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Téléviseurs : OLED vs LCD, quelle est la différence ?

Les téléviseurs OLED récoltent généralement, à nos tests Labo, d’excellentes notes, et voient leur prix régulièrement baisser. Avec leur positionnement résolument haut de gamme, ils peuvent être perçus comme des incontournables pour qui souhaite s’équiper d’un écran de qualité. Mais les téléviseurs dotés de dalles LCD, quoique souvent - mais pas toujours - plus abordables, ne sont pas en reste, et parviennent bien souvent à séduire, multipliant au passage les innovations. Le LCD peut-il rivaliser avec l’OLED ? Décryptage dans les lignes qui suivent.

Depuis 2014, les fabricants de téléviseurs ont abandonné la technologie plasma, considérée au début des années 2000 comme la référence en matière d’affichage. Le LCD, porté par les écrans plats remplaçant les tubes cathodiques encore en vogue jusqu’à la fin des années 1990, avait alors le champ libre pour se développer. Mais c’était sans compter sur l’OLED, inventé dès 1987 et prêt à se décliner sous la forme de (très) grands écrans depuis le milieu de cette dernière décennie. Dès 2015, LG assurait son intention de remplacer les écrans LCD par des dalles OLED dans les salons des téléspectateurs. Pour eux justement, difficile de s’y retrouver, d’autant que le jargon des fabricants, mêlant notions techniques et appellations marketing, leur complique la tâche.

TV

© Creative commons

LCD, LED, OLED : de quoi s’agit-il ?

Premier à se faire entendre, le LCD désigne ces fameux écrans à cristaux liquides que l’on trouve partout depuis plus de vingt ans, des consoles GameBoy aux calculatrices. La technologie fonctionne sur le principe de la polarisation. Chaque pixel pour les écrans monochromes, et chaque sous-pixel pour les dalles couleurs, modifie la polarisation de la lumière en fonction de la couleur à afficher grâce à ses transistors. On parle d’ailleurs d’éclairage transmissif, puisque le LCD transmet la lumière. Cette dernière est issue de son rétroéclairage, qui a depuis longtemps abandonné les tubes néon encombrants au profit de diodes… mieux connues sous le nom de LED. C’est donc par abus de langage que l’on distingue les écrans LCD et LED, les seconds représentant une sous-catégorie des premiers. Les diodes peuvent être agencées différemment derrière la dalle LCD : elles sont situées soit autour de l’écran (Edge LED), soit le recouvrent entièrement. On parle alors de Full LED, dont l’éclairage peut être modulé par zones précises via des systèmes baptisés Local Dimming.

Philips OLED+ 903

Le Philips OLED903 © Philips

Plus jeune, l’OLED représente une catégorie à part. L’acronyme, qui désigne les diodes électroluminescentes organiques (Organic Light-Emitting Diode), est tout jeune, puisque la technologie n’a été brevetée qu’en 1987, et a attendu une dizaine d’années avant de connaître ses premières applications commerciales. Sa spécificité tient à ce que l’OLED émet sa propre lumière. Plus fines puisqu’elles ne nécessitent pas de rétroéclairage, ces dalles ne simulent pas le noir en faisant la synthèse de sous-pixels rouges, verts et bleus : elles éteignent les pixels concernés individuellement. La technologie est d’ailleurs celle que l’on retrouve sur les smartphones depuis le Galaxy S de Samsung qui, en 2010, arborait un écran AMOLED de 4 pouces. À coups de perfectionnements industriels, les fabricants peuvent désormais proposer des diagonales dépassant de loin les 27 pouces du prototype présenté par Sony à Las Vegas, lors des CES 2007 et 2008 et les 11 pouces de son XEL-1 vendu la même année.

Sony XEL-1

© Sony

Pourquoi pense-t-on l’OLED meilleur que les autres ?

