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Comment choisir son vidéoprojecteur ?

Lorsqu’on souhaite obtenir un très grand écran sans dépenser des milliers d’euros dans un téléviseur, on se tourne naturellement vers les vidéoprojecteurs. Pour un budget plus léger, ils permettent de profiter d’une image à la diagonale impressionnante, mais c’est bien souvent au prix de quelques contraintes techniques. Voici nos quelques pistes pour identifier vos besoins et entrer doucement dans le monde de la vidéoprojection.

projector

© Pixabay

Penser son installation

Avant de commencer à vous pencher sur les spécifications techniques du projecteur, il faut d’abord penser son installation. Où souhaitez-vous installer le vidéoprojecteur ? Quel sera le recul possible ? Sur quelle surface se feront les projections (mur blanc, écran…) ? Le vidéoprojecteur a-t-il vocation à être déplacé d’une pièce à l’autre, ponctuellement ou régulièrement ? Y a-t-il la place suffisante pour un système sonore annexe ou faut-il privilégier de l’audio intégré ?

En plus de son installation, il est essentiel de s’interroger sur l’utilisation qui sera faite du vidéoprojecteur. S’il sert à streamer du contenu en y branchant par exemple un Chromecast ou une clé USB, l’installation ne requiert que peu de place. Mais s’il s’agit d’y associer une console, un système sonore supplémentaire, ou d’y relier un ordinateur pour une présentation, pensez à prévoir la place nécessaire. Attention également aux nombreux branchements.

Une fois votre installation pensée, et en fonction de votre budget évidemment, vous pourrez vous orienter vers des modèles classiques, projetant avec un bon recul, ou vers des modèles à ultra-courte focale.

Quelle définition d’image ?

Le deuxième critère auquel il faut penser, c’est la définition d’image, qui influe en grande partie sur le prix du produit, ainsi que sur l’encombrement. Les petits pico-projecteur ne proposent guère mieux que de la HD 720p (à l’exception de quelques produits comme le Qumi Q8), et l’on privilégiera donc dans ce cas l’encombrement réduit et la portabilité à la qualité d’image.

Aujourd’hui, les “vrais” vidéoprojecteurs – plus volumineux que les picos donc – s’avèrent quasiment tous capables de diffuser des contenus en Full HD (1080p) a minima. C’est également la résolution de la plupart des contenus, que ce soit les jeux vidéo sur les consoles récentes (PlayStation 4, Xbox One…) ou les films et séries sur les plateformes de VOD. Il peut être intéressant de se pencher sur le cas des vidéoprojecteurs 4K puisque ces contenus vont continuer de se démocratiser ces prochaines années. Mais le coût de ces modèles reste pour le moment sensiblement plus élevé. On note toutefois que quelques modèles sont récemment passés sous la barre des 1000 euros.

Luminosité et contraste

La luminosité et le contraste sont souvent les grands arguments marketing mis en avant par les constructeurs, chacun proposant des chiffres toujours plus impressionnants. Encore faut-il qu’ils soient compréhensibles. La luminosité est exprimée en lumens, et se situe généralement entre 1000 et 2500 lumens sur les vidéoprojecteurs home-cinéma. Dans une pièce comme un salon, susceptible de laisser filtrer pas mal de lumière même avec des volets rabattus, on conseille d’opter pour un modèle proposant au moins 1500 lumens. Les pico-projecteurs trouveront ici leur limite. Si votre pièce de diffusion peut proposer une obscurité totale ou presque, un projecteur moins lumineux pourra suffire à votre plaisir visuel.

Concernant le contraste, les marques mettent en avant des taux très variables, ce qui rend difficile la comparaison, et donc le choix sur la base de ce critère. Pour savoir où vous mettez les pieds, les tests produits de la presse spécialisée et les avis d’utilisateurs se montreront très utiles et permettront d’orienter votre choix.

Quelle technologie de projection ?

Pour faire simple, il existe trois grandes technologies de diffusion : DLP, Tri-LCD et Laser. La première, le DLP ou DMD (Digital Light Processing), a été inventée par la société Texas Instrument, et est notamment utilisé par BenQ sur ses vidéoprojecteurs. Le principe : la lumière passe dans une roue chromatique qui contient les couleurs primaires (voire plus) et se trouve renvoyée vers une puce contenant des millions de miroirs. Le DLP produit en général de bons contrastes, offre une bonne reproduction des couleurs, une image nette et une bonne luminosité. Mais le système se montre aussi bruyant et peu créer des effets arc-en-ciel désagréables pour les rétines qui y sont sensibles.

Le Tri-LCD est le grand concurrent du DLP, et s’appuie sur la polarisation de la lumière pour reproduire un affichage numérique. Au contraire du DLP, il n’y a ici pas de risque d’effet arc-en-ciel, mais il est admis que les contrastes y sont généralement moins flatteurs. Le système optique est par contre plus léger et chauffe moins, ce qui permet de créer des produits moins encombrants, et par conséquent plus nomades.

