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Test d’Octopath Traveler : Une exclu à huit têtes qui fera date

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Ne cherchez plus l'incarnation de l'âge d'or du RPG japonais, elle se trouve juste sous vos yeux ! On peine à décrire par des mots le sentiment qui s'empare de nous devant l'efficacité d'un titre qui, sous une approche faussement naïve, réinterprète avec énormément de génie et de poésie ce que le genre a su proposer de mieux jusqu'à aujourd'hui. Attendez-vous à perdre toute notion du temps…

Note de la rédaction

  • - Un enchantement visuel permanent
  • - Huit destinées qui s'entremêlent sans arrêt
  • - Des interactions vraiment inédites avec les NPC
  • - Un renouvellement des mécaniques à chaque nouveau héros recruté
  • - Le système de combat dans le prolongement de celui de Bravely Default
  • - Le défi que représentent les affrontements contre les boss
  • - Des quêtes annexes qui peuvent se résoudre de plusieurs manières différentes
  • - Une bande-son magistrale avec les voix japonaises et les textes en français
  • - Durée de vie réellement gigantesque
  • - La narration un cran en dessous malgré la diversité des scénarios
  • - Une expérience plus ou moins exigeante selon le personnage choisi au départ
  • - Le fait de ne pas être pris par la main qui pourrait rebuter les moins patients

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Après s'être laissé entrapercevoir au travers d'une démo gratuite d'une générosité confondante, le nouveau jeu du producteur de Bravely Default est enfin entre nos mains ! Tant d'émotions pour un simple RPG à tendance old school, est-ce bien raisonnable ? C'est que nous attendions depuis trop longtemps un titre capable de convoquer l'héritage et la magie des plus grands.
(Ce test a été réalisé sur Nintendo Switch.)

Si vous avez eu la curiosité de vous plonger dans les méandres de la démo d’Octopath Traveler, dont la sauvegarde est compatible avec la version finale du jeu, vous avez logiquement eu le temps d’expérimenter les différents prologues illustrant les spécificités de chaque protagoniste jouable. Constituant une entrée en matière idéale dans l’optique de découvrir les mille et une particularités du jeu, cette démo nous donnait la possibilité de mener à bien le premier chapitre de chacun des huit scénarios dédiés aux principaux héros de l’histoire. L’occasion pour nous de prendre toute la mesure du potentiel latent contenu dans cette structure fortement imprégnée de l’esprit de la franchise SaGa avec ses destinées multiples subtilement entremêlées. Car, une fois le point de départ de leur quête achevé et leurs motivations esquissées plus distinctement, ces individus deviennent autant de nouvelles recrues potentielles dès lors que le voyage des uns viendra à recouper le périple des autres. En réalité, le véritable génie d’Octopath Traveler est de pousser cette idée encore au-delà en faisant en sorte qu’à chaque fois qu’un aventurier rejoint notre équipe, ce ne soit pas seulement l’histoire, mais tout l’ensemble des mécaniques de gameplay qui se renouvelle.

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Du pixel art à la HD-2D

Est-il bien nécessaire d’insister sur l’enchantement visuel que procure Octopath Traveler à travers sa réalisation audacieuse que les concepteurs ont baptisée « HD-2D » ? Oui, définitivement. De mémoire de joueur, c’est la première fois qu’un titre parvient à ce point à trouver un si juste équilibre entre « l’ancien » et « le nouveau », combinant avec un incroyable sens artistique la beauté fragile du pixel art aux techniques les plus modernes. Quelles que soient nos affinités avec la 2D old school, on ne peut retirer au soft la splendeur de ce rendu si singulier où des sprites (personnages composés de pixels 2D) à l’ancienne se meuvent dans des environnements tout en profondeur. Aux effets de lumière chatoyants s’ajoute surtout ce flou artistique si prompt à estomper les éléments du premier plan juste avant qu’ils ne deviennent grossiers, comme si un cameraman nous suivait en permanence pour effectuer la mise au point. On pourrait noircir des pages entières sans parvenir à traduire l’efficacité de cette réalisation fantastique, le plus parlant étant encore d’évoquer cette envie permanente qui nous saisit de mitrailler à l’excès la touche de capture d’écran du malheureux Joy-Con…

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Des compagnons à la carte

Les premières heures de jeu d’Octopath Traveler sont trompeuses. Bien que l’atmosphère induite par chacun des différents prologues ait le mérite de se distinguer nettement sur le baromètre de la tension émotionnelle, le fait de ne suivre qu’un seul individu au départ peut laisser entrevoir à tort à une formule aseptisée. Ce n’est qu’une fois le groupe consolidé par le soutien de nouvelles recrues librement choisies par nos soins que le système gagne en épaisseur, à mesure que l’intrigue globale se développe. À terme, il devient même possible de combiner les aptitudes des différentes classes entre elles. Jusqu’à la fin, le joueur reste libre de tracer sa route comme il l’entend, mais les recommandations de niveau sont là pour nous inciter à mener l’ensemble des scénarios en parallèle, plutôt que de suivre l’histoire d’un seul et même héros. La façon dont les huit destinées s’entrecroisent aura d’ailleurs autant de répercussions sur la narration que sur le renouvellement constant des mécaniques de jeu.

