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Comment bien choisir votre vélo électrique ?

La petite reine, presque tombée en désuétude à la fin du siècle dernier, revient en force pour des raisons aussi bien écologiques que sanitaires. Pour le “vélotaf” (trajets domicile-travail), des déplacements ponctuels, le loisir ou même en tant qu'outil de travail (pour des livreurs, par exemples), le vélo électrique permet aux moins sportifs de profiter de ce mode de transport indémodable. Comment choisir le vôtre ? Le point sur ce marché en pleine expansion et sur les éléments à connaître avant de se lancer.

Des semaines de grèves puis la crainte de côtoyer de trop près les usagers des transports en commun, et l’évidence s’impose : pour se déplacer, pourquoi ne pas passer à la petite reine ? Aux côtés des fervents défenseurs du biclou sans fioritures, un nouveau public émerge, cherchant un moyen de transport pratique, écologique et leur permettant d’arriver à bon port sans (trop d’) effort. Les conditions sont donc réunies pour l’avènement du vélo électrique, alias VAE (vélo à assistance électrique).

L’envol des ventes

Et de fait, les chiffres ne trompent pas. 338 000 d’entre eux avaient trouvé preneurs en France en 2018, soit une progression de +21 % en un an. L’Observatoire du cycle, publié en mai 2020 et portant sur l’année 2019, confirme cette tendance : il s’en est écoulé 388 000 l’an passé, soit des ventes en hausse de 12,1 % comparées à 2018. Et surtout, les VAE talonnent le maillot jaune encore détenu par les vélos traditionnels, non pas en nombre d’unités vendues, mais en termes de valeur : ils représentaient en 2019 45,2 % du marché, alors même qu’ils ne comptaient que pour 15 % des bicyclettes vendues. Bref, ils offrent un nouveau souffle au marché du cycle, dont le nombre de ventes total (VAE et vélos traditionnels) est par ailleurs en légère baisse, mais dont la valeur moyenne des unités vendues est en nette hausse.

Piste cyclable

© Creative Commons

À chacun son vélo électrique

Ces vélos électriques répondent à tous les usages : ils existent en format ville, route, en VTC ou VTT, bref, ce sont les frères motorisés des vélos dits musculaires. Et à ce titre, pour choisir votre monture, il convient d’évaluer vos usages : pour des déplacements urbains, un modèle de ville ou de route sera parfaitement adapté, tandis que des VTC s’adapteront davantage aux chemins de campagne, avec leurs roues plus larges. Les VTT à assistance électrique concernent quant à eux un public sportif. Comme sur une bicyclette traditionnelle, d’autres points sont à évaluer : la suspension ou la qualité des freins, à ne pas négliger dans la mesure où ils doivent permettre d’arrêter une machine dépassant la plupart du temps la vingtaine de kilos, et qui se déclinent en différentes technologies. On trouve ainsi des freins à disques ou à patins, mécaniques ou hydrauliques, les modèles à disques hydrauliques, les plus efficaces, étant souvent privilégiés sur les VAE les plus haut de gamme.

Angell Smart Bike

Le Smart Bike d’Angell © Angell

Au passage, on ne saurait trop recommander de faire régler son vélo, à assistance électrique ou non d’ailleurs, par un professionnel, pour un freinage optimal et l’adoption d’une posture adaptée. Ces vélos électriques se déclinent également au format pliant, des marques traditionnelles du secteur telles Brompton aux nouveaux venus, comme c’est le cas de Xiaomi, dont le Mi Smart Electric Folding Bike sera disponible dans le courant de l’été. On en trouve, pour des usages plus spécifiques, au format cargo, pour transporter des charges lourdes… ou des enfants !

Xiaomi Mi Smart Electic Folding Bike

Le Mi Electric Folding Bike de Xiaomi © Xiaomi

Les critères à ne pas négliger

Ce sont évidemment le moteur et la batterie du VAE qui doivent retenir toute votre attention avant l’achat. Et comme il existe pléthore de vélos, on trouve des combinaisons variées, qui offrent toutes le même bénéfice : une assistance électrique lorsque l’on pédale (et uniquement à ce moment), pour démarrer rapidement aux feux rouges et pour grimper les côtes tel un maillot à pois, mais en restant au sec.

