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Test de Kingdom Come: Deliverance – Un jeu de rôle original gâché par une technique moyenâgeuse

Kingdom Come: Deliverance

Oyez, oyez, braves gameurs ! Soyez prévenus que ce Kingdom Come: Deliverance n’est pas un jeu de rôles fait pour tout le monde. Outre son côté simulation de vie ultra-réaliste qui fait son originalité, ainsi que son immersion immédiate dans un univers moyenâgeux "crédible", celui que l'on appellera aussi KCD pèche surtout par ses innombrables bugs et sa difficulté rebutante pour la plupart des joueurs. À essayer obligatoirement avant d’acheter, tenez-le-vous vous pour dit. Une expérience qui sera toutefois plus recommandable une fois d'indispensables patchs correctifs déployés.

Note de la rédaction

  • - Une simulation de vie à la fin du Moyen Âge ultra réaliste encore jamais vue
  • - Des paysages et des décors magnifiques
  • - Une musique d’époque aussi discrète qu’efficace
  • - Un système de combat technique
  • - Une durée de vie solide
  • - Les cartes au trésor
  • - Un monde ouvert bourré de bugs
  • - Une difficulté parfois décourageante
  • - Un système de sauvegardes aberrant
  • - Des incohérences qui fatiguent l’esprit
  • - Des menus indigestes et mal pensés
  • - Le crochetage difficile
  • - Une boussole illisible

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Après un développement laborieux démarré en 2014 et semé d’embûches, le prometteur jeu de rôles Kingdom Come: Deliverance réussit enfin à sortir sur nos consoles et PC grâce au distributeur Deep Silver. Le développeur tchèque Warhorse Studios a financé son titre via un Kickstarter en se lançant dans le projet ambitieux et décalé de faire un jeu de rôles médiéval aussi réaliste que possible. Des donjons sans dragons… Pourquoi pas ?
(Ce test a été réalisé sur Xbox One.)

Cette promesse d’héroïsme sans fantaisie s’avère des plus alléchantes sur le papier. La proposition inédite est on ne peut plus simple : vous mettre dans la peau d’un homme du Moyen-Âge d’une manière aussi crédible que possible et uniquement jouable en solo, avec une vue à la première personne pour encore plus d’immersion. Une simulation de serf en quelque sorte. Mais attention : oubliez Skyrim et autres The Witcher. La magie n’a pas sa place dans l’univers de KCD. Les monstres ailés et cracheurs de feu encore moins. Les fans de jeu de rôles « classiques » se doivent d’être prévenus. Car prendre en compte la saleté de son avatar ou son degré de satiété n’amuse pas forcément tout le monde…

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"Je vous parle d’un temps…"

L’action de Kingdom Come: Deliverance se déroule en 1403, dans le royaume de la Bohême qui se situe de nos jours en République Tchèque. Certes ce n’est pas la période historique la plus connue, mais ce choix a le mérite d’être original à défaut d’être fédérateur. Pour plus de détails sur cette période obscure, les plus curieux d’entre vous peuvent se plonger dans le Codex du menu qui fourmille de détails historiques. Côté scénario, vous incarnez Henry, un fils de forgeron encore ado, qui voit ses parents se faire massacrer sous ses yeux pour une sombre histoire de succession de trône. Cette tragédie change le destin de notre protagoniste à tout jamais.

Kingdom Come: Deliverance 2

Dans sa quête de vengeance, Henry se confronte à la dure de vie de paysan de la fin du Moyen-Âge où le fait de ne pas savoir lire ni se battre et d’être né au bas de l’échelle sociale s’avère délicat dans la perspective de mener une vie de rêve. Malgré les apparences, Henry semble avoir une bonne étoile. Ce qui le mène contre toute attente dans les coulisses de la chevalerie. Mais avant de pouvoir briller à la cour, il faut mener une vie de galérien comme vous n’en avez jamais connu auparavant dans un jeu vidéo.

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Vis ma vie… si tu le peux

N’oubliez pas que le projet de KCD est avant tout de se plonger dans une simulation de vie. Et qui dit simulation dit statistiques à gogo à prendre en compte pour ne pas périr dès son premier périple. Ainsi, vous devez faire attention à tout, tout le temps. La manière de vous habiller, votre degré de propreté, ce que vous mangez (un empoisonnement est si vite arrivé), le poids que vous portez sur vous pour avancer correctement, votre fatigue physique (gare au manque de sommeil), votre comportement avec les quidams, même l’endroit où vous marchez doit être pris en compte. Si vous tombez de trop haut, la blessure avec plaie ouverte peut être fatale ! Ce réalisme à tout bout de champ est impressionnant du point de vue de la crédibilité.

