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Nintendo Switch : un an après, où en est-on ?

Cela fait désormais un an que la Nintendo Switch est commercialisée dans le monde entier. Cette première bougie est donc l'occasion pour nous de revenir sur cette première année d'exploitation.

Lors de sa présentation officielle, le 12 janvier 2017, la Switch avait de quoi susciter le scepticisme des aficionados de Nintendo, et plus généralement des fans de jeux vidéo. Il faut dire qu’après la Wii U, les craintes étaient fondées. La liste des inconnues qui accompagnait la console était longue et importante. Hormis The Legend of Zelda: Breath of the Wild, les gros titres devant attirer les joueurs ne se bousculaient pas au portillon pour la sortie de la console, prévue le 3 mars 2017. De même, les 32 Go de mémoire internes de la machine inspiraient la méfiance, là où les PlayStation 4 et Xbox One commencent à 500 Go et montent souvent jusqu’à 1 To.

Nintendo Switch

© Nintendo

Une officialisation dans la douleur

Ce déficit technique manifeste était appliqué à une console à la sortie tardive par rapport aux modèles de Sony et Microsoft. De quoi faire peur quant à l’investissement des éditeurs tiers. Ces derniers ne se sont d’ailleurs pas pressés de manifester leur intérêt envers la nouvelle console de Nintendo. Il faut ajouter que pour le même prix que les PS4 et Xbox One, la Switch proposait en outre un certain nombre de titres déjà sortis sur Wii U. Pas de quoi inviter à la joie en somme.

La présentation de 1-2 Switch en janvier n’a pas été pour rassurer le grand public. Ce dernier se devait d’être le Wii Sports de la Switch : un jeu pour démontrer le potentiel des Joy-Con, la nouvelle vision du motion gaming à la sauce Nintendo. Mais aussi un jeu-concept pour prouver le potentiel ludique de la Switch. Au lieu de cela, 1-2 Switch a joué le rôle du générateur de mauvais memes, voir de repoussoir à curieux qui attendaient de la première présentation de la console un signal rassurant.

1-2 Switch

© Nintendo

Des débuts encourageants

Pourtant, contrairement aux premiers sons de cloches particulièrement pessimistes à l’égard de la machine, le lancement s’est effectué sans le flop escompté. Après trois jours de disponibilité au Japon, la Nintendo Switch s’est vendue plus rapidement que la PlayStation 4 ou la PlayStation Vita sur la même période à leur lancement. Les près de 331 000 exemplaires japonais écoulés ne sont toutefois pas aussi importants que les performances réalisées par la Wii, la 3DS, la DS première du nom, ou encore la Game Boy Advance. Qu’à cela ne tienne, les ventes sont supérieures à celles de la Wii U. Aux États-Unis cependant, la console a réalisé l’un des plus gros lancements. Là-bas, le constat est simple : la Switch est le meilleur démarrage américain pour la firme de Kyoto. Elle est même parvenue à dépasser la Wii. Un véritable un tour de force.

Chez nous, la Switch a fait encore mieux, et s’est écoulée plus que n’importe quelle autre console de salon sur cette tranche de trois jours après le lancement. On enregistrait ainsi 105 000 consoles vendues au 6 mars. Une réussite que l’on peut associer au succès de The Legend of Zelda: Breath of the Wild qui, à date, reste le troisième titre le plus vendu sur Switch. Le jeu assumait le rôle d’unique mastodonte dans le catalogue de la console le jour de sa sortie. Son aspect monde ouvert, un peu sandbox sur les bords, a toutefois réussi à tenir les joueurs en haleine, en attendant la sortie de titres tels que Mario Kart 8 Deluxe, Super Mario Odyssey, Splatoon 2, Xenoblade Chronicles 2 ou encore ARMS.

The Legend of Zelda: Breath of the Wild

© Nintendo

Les indés ont répondu présents

La plupart de ces titres ont remporté un franc succès chez les possesseurs de la Switch, en dépit de l’aspect assez opportuniste que pouvait par exemple représenter le portage du Mario Kart 8 de la Wii U à la Switch. Il faut d’ailleurs noter les faibles ventes engrangées par ces titres sur la précédente console de salon, afin de comprendre leur nouveau succès.

Le mélange entre console portable et de salon que représente la Switch a également généré un engouement tout particulier. Les développeurs indépendants se sont ainsi lancés dans l’aventure et l’on a très vite pu retrouver quelques gros noms de la scène indé : Hollow Knight, Shovel Knight, Thumper ou encore Rime, pour ne citer qu’eux, ont ouvert la marche, rapidement suivis par d’autres solides représentants du milieu. On parle plus récemment de jeux comme Darkest Dungeon, Furi ou encore Celeste, et qui font le bonheur des amateurs de jeux vidéo.