Les avantages de L’OLED sont multiples, et sont notamment dus à sa capacité à “éteindre” ses pixels. On évoque un contraste infini, en raison de ce noir parfait, puisqu’il n’est pas généré par combinaison de sous-pixels. Les mesures Labo le confirment : nous avons, par exemple, mesuré le rapport du blanc sur le noir à 52 000 dans l’axe sur le récent LG OLED 55E8. Un score sans commune mesure avec ceux des écrans LED. Les avantages de l’OLED ne s’arrêtent pas là. La colorimétrie est théoriquement un peu meilleure, et la lumière et plus diffuse, ce qui offre de plus larges angles de vision (c’est-à-dire une directivité moindre). À cela s’ajoute la finesse des dalles, qui permettent non seulement de proposer des téléviseurs plus minces, mais aussi d’espérer bénéficier, un jour, d’écrans flexibles, voire enroulables, à l’image du modèle présenté en début d’année par LG. On notera sur ce point que depuis janvier 2018, LG n’a donné aucune nouvelle de son prototype, qu’il n’a d’ailleurs pas exposé à l’IFA au mois de septembre suivant. Les smartphones à écran pliable semblent ainsi davantage intéresser les fabricants.

OLED LG de 65 pouces qui s'enroule

Le téléviseur enroulable de LG © LG

Quoi qu’il en soit, la durée de vie des écrans OLED, inquiétante il y a encore cinq ans à ses débuts, ne semble plus être réellement un problème. LG annonçait ainsi il y a deux ans que ses dalles pouvaient fonctionner jusqu’à 100 000 heures, soit 30 ans à raison de 10 heures d’allumage par jour. En 2013, il était question de 36 000 heures d’utilisation. LG, dont les dernières déclarations à ce sujet datent d’une interview accordée en 2016 au Korea Times par Lee Byung-chul, le vice-président en charge de la division téléviseurs de LG, reste aujourd’hui discret à ce sujet. La marque coréenne évoque essentiellement les efforts qu’elle a déployés pour éviter les effets d’images brûlées dus à l’affichage prolongé d’éléments ne variant pas, tels les logos de chaînes télévisées. On note également une consommation énergétique moindre, absence de rétro-éclairage oblige.

QLED, micro-LED : quel est le potentiel des ces nouvelles technologies ?

L’OLED est certes truffé de qualités, mais n’en reste pas moins une technologie onéreuse – qui tend toutefois à se démocratiser. De son côté, le LCD, grâce à son système de rétroéclairage, compte pour lui un avantage de taille : il peine moins à proposer une luminosité élevée. Et surtout, il bénéficie de nettes améliorations technologiques qui lui permettent de se poser en véritable concurrent à l’OLED. À commencer par les dalles QLED qui se démocratisent largement, poussées par Samsung. Elles comptent ainsi des Quantum Dots (le Q de QLED), c’est-à-dire des nano-particules qui émettent leur propre couleur. Combinés aux LED traditionnelles, ils permettent à ces écrans d’offrir une palette plus large de couleurs, de promettre davantage de luminosité que l’OLED tout en consommant moins d’énergie que des écrans LED standard. Et dans les faits, les modèles haut de gamme n’ont pas à rougir : un QE55Q7FN de Samsung, par exemple, affiche une richesse de couleurs similaire à celle d’un 55E8 de LG, avec une dérive d’ailleurs légèrement moins marquée. Initiées par le géant coréen, les dalles QLED sont concurrencées par leurs compatriotes signées LG, sous le nom de Nano-Cell.

Samsung QE55Q7FN

Le Samsung Q7FN. © Samsung

Les dalles OLED sont limitées en termes de formats, d’autant que l’absence de rétro-éclairage en fait des modèles fins, mais aussi fragiles et délicats à déplacer. À ce jour, leur diagonale n’excède pas les 77 pouces, mais cela est appelé à changer : LG a annoncé au CES de janvier 2018, puis montré à nouveau à l’IFA de septembre son futur écran 8K. Il s’agit bel et bien d’une dalle OLED à la diagonale de 88 pouce qui représente, selon la marque, la limite actuelle de la technologie… Mais pour l’heure, la marque n’a pas précisé de date de lancement pour son modèle.