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L'horizon des possibles

Outre les modifications qu’elles entraînent dans la manière d’aborder les combats, les spécificités propres à chaque classe de personnages ouvrent sans cesse de nouveaux types d’interactions avec les personnages non joueurs (NPC). En recrutant par exemple un voleur, et si la chance est de votre côté, vous pourrez faire les poches des villageois sans débourser le moindre sou ! Les tarifs des magasins vous semblent excessifs ? Pourquoi ne pas utiliser la marchande itinérante pour négocier ? Même jouer de ses charmes peut servir la cause lorsque l’on est une danseuse aguerrie capable de séduire n’importe qui pour l’entraîner jusque dans les combats. Habitués depuis toujours aux rôles de simples figurants dans les RPG japonais, les personnages non joueurs ont enfin l’occasion de sortir de l’ombre pour tirer leur épingle du jeu. Ne sous-estimez pas les lancers de bouses de vache des fermiers à la puissance de frappe délirante, car ils pourraient bien vous sauver la mise !

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Plusieurs héros ont ainsi la possibilité de s’entourer de compagnons librement choisis parmi les NPC, à l’instar de la religieuse qui guidera ses brebis sur des chemins rarement préconisés par l’Église. D’autres se contenteront d’utiliser leurs talents d’orateur ou d’espion pour écouter les conversations et recueillir des informations pouvant déboucher sur toutes sortes de quêtes. Si les plus sûrs d’eux peuvent défier n’importe qui pour accroître leur réputation, les amoureux des bêtes préféreront s’entourer d’animaux sauvages plutôt que d’alliés humains lorsqu’ils s’aventureront en territoire ennemi. En cela, le processus de recrutement propre à Octopath Traveler est une source d’étonnement perpétuel qui fascine autant qu’il renouvelle notre manière d’aborder les batailles.

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Échec et mat !

Reposant essentiellement sur la notion d’exaltation, à savoir une gestion tactique de points à charger pour multiplier les combos ou décupler la puissance des attaques spéciales, les affrontements d’Octopath Traveler ne sont pas sans rappeler ceux des autres titres du producteur Masashi Takahashi (Bravely Default, Final Fantasy: The 4 Heroes of Light). Combinée à la nécessité d’exploiter les faiblesses élémentaires des ennemis en jonglant entre les membres du groupe pour balayer l’ensemble des armes et des magies disponibles, la richesse du système de combat prend rapidement tout son sens. Le fait d’arrêter temporairement l’ennemi en pulvérisant sa défense au bon moment rappelle furieusement les interruptions tactiques de Grandia 2 et rend le tout palpitant. Grimpant généralement en flèche face aux boss, le challenge des batailles est tel qu’elles en deviennent extrêmement prenantes, les schémas stratégiques reposant entièrement sur la manière dont est constitué notre quatuor actif.

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Une formule non figée

Plus ou moins corsée selon l’aventurier choisi au départ, la difficulté s’avère suffisamment bien dosée pour rester motivante sans jamais que le jeu ne nous prenne par la main. L’exploration n’est d’ailleurs aucunement assistée, la présence d’un simple radar au lieu d’une carte détaillée nous obligeant à scruter les environnements à la recherche des passages dans lesquels il est possible de se faufiler. Rien n’est jamais figé dans Octopath Traveler, ceux qui jugeraient la fréquence des combats trop élevée pouvant par exemple la réduire de moitié en activant l’une des innombrables compétences passives qui récompensent l’évolution des personnages. Avec sa bande-son magnifique qui trouve son efficacité dans ses voix japonaises et ses morceaux rythmés, ce RPG poétique entièrement traduit en français nous emporte sans difficulté dans un vortex de plusieurs dizaines d’heures de pur enchantement.

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Conclusion

Ne cherchez plus l'incarnation de l'âge d'or du RPG japonais, elle se trouve juste sous vos yeux ! On peine à décrire par des mots le sentiment qui s'empare de nous devant l'efficacité d'un titre qui, sous une approche faussement naïve, réinterprète avec énormément de génie et de poésie ce que le genre a su proposer de mieux jusqu'à aujourd'hui. Attendez-vous à perdre toute notion du temps…

Note de la rédaction

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