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Mais d’un point de vue ludique, cela peut rapidement s’avérer pénible pour le moins patient des joueurs. C’est encore plus vrai pour le système de combat. En effet, dans ce dernier, vous devez apprendre à vous battre en temps réel avec des armes blanches et de jet en prenant en compte votre position dans l’espace. L’endurance est également un facteur prépondérant. Inutile de vous dire que les premières joutes se montrent assez chaotiques, surtout avec une manette en mains. L’entraînement est plus que jamais obligatoire pour qui veut survivre. Si vous arrivez à dominer ce système un peu décourageant par sa difficulté, vous allez connaître des satisfactions intenses, à n’en point douter. Pour les plus contemplatifs d’entre vous, cette simulation de vie amène aussi une récompense : le réalisme des décors traversés, à pied ou à dos de cheval, donne des moments de satisfaction intenses, que ce soit en ville ou en pleine campagne. On ne saurait trop conseiller de s’armer d’un casque pour la balade : le rendu audio des différents sons et bruitages est magnifique.

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Mais qu’est-ce que c’est que ces bugs ? Ça puire !

Kingdom Come: Deliverance impose donc par son « réalisme » une exigence qui ne pardonne pas pour le joueur. Mais quand un développeur se veut aussi ambitieux, il se doit de proposer à son tour un jeu aux finitions exemplaires. Et malheureusement, Warhorse Studios est loin d’être aussi talentueux. En effet, KCD est une foire aux bugs démentielle. Tous les domaines du jeu y passent ou presque : de la cinématique qui change de langues en plein dialogue à la mission qui ne se déclenche pas en passant par les classiques bugs de collision, quand ce n’est carrément pas votre avatar qui décolle dans les airs pour mieux s’écraser comme un flan et mourir sur le coup… C’est bien simple, il est impossible de tous les citer tant la liste est longue. Bien conscients de ce scandale, les développeurs promettent via les réseaux sociaux des patchs correctifs à venir. Il est tout de même impardonnable de proposer un jeu à la vente alors qu’il n’est pas encore fini.

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Au rayon des choses qui fâchent, le système de sauvegarde (lui aussi bugué au passage) étonne par son ergonomie à la ramasse. En effet, vous ne pouvez pas sauvegarder quand vous le voulez, et à l’infini. Les rares points de sauvegarde se font automatiquement durant la quête principale. Pour un RPG aussi difficile et aussi mal fini, ce n’est pas très malin. Pour sauvegarder quand vous le « désirez », il faut soit dormir suffisamment longtemps, soit lancer une quête secondaire, soit consommer un schnaps salvateur qu’il faut acheter ou fabriquer. Une boisson alcoolisée avec la conséquence idiote d’être saoul et donc de voir trouble, simulation oblige. Bref, ce système de sauvegarde puire !

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Incohérences et contredanses

Il est difficile aussi de taire les nombreuses incohérences pour un jeu qui se veut aussi ambitieux dans le réalisme. Nous ne nous attardons pas sur les anachronismes et autres aberrations quant aux us et coutumes du Moyen-Âge fantasmé par Warhorse Studios, dignes des films historiques hollywoodiens. Restons sur de la logique pure avec quelques exemples. Pourquoi la garde de nuit arrête uniquement le héros après le couvre-feu s’il n’a pas de torche à la main alors qu’aucun autre PNJ tout aussi « rebelle » n’a ce problème ? Pourquoi durant toute l’aventure un réticule inutile reste-t-il au milieu de l’écran alors que lorsque nous utilisons un arc, ce même réticule désormais indispensable disparaît ? Pourquoi Henry semble-t-il très respectueux de la noblesse dans les cinématiques, mais tient-il tête à un sang bleu dans une taverne dans les dialogues à choix multiples ? Pourquoi le voyage rapide s’avère-t-il aussi lent via la carte, alors que lorsque vous appelez votre cheval où que vous soyez, celui-ci se téléporte instantanément à vos côtés ?

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Bref, vous l’avez compris, Kingdom Come : Deliverance agace et pénalise pas mal le joueur le plus patient et plein de bonne volonté. Mais allez savoir pourquoi, malgré tous ces défauts impardonnables et honteux, il est difficile de ne pas revenir dans un univers aussi riche et réaliste. Vivement que les patchs de corrections sortent pour profiter pleinement de ce jeu de rôles atypique et original.

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Conclusion

Oyez, oyez, braves gameurs ! Soyez prévenus que ce Kingdom Come: Deliverance n’est pas un jeu de rôles fait pour tout le monde. Outre son côté simulation de vie ultra-réaliste qui fait son originalité, ainsi que son immersion immédiate dans un univers moyenâgeux "crédible", celui que l'on appellera aussi KCD pèche surtout par ses innombrables bugs et sa difficulté rebutante pour la plupart des joueurs. À essayer obligatoirement avant d’acheter, tenez-le-vous vous pour dit. Une expérience qui sera toutefois plus recommandable une fois d'indispensables patchs correctifs déployés.

Note de la rédaction

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