Enfin, la technologie LED fait surtout références aux lampes à LED utilisées. L’avantage réside dans la durée de vie de celle-ci qui est est multiplié par dix par rapport aux lampes UHP (qui contiennent en plus du mercure, à ne pas jeter n’importe où !). Moins grand-public, la technologie LCoS est un peu une combinaison du DLP et du LCD, et peut notamment être rencontrée chez JVC et Sony, chacun lui donnant une appellation qui lui est propre.

Avec ou sans haut-parleur ?

La question du son est assez primordiale. Si les vidéoprojecteurs d’il y a 5-6 ans n’embarquaient encore que rarement un haut-parleur, il s’agit désormais d’une fonction recherchée par les utilisateurs. Ponctuellement, un petit haut-parleur de 10 Watts permettra de profiter d’une série ou d’un jeu vidéo – même si la qualité n’est pas optimale – et surtout de transporter le projecteur sans se soucier de déplacer un système audio complet. La question est donc de savoir si votre équipement a vocation à être nomade, ou si votre installation sera fixe. Précisons que les haut-parleurs embarqués s’améliorent continuellement, à l’image du récent Panasonic My Scene, qui propose tout de même 4 midwoofers et 2 woofers, pour une puissance de sortie maximum de 32 Watts. Uu système audio qui devrait contenter la plupart des utilisateurs, à l’image de celui des Screeneo de Philips.

Néanmoins, même si de tels systèmes devraient convenir à beaucoup d’utilisateurs, la restitution sonore ne parvient pas à égaler celle procurée par un bon système audio. Les amateurs de grand spectacle devraient donc toujours privilégier cette dernière solution.

Le niveau de bruit

De plus en plus puissants, et de plus en plus compacts aussi, les vidéoprojecteurs peuvent vite monter en température durant l’utilisation. Aussi s’équipent-ils de puissants systèmes de ventilation pour évacuer la chaleur, mais le bruit occasionné peut vite devenir gênant. Il diffère néanmoins selon le mode utilisé – standard ou éco – et les fiches techniques des constructeurs le mentionnent généralement. Compris entre 24 et 36 dB, on estime que ce niveau est acceptable. Dans tous les cas, l’idéal est que le vidéoprojecteur soit assez éloigné de vous pour que le bruit qui vous atteint soit atténué. C’est là que les projecteurs à très courte focale, situés au pied d’un mur, trouveront une partie de leur intérêt puisqu’ils permettent d’éloigner la source de bruit.

À ce titre, notez que le besoin de ventilation découle d’une importante chauffe du vidéoprojecteur lors de l’utilisation. Il faudra donc veiller à ne pas l’enfermer dans un meuble où l’aération sera insuffisante.

La connectique

Avoir un vidéoprojecteur qui ne possède pas la connectique adaptée à vos besoins serait dommage. Pensez donc à la vérifier avant de choisir le modèle qui vous plaira. Par exemple, la présence de deux ports HDMI (et au moins un USB) peut permettre de laisser un Chromecast ou équivalent branché en permanence au projecteur, et de pouvoir y connecter un ordinateur ou une console en plus au besoin. Concernant l’audio, des ports RCA, optique ou un HDMI libre vous permettront d’installer un système multicanal, une barre de son, etc. Pour les connexions sans-fil, pensez à vous renseigner sur la présence d’une puce Bluetooth, qui peut se montrer extrêmement pratique pour déporter une installation audio.

De l’importance des fonctionnalités

Afin d’optimiser le rendu vidéo, certains vidéoprojecteurs proposent différents modes d’affichage, tels que Cinema, Sport ou Jeux Vidéo. D’autres permettent aussi de régler la température des couleurs, ce qui permet d’adapter l’image à votre environnement ou vos besoins. Plus important encore, certains vidéoprojecteurs disposent de fonctions de correction automatique de l’image, ou vous invite à le faire depuis la télécommande. Mais tous ne le permettent pas.

La fonction Lens Shift, qui signifie déplacement d’objectif, est une correction qui permet de déplacer l’image, horizontalement ou verticalement. En effet, les vidéoprojecteurs ne diffusent pas une image bien centrée, mais plutôt projetée vers le haut, ou vers le bas. Bien souvent, le Lens Shift proposé correspond donc à un déplacement vertical, mais la correction ne se fait sur guère plus de quelques centimètres.

L’autre fonction importante est la correction trapézoïdale (keystone), proposée sur la plupart des produits. Lorsque le vidéoprojecteur n’est pas placé face à l’écran, cette correction de trapèze permet de redresser numériquement les bords de l’image pour la redresser et l’afficher bien droite. Attention, beaucoup ne la proposent qu’à la verticale et pas à l’horizontal.

Romain Challand

Romain Challand

Journaliste

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