the wall samsung

The Wall, l’écran de 146 pouces de Samsung © Samsung

Cette restriction en termes de format ne tient pas dans l’univers du LED, notamment grâce aux débuts du MicroLED, annoncé début 2018 par Samsung. Ici, plus question de rétro-éclairage : les LED sont auto-émissives, comme dans l’OLED, mais ne sont pas issues de composés organiques. Les bénéfices sont donc similaires, mais la technologie n’en est qu’à ses débuts. “Les minuscules LED (μm) émettent elles-mêmes de la lumière et sont beaucoup plus petites que les LED actuelles. La technologie MicroLED fait en sorte que l’écran n’a pas besoin de filtre de couleur ou de rétroéclairage pour offrir une expérience de visionnage immersive. Les MicroLED ont également une durée de vie plus longue et sont plus efficaces en raison de leur luminosité plus élevée. Cette technologie établit la norme pour les écrans du futur”, assurait le Coréen en janvier dernier. Pour l’heure, elle est réservée à The Wall, un immense téléviseur 4K de 146 pouces au format modulaire. Composé de “briques” d’une dizaine de centimètres de côté, il permettra de créer des formats personnalisés et de ne remplacer qu’un module en cas de pixel défectueux. Un produit très onéreux, mais qui promet des performances de haute volée, malgré quelques limitations. Cantonné encore à l’Ultra HD (3840 x 2160 pixels) malgré sa très large diagonale, il est réservé au marché professionnel auprès duquel il est disponible depuis la fin de l’été. Il se murmure en revanche que Samsung planche au lancement d’un modèle de 75 pouces MicroLED dont la sortie pourrait intervenir dès 2019. Pendant ce temps, LG prépare sa réponse lui aussi : il a montré à l’IFA de Berlin un prototype d’écran micro-LED de 173 pouces, mais sur lequel les détails manquent encore à l’appel, des caractéristiques au calendrier de sortie.

Au-delà des dalles

OLED et QLED ont chacun nombre d’avantages et l’écart entre les deux technologies tend à disparaître. Même du côté des téléviseurs LED, les modèles haut de gamme rivalisent largement avec les technologies concurrentes, produisant des résultats plus que convaincants à des tarifs plus abordables : en témoignent les cas de modèles récemment testés en Labo, tel le Sony KD-759005 ou Samsung The Frame 65LS03.

Samsung The Frame UE55LS003

L’UE55LS003, alias The Frame © Samsung

L’enjeu n’en est pas moins crucial pour deux des acteurs majeurs du monde des écrans : LG et Samsung. Le premier des frères ennemis coréens règne en maître sur le segment des écrans OLED. LG Display livre ainsi Panasonic, Sony, Loewe ou encore Philips. Samsung, lui, mise tout sur la norme QLED. Pour mieux afficher ses ambitions frontales, il a d’ailleurs renommé son SUHD disponible depuis 2015 en QLED. Et de fonder, au printemps 2017, la QLED Alliance avec Hisense et TCL. Peu de modèles en ont pour l’heure résulté, hormis les Xess de TCL. De quoi contrer l’OLED ? Si les dernières générations de QLED ont les armes pour lutter contre les dalles de LG, même chez les constructeurs, le choix est cornélien. HiSense a ainsi annoncé, à la fin de l’été, son intention de lancer une série A8000 dotée de dalles OLED signées LG Display…

Autant dire que pour se démarquer, du moins sur le segment haut de gamme où OLED et LED/QLED tendent à offrir une qualité d’image de plus en plus comparable, c’est sur d’autres éléments que les fabricants cherchent aujourd’hui à se distinguer. Course à la 8K, travaux sur les écrans flexibles, améliorations audio (partenariat avec Bowers & Wilkins pour Philips, Acoustic Surface pour Sony…), accroches murales permettant de faire “disparaître” les TV des salons : pour séduire, la qualité d’affichage n’est plus l’unique critère à prendre en compte.

Laure Renouard

Laure Renouard

Journaliste - Fonctionne aussi hors connexion

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