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Test de Moss : le conte est bon sur PS VR

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Moss n’est peut-être pas le jeu en réalité virtuelle le plus immersif qui soit. Il n’est pas non plus celui qui fera vendre des millions PlayStation VR. Mais à n’en pas douter, il est l’un, si ce n’est le plus réussi auquel nous ayons pu toucher. Polyarc a en effet eu le bon sens de ne pas trop en faire et d’employer cette technologie encore balbutiante avec parcimonie et intelligence. En résulte un jeu d’aventures-plateformes charmant comme tout, que l’on recommande à tous les joueurs en âge de se visser un casque sur la tête.

Note de la rédaction

  • - Un jeu de plateforme-aventure d’une redoutable efficacité
  • - Des contrôles qui répondent au doigt et à l’œil
  • - Une utilisation de la réalité virtuelle limitée mais maîtrisée
  • - Les animations de Quill, plus vraies que nature
  • - Des situations que ne se répètent jamais
  • - Des énigmes bien ficelées à défaut d’être originales
  • - Un vrai petit conte, pour les petits comme pour les grands
  • - Les doublages français sont dans le ton
  • - Une aventure malheureusement impossible à partager, VR oblige
  • - Seulement 3 à 4 heures de jeu maximum
  • - Une fin un peu abrupte, qui appelle forcément une suite

Jeu vidéo et réalité virtuelle ne riment pas nécessairement avec vue subjective, immersion ou grand spectacle. Moss est là pour le prouver, lui qui tire parti juste ce qu’il faut du PlayStation VR pour amener un peu modernité à un titre à la grammaire autrement très traditionnelle. Une véritable démonstration qui, on l’espère, fera des émules au sein de la communauté des développeurs.
(Ce test a été réalise sur PlayStation 4 et PlayStation VR.)

Quill pensait qu’elle ne sortirait jamais de cette clairière où elle et ses proches ont trouvé refuge, mais le destin en a décidé autrement. Après avoir mis la main sur une relique de verre mystérieuse, cette petite souris qui sert d’héroïne va en effet se retrouver liée au joueur – appelé ici « Lecteur » par souci de cohérence -, le récit étant raconté à travers les pages d’un vieux grimoire. Un phénomène évidemment tout sauf naturel, qui va conduire son oncle, auprès duquel elle s’est confiée, à prendre les devants pour éviter à la communauté de vivre un véritable drame. Évidemment, les choses ne se passeront pas tout à fait comme prévu, et très vite Quill sera elle-même obligée de partir à l’aventure pour venir en aide à son oncle.

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Le réalité virtuelle autrement

Sous ses dehors de gentil petit conte, Moss cache sans doute l’un des meilleurs ambassadeurs du PlayStation VR. Le titre du studio Polyarc est en effet habité par un sens de l’aventure d’une redoutable efficacité, bien aidé il est vrai par une mise en scène originale et inattendue. En effet, plutôt que d’utiliser le casque de réalité virtuelle de Sony de manière convenue, c’est-à-dire en nous proposant de vivre l’aventure à travers les yeux de son héroïne, il a la bonne idée de nous mettre dans la peau du « Lecteur ». En proposant un regard extérieur sur l’action, les développeurs sont en effet parvenus à accentuer la vulnérabilité de Quill – et accessoirement à mettre en valeur le formidable travail accompli sur son animation –, à renforcer le rôle de guide et de protecteur du « Lecteur », et enfin, en l’absence de vue à la première personne, à permettre au jeu de ne provoquer aucune sensation de nausée.

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Une recette classique mais maîtrisée

Vu de loin, Moss est un jeu assez classique qui, comme dans un nombre incalculable de productions sorties avant lui, demande de traverser une succession assez linéaire de tableaux pour arriver au terme de l’aventure. Des tableaux qui mélangent des phases de plateformes, beaucoup de petites énigmes et un peu d’action. Des ingrédients on ne peut plus communs en somme, mais dosés de manière parfaitement équilibrée pour que les situations rencontrées se renouvellent sans cesse, et surtout pour que l’aventure puisse être vécue par le public le plus large possible.

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L’union fait la force

Ce qui le différencie des nombreux autres jeux de plateformes-aventures que l’on peut trouver sur le marché, c’est qu’il demande au joueur d’incarner simultanément deux entités bien distinctes. En plus de Quill, qui se gère de manière classique au stick analogique et aux boutons, il faut donc embrasser le rôle du « Lecteur ». Extérieur au récit, celui-ci profite de sa distance pour offrir une vue d’ensemble des décors. En bougeant la tête (et donc le PlayStation VR), en s’approchant ou en se levant, il est même capable de les observer avec plus de précision. Ce qui est bien utile pour trouver le chemin à suivre. Mais aussi pour repérer les différents pièges à déjouer ou encore les quelques secrets à collecter (des parchemins totalement dispensables qui servent à recréer l’image d’une rosace).

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Outre le fait d’avoir un peu le rôle d’une caméra, le « Lecteur » est capable d’interagir avec certains éléments du décor. La barre lumineuse de la manette se comporte en effet comme un pointeur, lequel permet de déplacer des blocs, ouvrir des portes, manipuler des plateformes ou faire pivoter différents mécanismes. Même les ennemis n’échappent pas à sa force supérieure, puisqu’il lui est possible de les contrôler, afin d’activer des interrupteurs notamment. Moss est de fait un jeu bicéphale, dans lequel il est impératif de coordonner les actions de deux personnages aux capacités bien distinctes pour pouvoir avancer.

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Coopérer avec soi-même… uniquement

S’il fait figure de réussite tant dans sa prise en main que dans son utilisation de la réalité virtuelle, Moss laisse tout de même un petit regret : celui d’imposer au joueur de vivre seul son expérience, en étant totalement coupé du reste du monde. Le bébé de Polyarc a en effet tout du jeu que l’on aurait aimé partager. Son histoire et ses mécaniques en font un titre idéal pour s’initier au jeu vidéo. Et l’on est persuadé qu’au moyen de quelques ajustements, il aurait pu être proposé une seconde forme sans réalité virtuelle, agrémenté d’un mode coopératif dans lequel un parent et son enfant, par exemple, auraient pu s’entraider : l’un prenant le contrôle de Quill et l’autre jouant le rôle du  » Lecteur « .

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On aurait certes perdu une fonctionnalité qui fait une grande partie de son charme, à savoir la possibilité de scruter les niveaux sous tous les angles un peu comme on fouillerait dans une maison de poupées. Mais il ne fait aucun doute que le plaisir de progresser main dans la main aurait compensé cette perte. Gageons que ce petit défaut sera corrigé dans le second volet, la fin un peu soudaine de l’aventure ne laissant guère de doute quant à l’arrivée d’une suite directe.

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Conclusion

Moss n’est peut-être pas le jeu en réalité virtuelle le plus immersif qui soit. Il n’est pas non plus celui qui fera vendre des millions PlayStation VR. Mais à n’en pas douter, il est l’un, si ce n’est le plus réussi auquel nous ayons pu toucher. Polyarc a en effet eu le bon sens de ne pas trop en faire et d’employer cette technologie encore balbutiante avec parcimonie et intelligence. En résulte un jeu d’aventures-plateformes charmant comme tout, que l’on recommande à tous les joueurs en âge de se visser un casque sur la tête.

Note de la rédaction

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