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Test de Jump Force : Le choc des licences

Jump Force

On ne s'attendait pas à trouver dans la proposition de Jump Force davantage qu'un divertissement suffisamment instinctif pour délivrer sa dose de fun instantanée, et il est vrai que le titre avoue rapidement ses limites une fois passé le cap de l'euphorie du fan service. Difficile, en revanche, de refuser une invitation aussi alléchante en compagnie de figures de légende qui ont marqué l'histoire du shônen manga. Surtout que l'occasion ne se représentera sans doute pas de sitôt.

Note de la rédaction

  • - La réunion d'une quarantaine de figures de légende
  • - L'alliance fiction/réalisme confère un certain cachet au jeu
  • - Affrontements nerveux et intuitifs, simples à prendre en main
  • - Des options de personnalisation en pagaille pour l'avatar
  • - Le doublage japonais basé sur les voix originales des différentes séries
  • - 9 chapitres en solo complétés par des missions libres et des matchs en ligne
  • - Un bête tableau de missions en guise de progression
  • - Une surabondance d'effets visuels qui entravent la lisibilité
  • - Possibilités tactiques limitées par le système de jauges partagées
  • - Un choix de perspective inadapté aux parties à deux en local
  • - On ne s'attardera clairement pas sur l'histoire et ses dialogues
  • - Trop de va-et-vient inutiles dans le HUB

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Dans le prolongement des festivités accompagnant les 50 ans du Weekly Shônen Jump, les plus grandes stars du célèbre magazine de prépublication japonais se trouvent réunies dans un titre calibré comme un crossover anniversaire. Logiquement convoité par tous les fans de mangas à travers le monde, le jeu Jump Force est-il à la hauteur d'un tel événement ?
(Ce test a été effectué sur PlayStation 4.)

Au carrefour d’une quinzaine de séries de mangas ayant marqué l’histoire du plus fameux hebdomadaire japonais, Jump Force rappelle à notre bon souvenir d’autres initiatives du même genre, et notamment un certain J-Stars Victory VS. En 2014 déjà, Bandai Namco convoquait les poids lourds du shônen manga dans un jeu de combat en 3D qui n’aura cependant guère marqué les esprits. Jump Force opère lui un rapprochement inédit entre fiction et réalité, propulsant Goku, Seiya et compagnie dans des environnements inspirés des plus grandes villes de notre planète.

Jump Force

C'est l'heure du duel !

Avant même la sortie du jeu, l’idée de voir tous ces personnages de mangas évoluer dans des décors réalistes faisait sujet à débat. Que l’on adhère ou pas, reconnaissons que le rendu 3D des protagonistes se montre assez respectueux des originaux, l’alliance fiction/réalisme conférant même un certain cachet au jeu. Parfois issus de générations éloignées de plusieurs décennies dans le cadre dans leurs publications respectives au sein du magazine, les protagonistes ne s’harmonisent finalement pas si mal entre eux, ce qui n’est pas forcément le cas des Venins « random » qui s’opposent à notre alliance de héros. Mieux vaut de toute façon ne pas trop s’attarder sur le scénario du titre qui n’offre qu’un vague prétexte à des combats fantaisistes sur fond d’invasion planétaire. Les enjeux se résumeront essentiellement à épauler les équipes de Goku, Luffy et Naruto dans leurs missions respectives pour libérer l’ensemble des personnages contrôlés par des cubes d’Umbras.

Jump Force

Mais à trop vouloir simplifier sa base narrative, Jump Force plonge tête baissée dans l’écueil d’une structure redondante qui nous ramène constamment à son tableau de missions à cocher laborieusement dans l’espoir de voir l’histoire décoller. On décroche alors d’autant plus facilement que les discussions tant attendues entre les membres de l’alliance des héros font preuve d’une platitude absolue. Pas étonnant que l’éditeur n’ait guère perdu de temps pour déployer un patch permettant de zapper froidement tous ces dialogues. Les concepteurs de Jump Force avaient clairement d’autres priorités que d’imaginer des moyens de réduire les allers-retours dans le HUB, le joueur se résignant bien vite à abuser du voyage rapide pour effectuer le moindre déplacement.