Toutefois, tous les VAE ne se valent pas, car si tous les moteurs affichent un maximum de 250 W comme l’impose la législation française, leur couple, c’est-à-dire leur puissance mécanique réelle (en Nm pour Newton-mètre), n’est pas le même, puisqu’il peut varier de 15 à 85 Nm. Si vous évoluez en ville avec de légères montées, pas la peine de jouer la course aux chiffres : optez pour un VAE avec un couple entre 30 et 50 Nm. Si toutefois vous évoluez en milieux vallonnés, un couple plus élevé sera plus adapté. Pensez également que le poids du cycliste joue un rôle, et qu’un couple élevé sera conseillé s’il ne boxe pas dans la catégorie des poids plumes. Différents fabricants de moteurs évoluent sur ce segment, parmi lesquels figurent Bosh, Brose, Shimano ou Yamaha (pour les moteurs pédaliers), mais aussi Tranz’X, Suntour et Bafang.

Vélo électrique

© Creative Commons

Ces moteurs varient en puissance, mais aussi en emplacement. On les trouve soit au niveau du moyeu, le plus souvent à l’arrière, mais parfois aussi à la roue avant, ou centrés au niveau du pédalier. C’est là qu’ils offrent le moins de sensation de “poussée” pouvant dérouter, et ils ont l’avantage de ne pas augmenter le poids du vélo à l’arrière, c’est-à-dire là où vous êtes assis, notamment sur les vélos de ville : vous conservez ainsi votre centre de gravité classique. L’emplacement de la batterie a lui aussi son rôle à jouer : le plus souvent de type lithium-ion, elle peut être fixée sous le porte-bagages, mais aussi dissimulée dans le cadre, ce qui a le mérite d’abaisser le centre de gravité et d’accroître le confort d’utilisation. Pensez à vérifier qu’elle est bien amovible si jamais vous ne disposez pas de prise électrique dans votre lieu de garage ! Et évidemment, contrôlez l’autonomie annoncée : certains n’assurent qu’environ 20 km, quand d’autres flirtent avec les 100 km. Le tout est évidemment assujetti à de nombreux paramètres, tel que le niveau d’assistance utilisé (les VAE proposent généralement de trois à cinq paliers au choix), le poids du cycliste et de son éventuelle charge à transporter, mais aussi la topologie du parcours effectué.

Ces différents éléments ont un coût non négligeable qui peut rapidement faire grimper la facture finale à plusieurs milliers d’euros. Toutefois, en tant que véhicules écologiques, les VAE sont éligibles à une prime à l’achat pouvant grimper jusqu’à 500 euros pour le cas de l’Île-de-France.

25 km/h, pas plus

Vous l’aurez remarqué, les VAE en location (Uber Jump lorsqu’il était encore disponible, Vélib…) n’excèdent pas les 25 km/h. Au-delà de cette vitesse, l’assistance électrique se coupe, et c’est la force musculaire seule qui propulse le vélo – en fonction de la forme de l’utilisateur, il pourra donc dépasser ces 25 km/h. C’est en tout cas la vitesse maximale imposée à l’assistance électrique des vélos en France ; si votre moteur est débridé, vous vous exposez à une amende. Il existe néanmoins des vélos plus rapides entrant dans la catégorie des cyclomoteurs et n’ayant pas droit de cité sur les pistes cyclables. Ils nécessitent alors le port d’un casque homologué ainsi qu’une assurance deux roues.

Écran vélo électrique

© Creative commons

D’autres points sont également encadrés par la loi : le déclenchement de l’assistance électrique doit obligatoirement être activé par le pédalage, la puissance du moteur ne doit pas excéder 250 W et leur batterie doit être recyclable. Le port du casque, enfin, n’est pas obligatoire, quel que soit le type de vélo, pour peu que vous ayez plus de 12 ans. Mais il n’en est pas moins vivement recommandé : pensez-y, d’autant qu’il en existe aujourd’hui de nombreux modèles protégeant à la fois votre tête et votre look.

Laure Renouard

Laure Renouard

Journaliste - Fonctionne aussi hors connexion

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