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Comment bien choisir votre trottinette électrique ?

Depuis plusieurs années déjà, les trottinettes électriques s’imposent comme l’un des moyens de locomotion les plus adaptés aux villes grâce à leur grande polyvalence. Mais représentent-elles vraiment la solution miracle ? Décryptage.

Entre les gyroroues, gyropodes, vélos, trottinettes et autres draisiennes électriques, les EDPM (engins de déplacement personnels motorisés) font beaucoup parler d’eux ces derniers temps. Étonnamment, les deux stars de cette catégorie de produit, à savoir les vélos et trottinettes électriques, n’ont pourtant rien de fondamentalement nouveau, puisqu’ils existaient dans le paysage urbain depuis plusieurs décennies déjà. Vous le saviez déjà pour le vélo, mais c’est également vrai pour la trottinette, qui existe depuis le début du 20e siècle.

Les premiers modèles étaient de simples jouets destinés aux enfants, mais leur intérêt pour un public d’adultes en quête de transports simplifiés n’a pas tardé à s’imposer. Rendez-vous compte : une première trottinette à moteur (thermique pour commencer en 1915, électrique dès 1919), signée par l’américain Autoped était déjà commercialisée dans les années 1910 ! Des débuts balbutiants toutefois, le succès peinant à s’imposer aux USA, et la marque cédant l’exploitation de sa licence à Krupp, en Europe, au début des années 1920. Mais c’est au début des années 2000 que la trottinette électrique, telle que nous la connaissons aujourd’hui, se lance à l’assaut des routes et pistes cyclables.

Pousser sa trottinette au pied pour avancer n’est plus désormais qu’un lointain souvenir, ces engins se conduisant comme de véritables mini scooters une fois lancés. Il n’y a alors plus aucun effort à faire, ce que l’on ne peut qu’apprécier lors de trajets avec de petits dénivelés, et bien sûr lorsque l’on souhaite arriver frais et dispos sur son lieu de travail. Autre avantage non négligeable de ce type de véhicule : il est extrêmement simple à manipuler. Si vous avez passé votre enfance à faire de la « patinette » – nom tristement tombé en désuétude au profit de la trottinette -, rien de plus simple, et même si vous n’en avez jamais fait de votre vie, quelques minutes suffiront à la maîtrise de votre nouvelle monture. Cette facilité d’utilisation explique d’ailleurs le succès fulgurant des trottinettes en libre-service dans les grandes villes.

Trottinette électrique

© CC

Il va sans dire que la récente pandémie n’est pas pour rassurer les usagers des transports en commun. Et parmi les alternatives pour des déplacements personnels ou professionnels, la trottinette électrique fait figure de candidat crédible. S’il faut avouer que la trottinette s’accommode mal des sols accidentés, du fait du petit diamètre de ses roues, elle reste un moyen de transport susceptible de convenir à un large public. Elle est plutôt recommandée pour les déplacements en milieu urbain, d’autant qu’elle file bon train avec sa vitesse généralement fixée à 25 km/h, suffisante en ville. Et la panne sèche ne représente pas un problème majeur : les trottinettes, même sans batterie, s’utilisent encore au pied, à l’instar de modèles classiques.

Trottinette électrique

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Enfin, même si vous êtes obligés de fréquenter les transports en commun, la trottinette électrique peut vous faire gagner un temps précieux. En effet, presque toutes s’avèrent pliables et assez facilement transportables dans les métros, trains ou RER, si toutefois vous acceptez de les porter dans des escaliers, leur poids dépassant souvent la dizaine de kilos. Malgré ce point qui peut gêner les moins musclés, la trottinette reste un outil idéal pour se rendre rapidement en gare et pratiquer l’intermodalité.

Le choix, une étape cruciale

Si vous vous décidez pour ce mode de transport, il reste à choisir le modèle qui conviendra le mieux à votre utilisation.

L’autonomie

L’autonomie est bien sûr le premier critère à prendre en compte. Elle se situe généralement entre 20 km et 45, voire 60 km pour les modèles les plus endurants, mais reste variable en fonction de votre poids (les données constructeur prennent en général un poids de référence de 70 kg), de l’éventuel sac à dos que vous transportez et du dénivelé que vous affrontez. Vous pouvez donc envisager sereinement de troquer les transports en commun contre une trottinette si vous habitez une grande ville ou sa proche banlieue. Nous vous conseillons néanmoins dans la mesure du possible d’opter pour un produit qui vous permettra de faire l’aller-retour avec une seule charge, à moins que vous ayez la possibilité de recharger la trottinette sur votre lieu de travail. À ce titre, les batteries au lithium sont d’ailleurs les plus performantes, mais aussi les plus onéreuses. Elles se cachent généralement dans la fourche de l’appareil ou, comme c’est le cas des modèles en free-floating, sous son plancher, mais sont rarement amovibles.

