monologues à nous plonger dans un état de concentration mêlé à de l’appréhension et de la tension. Malheureusement, à l’inverse de l’ambiance, barrée et oppressante, le propos manque un peu de consistance pour marquer les esprits.

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Du skill et rien que du skill

Là où Furi réalise le sans-faute ou presque, c’est du côté de sa jouabilité. Le jeu propose en effet une prise en main précise et réactive qui permet, en faisant preuve de dextérité, de surmonter toutes les situations que l’on est amené à rencontrer. Car ici, tout est une affaire de vitesse d’exécution et de timing. Il n’est pas question d’améliorer les capacités du héros, ni même de débloquer diverses compétences pour se faciliter ensuite la vie. Furi est un jeu de duel qui ne fait aucune concession de ce genre au joueur. Les armes et capacités du héros sont définies dès le départ. Ce qui signifie que pour venir à bout de la dizaine de boss que compte l’aventure, il faudra faire preuve d’un sens aigu de l’observation, d’une bonne dose de patience, et surtout de pas mal de persévérance.

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C’est que les boss de Furi aiment s’appuyer sur des stratégies vicieuses. Apprendre à contrer leurs schémas d’attaque se fait donc à la dure, à force de mordre la poussière. Et c’est d’autant plus vrai qu’entre les deux phases de jeu (l’une vue de dessus, l’autre plus rapprochée basée sur le corps-à-corps) sur lesquelles il faut compter et le découpage en rounds qui rend les affrontements des plus en plus compliqués, les ennemis ne cessent de multiplier les coups bas pour nous pourrir la vie.

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La fureur de vaincre

Si Furi est un jeu punitif, il se montre toujours juste envers le joueur, dans le sens où ses mécaniques offrent un arsenal complet pour se sortir des pires situations imaginables. Plutôt que de perdre son temps à détruire ou à renvoyer les nombreux projectiles balancés par les ennemis, il faudra par exemple utiliser le « dash » pour traverser les murs qu’ils forment. Quant aux attaques au corps-à-corps, on se rend vite compte qu’il est préférable de prendre le risque de les parer (la garde n’existe pas) plutôt que de les esquiver.

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En plus de redonner un peu de vie, la parade offre en effet des fenêtres de contre bien plus faciles à exploiter. Furi est un titre qui encourage le joueur à aller de l’avant, et c’est probablement ce qui rend chaque victoire aussi exaltante. Ce ne sont pas les plus motivés (et doués) qui ont mis leurs nerfs à l’épreuve sur le mode de difficulté Furieux (dans lequel les stratégies sont encore plus redoutables) qui viendront nous contredire.

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Un portage réussi

Furi était déjà un très bon jeu lors de sa sortie, et il l’est encore aujourd’hui après son arrivée sur Switch. Malgré la puissance réduite de la console de Nintendo, il n’a en effet rien perdu de ses qualités. Pour permettre à l’action de conserver toute son intensité, les développeurs ont en effet fait preuve de bon sens et ont préféré sacrifier les graphismes (l’ensemble est légèrement moins détaillé et le rendu global plus flou) pour garantir au framerate (les images par seconde) une vraie stabilité. Que ce soit sur la télé ou en configuration nomade, l’expérience est donc sensiblement identique à celle de l’époque. À moins que l’on considère qu’une petite poignée de boulettes en moins sur les dizaines et dizaines qui défilent à l’écran est une trahison à la version originale.

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Conclusion

Malgré les mois qui ont passé et les caractéristiques modestes de la Switch, Furi n’a rien perdu de sa superbe. Parfaitement conçu, exigeant sans être injuste, et particulièrement gratifiant, il séduira tous les joueurs adeptes des jeux d’action à la japonaise. Certains – à raison – pointeront du doigt ses graphismes sans éclat ou scénario en retrait. Mais difficile de lui en tenir rigueur tant il mise tout sur son gameplay.

Note de la rédaction

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