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Stadia : tout ce que vous devez savoir sur la plateforme cloud gaming de Google

L’univers du jeu vidéo s’apprête à entrer dans une nouvelle ère, celle du cloud gaming. Avec son projet Stadia, Google veut bousculer ce marché et se faire une place aux côtés des géants (Microsoft, Nintendo et Sony). Un pari audacieux pour une firme qui assure que le futur du jeu vidéo n’est pas dans une console. Prêt à en savoir plus ?

Officialisé en mars dernier, le projet Stadia a pris un nouveau tournant début juin 2019. La firme de Mountain View a profité de son premier Stadia Connect – juste avant l’E3 – pour détailler son service de jeu vidéo en streaming. L’événement du 6 juin était aussi l’occasion pour Google de confirmer son arrivée dans la bataille du cloud gaming. Présenté comme l’avenir du jeu vidéo, le « jeu vidéo dans le nuage » pourrait tuer les consoles de jeux vidéo, dont la neuvième génération est attendue pour 2020.

Google Stadia

© Google

De Microsoft à Sony en passant par Nintendo, tous les acteurs majeurs du secteur s’intéressent au cloud gaming. Certains, comme Nvidia ou le français Shadow, en ont fait leur spécialité et ils seront bientôt rejoints par Google. Depuis quelques années, l’arrivée du géant américain dans l’univers du jeu vidéo est évoquée. D’abord connu sous le nom de code Project Yeti puis Project Stream, le projet de Google a finalement été confirmé en début d’année sous le nom de Stadia.

Incontournable sur le web avec ses nombreux services, Google arrive en terrain inconnu sur le marché du jeu vidéo, mais pas sans ambition. Sur un secteur qui devrait générer plus de 135 milliards d’euros en 2019, la firme californienne fait le pari de l’avenir : celui du jeu en streaming.

Google Stadia dossier

© Google

Qu’est-ce que le cloud gaming ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet de s’intéresser à Stadia, il convient de faire un point sur son fonctionnement. Le projet de Google a pour ambition d’offrir une « nouvelle façon de jouer » et s’appuie pour cela sur le cloud gaming. Aussi appelé jeu à la demande ou jeu en nuage, il repose sur une technologie similaire à celle de la vidéo à la demande et doit permettre de jouer à des jeux de manière instantanée depuis n’importe quel type d’écran. Il peut s’agir d’un ordinateur de bureau, d’un PC portable, d’un téléviseur, d’une tablette ou d’un smartphone. Pour cette raison, les services de streaming de jeux vidéo sont parfois présentés comme des « Netflix du jeu vidéo », même s’il est aujourd’hui difficile de retrouver une proposition similaire. Il faut néanmoins s’attendre à voir la méthode Netflix s’appliquer dans ce secteur dans les années à venir.

Google Stadia dossier

Le cloud gaming va-t-il tuer les consoles de jeux vidéo ? © Google

L’objectif est de permettre aux utilisateurs de jouer à tout moment et n’importe où, en streaming, sans avoir besoin de posséder physiquement son jeu vidéo. Ici, tout se passe sur des serveurs qui vont se charger de faire tourner les jeux vidéo et de renvoyer l’image. Tout nouveau dans le domaine du jeu vidéo, Google pourra s’appuyer sur le savoir-faire de sa division cloud (Google Cloud) qui nourrit de grandes ambitions. Elle entend rattraper son retard sur ses concurrents Amazon (AWS) et Microsoft (Azure) et dispose de moyens importants pour son infrastructure.

Espéré depuis plusieurs années, le jeu en streaming a dû attendre l’arrivée des connexions haut débit – voire très haut débit – avant de pouvoir émerger. À horizon 2020, la généralisation de la fibre optique et l’arrivée de la 5G vont accélérer son développement.

Qu’est-ce que Stadia ?

Stadia est le nom donné par Google à son service de jeu vidéo en streaming. Il doit permettre de jouer à des titres sur pratiquement tous les appareils en un clic grâce à la technologie de streaming. Toutefois, il faut disposer d’une connexion suffisamment performante – rapide et stable – pour en profiter. Google Stadia se rapproche ainsi de solutions comme GeForce Now de Nvidia ou Shadow* et veut « faire disparaître les limites inhérentes aux consoles de jeux et PC traditionnels ».

Google Stadia

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Sur le plan technique, Google s’est associé à AMD pour sa plateforme. Ce dernier proposera un GPU « custom » avec 56 unités de calcul et une puissance graphique de 10,7 téraflops. On retrouve également un processeur x86 cadencé à 2,7 GHz ainsi que 16 Go de RAM (jusqu’à 484 Go/s de bande passante) tandis que le stockage se fait naturellement dans le cloud de Google. Cette puissance de calcul permettre au maximum de jouer jusqu’à 4K à 60 images par secondes en HDR et son surround, en attendant l’arrivée de la 8K à 120 images par seconde.

*Si Stadia et Shadow présentent des similitudes, le projet de Google se concentre uniquement sur la possibilité de jouer en streaming (cloud gaming) alors que Shadow propose d’accéder à un ordinateur complet (cloud computing). L’approche est donc différente, même si la startup française et le géant américain ont une cible en commun : les gamers. Voir : Stadia : Shadow doit-il craindre la plateforme cloud gaming de Google ?

Quels sont les prérequis pour faire tourner Stadia ?

Pour Google, le futur du jeu vidéo n’est pas dans une console. Stadia n’aura donc pas besoin d’une machine de salon ou portable pour être utilisé, mais uniquement d’un « écran ». Ainsi, un smartphone, une tablette, un ordinateur ou un téléviseur pourront faire l’affaire.