Si votre trajet comporte des montées significatives, il faudra vous pencher sur le couple puissance/voltage. Car si un modèle d’entrée de gamme ne pose pas de problème pour un trajet plat, il risque de rencontrer de grosses difficultés pour les montées, qui non seulement consommeront beaucoup d’énergie, mais causeront des décélérations notables.

Le poids et les dimensions

En cas d’intermodalité, veillez à choisir une trottinette la plus légère possible, car il est probable que vous ayez à la transporter dans des escaliers. Les dimensions ont bien sûr aussi leur importance, et sont d’ailleurs encadrées par la loi désormais : une trottine ne doit pas excéder les 90 cm de large ni les 130 cm de longueur, bien que la plupart des modèles soient plus compacts.

Trottinette électrique

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Les pneus

Si votre trajet comporte des routes ou des pistes cyclables en mauvais état, il vaut mieux choisir des pneus gonflables et de grande taille, certains pneus allant jusqu’à 10 pouces. Plus grandes sont les roues, mieux elles absorbent les chocs – les systèmes de suspension sont rares sur les trottinettes – et plus elles limitent les risques de chutes lors du passage de trottoirs ou de nids de poule. Les pneus pleins ont quant à eux l’avantage de ne pas crever – pensez aux pistes jonchées de morceaux de verre –, mais adhèrent moins à la chaussée : un point à retenir pour la conduite par temps pluvieux notamment.

Les freins

Comme sur tout engin motorisé, les freins revêtent une importance capitale. Ils sont proposés en différents types : certains sont électroniques, d’autres, plus performants, mais aussi plus onéreux, à disques, et l’on trouve sur certains modèles un freinage au pied. Il faut poser le pied sur le garde-boue arrière, ce qui demande à la fois une posture adaptée et de bons réflexes.

Trottinette électrique

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Les protections

Mais dans tous les cas, ne négligez jamais les protections. Le casque n’est pas obligatoire si vous avez plus de 12 ans, mais nous vous recommandons vivement d’en porter un. De même, le port de gants vous évitera des éraflures en cas de chute. Ajoutons également quelques règles de bon sens, comme le fait de rester attentif à son environnement en évitant les casques audio ou la manipulation du smartphone une fois sur la trottinette. Comme sur les vélos d’ailleurs, leur usage est interdit… Pensez à un support pour smartphone si vous avez besoin d’utiliser un système de navigation GPS lors de vos trajets.

Une utilisation encadrée par la loi

Pendant longtemps, un flou juridique a régné autour des engins de déplacement personnels motorisés (EDPM). Mais un cadre clair existe (enfin) depuis l’arrêté du 23 octobre dernier, avec l’entrée des EDPM – et donc de la trottinette électrique – dans le Code de la route. Depuis lors, ces engins sont considérés comme des véhicules, au même titre que les vélos.  Il est interdit de monter à plusieurs dessus, même pour emmener par exemple un enfant à l’école, à défaut de quoi vous vous exposez à une amende de 2e classe (35 euros). Les EDPM n’ont logiquement pas le droit de circuler sur les trottoirs (35 euros également) et doivent obligatoirement emprunter les pistes cyclables, quand elles existent. Et c’est uniquement en l’absence de ces dernières que les EDPM ont le droit de circuler sur la chaussée.

Trottinette électrique

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Quant à la vitesse autorisée, elle est fixée à 25 km/h. Il existe toutefois des modèles capables de rouler à 50, 60 et même 90 km/h ! Ils sont certes livrés avec un bridage logiciel qui les limite à la vitesse réglementaire, mais il est souvent possible de les débloquer simplement en changeant de mode de circulation. Ces produits ne sont normalement autorisés que dans le cadre d’une utilisation sur circuit privé. Mais force est de constater qu’on les croise très souvent sur les routes et les pistes cyclables. Leurs utilisateurs sont évidemment en dehors du cadre réglementaire et s’exposent autant à des amendes (de 135 euros à 1500 euros) qu’à un refus de prise en charge par les assurances en cas d’accident. Vous voilà prévenus. Ajoutons que depuis le 1er juillet 2020, quelques subtilités réglementaires s’ajoutent à cette longue liste : les EDPM ont l’obligation d’être équipés de feux de position avant et arrière, d’un système de freinage et d’un avertisseur sonore. Plus subtil, ils doivent inclure des « dispositifs rétro-réfléchissants », c’est-à-dire des catadioptres sur le côté. En cas de circulation de nuit ou de jour lorsque la visibilité est diminuée, vous vous exposez là encore à 35 euros d’amende si vous n’en disposez pas ou ne portez pas de gilet réfléchissant.

Laure Renouard

Laure Renouard

Journaliste - Fonctionne aussi hors connexion

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