L’aspect portable de la console permet de profiter de ses jeux, indé comme AAA, partout, sans aucune autre restriction que la batterie. Un argument-choc pour ceux qui souhaiteraient plus d’accessibilité en bénéficiant d’un catalogue large et varié : jouer dans les transports, mais aussi dans son lit sans avoir besoin d’un téléviseur, par exemple. Côté éditeurs tiers, s’ils ne sont pas encore tous des soutiens inconditionnels de Nintendo, certains se sont déjà bien investis auprès de la Switch. En tête, le Français Ubisoft. En marge de Rayman Legends ou de Just Dance, c’est un titre exclusif qui est venu garnir le catalogue de la console avec Mario + The Lapins Crétins: Kingdom Battle. Il a d’ailleurs su convaincre tant les joueurs que les critiques. Bethesda a également répondu présent en proposant deux poids lourds : Skyrim et Doom.

Mario + Les Lapins Crétins Kingdom Battle

© Nintendo

2K est quant à lui arrivé avec le dernier NBA 2K18 et L.A. Noire. Mettant au passage en exergue « quelques soucis de stockage« . Comprenez par là que seule une partie des jeux est présente sur la cartouche, l’autre partie devant être téléchargée séparément. Et chez EA, une mouture de FIFA 18 s’est également disponible, bien qu’elle ne soit pas plus convaincante que les versions PS4 et Xbox One.

Des chiffres excellents

Malgré un catalogue de titres AAA pas forcément aussi important que celui de la concurrence, la Switch reste un succès considérable pour Nintendo. Les chiffres, après les fêtes de fin d’année 2017, le prouvent aisément. En dix mois, la console est devenue l’appareil le plus rapidement écoulé sur les territoires américain et français. Aux dernières nouvelles – en attendant la fin du trimestre fiscal de Nintendo – ce ne sont pas moins de 14,86 millions de Switch qui ont trouvé preneurs dans le monde entier.

En 9 mois (de mars 2017 au 31 décembre de la même année), Nintendo a réalisé un chiffre d’affaires de 6,33 milliards d’euros grâce à ces bonnes performances, soit une augmentation de 175 % par rapport à la même période l’année précédente. Et du côté des jeux, le podium des trois titres les plus distribués dans le monde revient à Super Mario Odyssey en première position (9,07 millions de copies), suivi de Mario Kart 8 Deluxe (7,33 millions de copies) et The Legend of Zelda: Breath of the Wild (6,7 millions d’exemplaires). De véritables arguments de vente pour cette première année, que l’on ne retrouve toutefois pas encore pour l’année à venir. Du moins pour le moment.

Super Mario Odyssey

© Nintendo

Des perspectives encore un peu floues

La dernière surprise concoctée par Nintendo est sans conteste le Nintendo Labo, ces accessoires en carton à monter soi-même pour créer de véritables périphériques de jeu. Un virage stratégique qui cible un public plus jeune, et qui intrigue fortement en se présentant comme une nouvelle façon de jouer. Une initiative dont on ignore son succès futur, mais qui devrait être poursuivie. Le Wall Street Journal indiquait en effet fin février qu’il n’y aurait probablement pas de mise à jour technologique de la console – contrairement aux PS4 et Xbox. Au contraire, Nintendo devrait se concentrer sur de nouveaux périphériques de jeux, si l’on se fie aux sources du média anglophone. Des éléments qui seront très probablement confirmés dans les mois à venir.

Car après une première année canon avec des titres majeurs, Nintendo doit rassurer pour la seconde année. Et les gros jeux capables de poursuivre cette dynamique ne sont pas encore totalement précisés. On sait par exemple qu’un Pokémon est en préparation, mais on ignore encore tout de sa nature et de sa fenêtre de sortie. Même chose pour Metroid Prime 4 et Bayonetta 3. Shin Megami Tensei V, de son côté, compose en plus avec un public de fans beaucoup plus confidentiel. Dark Souls Remastered, prévu le 25 mai prochain, offrira un peu de réchauffé pour faire patienter les joueurs. On pourra toutefois compter sur les indépendants pour garnir toujours plus l’eShop de la machine. Le succès de la Switch s’avère donc indéniable pour cette première année, au-delà des espérances des joueurs, de l’industrie et sans doute même de Nintendo. L’E3 prochain risque d’être mouvementé et pourrait confirmer la bonne dynamique entamée par Nintendo.

À consulter également : Nintendo Switch : les meilleurs jeux de la première année

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