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50 ans d'histoire du manga

Pas de doute, en revanche, le casting de Jump Force envoie du rêve en réunissant une quarantaine de combattants sans omettre d’accorder une place de choix aux anciennes légendes du Jump. Même s’ils sont logiquement sous-représentés par rapport aux séries les plus récentes, les héros de Hokutô no Ken, City Hunter, Saint Seiya, Yû Yû Hakusho, Kenshin ou même Dai no Daibôken répondent présent à l’appel et apportent une touche d’authenticité vraiment appréciable. Les voir trôner fièrement aux côtés des inusables stars de Dragon Ball, One Piece et Naruto devrait convaincre autant les nostalgiques de s’adonner au soft que les plus jeunes attirés davantage par Black Clover ou My Hero Academia. On guette alors la moindre occasion d’activer l’éveil de nos héros favoris pour les voir changer d’apparence ou déployer tout leur potentiel au travers de séquences illustrant les techniques les plus fameuses de chacun.

Jump Force

Ça passe ou ça casse…

Impliquant des affrontements par équipes de trois, le système de combat de Jump Force prend le contre-pied de ses concurrents en obligeant les membres de chaque team à se partager les mêmes jauges. L’aspect tactique repose alors essentiellement sur le déclenchement opportun des techniques propres à chacun, de préférence en cours de combo ou sous la forme d’un soutien temporaire. La dimension stratégique s’en trouve logiquement amoindrie, mais cela permet de rendre tout à fait viables des affrontements en un contre trois. En dépit de quelques mouvements plus techniques permettant de reprendre l’avantage par le biais de contres ou d’esquives réalisables même pendant les projections, les combats se veulent nerveux, intuitifs et résolument accessibles.

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Le problème réside surtout dans la surabondance d’effets visuels qui entravent la lisibilité au point d’altérer considérablement l’appréciation des distances. On joue un peu trop à l’aveugle, sans aucune garantie que l’attaque choisie touchera sa cible, et réussir à anticiper les mouvements de l’ennemi relève de la gageure. Les rounds étant par ailleurs extrêmement rapides, on a presque le sentiment de jouer à la roulette russe tant il est difficile de savoir si l’on a fait les bons choix. En solo, passe encore, mais les soucis de lisibilité deviennent franchement pénalisants pour celui qui se retrouve au fond de l’écran lorsqu’on joue à deux en local, même si la caméra change régulièrement de focus au fil de la partie.

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Avatar chimérique

Dans la logique des parties online, le titre nous invite à créer et customiser un avatar recruté par l’alliance pour servir d’alternative aux stars du Jump. Le joueur peut ainsi librement personnaliser ses attaques pour en faire une véritable chimère empruntant à plusieurs héros complètement distincts. Un excellent point qui permet surtout de s’approprier les techniques qui nous conviennent le plus sans obligation de jouer éternellement avec le même protagoniste. Se battre avec un avatar personnalisé maîtrisant autant le Kamehameha de Goku que l’Avan Strash de Dai et le poing de Kenshirô a quelque chose de vraiment grisant ! À l’instar des autres combattants, notre personnage s’exprime dans la langue japonaise, le doublage étant basé sur les voix originales des différentes séries.

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Même s’il faut objectivement se forcer pour aller au bout de la campagne solo qui s’étale sur une bonne douzaine d’heures de jeu, le titre bénéficie d’un contenu solide avec sa kyrielle de missions libres et de matchs en ligne. Précision d’importance : la longueur des temps de chargement s’est vue considérablement réduite depuis le déploiement du patch post-lancement, ce qui permet de profiter du jeu dans de bien meilleures conditions, même si leur fréquence reste toujours élevée.

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Conclusion

On ne s'attendait pas à trouver dans la proposition de Jump Force davantage qu'un divertissement suffisamment instinctif pour délivrer sa dose de fun instantanée, et il est vrai que le titre avoue rapidement ses limites une fois passé le cap de l'euphorie du fan service. Difficile, en revanche, de refuser une invitation aussi alléchante en compagnie de figures de légende qui ont marqué l'histoire du shônen manga. Surtout que l'occasion ne se représentera sans doute pas de sitôt.

Note de la rédaction

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