Il est donc probable que vous possédiez déjà au moins un appareil compatible. Néanmoins, un « écran » ne sera pas suffisant pour profiter de la plateforme à son lancement. Il faudra disposer d’un Chromecast Ultra (pour la 4K) pour jouer sur un téléviseur, tandis que Stadia sera d’abord uniquement compatible avec les Pixel 3 et 3a (3a, 3a XL, 3, 3 XL). Google précise que son service fonctionnera par la suite sur « d’autres appareils » et qu’il sera en revanche possible de gérer ses contenus et d’acheter des jeux depuis n’importe quel appareil iOS 11 ou Android (Marshmallow ou version ultérieure) capable de lancer l’application Stadia.

Google Stadia dossier

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Côté PC, il faudra disposer du navigateur Chrome. Enfin, le géant américain va proposer une manette dédiée à son service, mais il assure qu’il sera possible d’utiliser différents types de manettes courantes pour jouer en mode filaire via un câble USB dans Chrome ou sur mobile. Seule condition : que la manette soit conforme HID. En revanche, il sera nécessaire d’opter pour la manette Stadia (en plus du Chromecast Ultra) pour jouer sur un téléviseur.

Enfin, une connexion performante sera l’élément déterminant pour lancer Stadia.

Quel débit pour utiliser Stadia ?

La firme de Mountain View assure qu’il sera possible de jouer sur Stadia avec une connexion de 10 Mbit/s au minimum (720p) et qu’il faudra disposer d’une connexion à 35 Mbit/s pour de la 4K HDR à 60 images par secondes. À l’avenir, Google permettra de jouer en streaming en 8K à 120 images par secondes, ce qui nécessitera une connexion Internet encore plus rapide.

Il est possible de tester sa connexion ici.

Google Stadia dossier

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Les jeux disponibles au lancement de Google Stadia

Google a dévoilé le 6 juin 2019 une première liste d’une trentaine de jeux qui seront disponibles dès le lancement de Stadia. Voici les titres annoncés :
– Assassin’s Creed Odyssey
– Baldur’s Gate 3
– Borderlands 3
– Darksiders Genesis
– Destiny 2
– DOOM
– DOOM Eternal
– Dragon Ball Xenoverse 2
– Farming Simulator 19
– Final Fantasy XV
– Football Manager
– Get Packed
– GRID
– GYLT
– Just Dance
– Metro Exodus
– Mortal Kombat 11
– NBA 2K
– Rage 2
– Rise of the Tomb Raider
– Samurai Shodown
– Shadow of the Tomb Raider
– The Crew 2
– The Elder Scrolls Online
– Thumper
– Tomb Raider Definitive Edition
– Tom Clancy’s Ghost Recon Breakpoint
– Tom Clancy’s The Division 2
– Trials Rising
– Wolfenstein: Youngblood

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Le géant américain précise que d’autres titres viendront « bientôt » s’ajouter à la liste. Capcom, Electronic Arts et Rockstar dévoileront prochainement les titres qu’ils proposeront sur Stadia. Des éditeurs pourront également proposer leurs propres abonnements sur la plateforme. Si le nom d’Electronic Arts circule (avec l’abonnement EA Access), Ubisoft est le premier à se rapprocher du service de Google. La société française a annoncé qu’elle proposerait son abonnement Uplay+ sur Stadia en 2020, au prix de 14,99 euros par mois.

Combien ça coûte ? Deux formules d’abonnement et un pack Founder’s Edition

Google proposera deux formules d’abonnement pour son service : Stadia Pro et Stadia Base.

 Stadia ProStadia Base
DisponibilitéFait partie de la Founder's EditionDisponible l'année prochaine
Prix9,99 euros par mois
Trois mois inclus dans la Founder's Edition
Gratuit
RésolutionJusqu'à 4KJusqu'à 1080p
Fréquences d'images60 images par seconde60 images par seconde
SonSon surround 5.1Stéréo
Achat de jeux à tout momentOuiOui
Jeux supplémentaires gratuitsOui (régulièrement).
Destiny 2 sera le premier titre proposé
Non
Remises exclusivesOui, remises exclusives Stadia Pro sur certains achats de jeuxNon

Stadia Pro est l’offre de référence pour profiter de l’expérience de jeu imaginé par Google. Pour 9,99 euros par mois, elle permettra de jouer jusqu’à 4K HDR à 60 images par seconde avec son surround 5.1 et d’accéder à une bibliothèque de jeux gratuits. Il sera également possible de profiter de réductions exclusives sur les jeux proposés par le service. Le titre Destiny 2 sera à l’honneur lors du lancement, avec la possibilité de profiter du jeu de base, toutes les extensions antérieures, la nouvelle extension Shadownkeep et le pass annuel. Les joueurs pourront importer leur gardien à partir d’autres plateformes (PC et Xbox pour le moment). Enfin, Stadia Pro comprend également tous les avantages de l’accès Stadia Base.

Google Stadia dossier

Stadia Base est la version gratuite du service. Elle sera disponible l’année prochaine et permettra de jouer jusqu’en 1080p à 60 images par seconde avec son stéréo, d’acheter et conserver les jeux de son choix.

Google a également décidé de proposer la Founder’s Edition qu’il présente comme « la meilleure façon de jouer dès le lancement ». Cette formule comprend :
– une manette Stadia Bleu Nuit en édition limitée
– un Chromecast Ultra
– un abonnement de trois mois à Stadia Pro
– la réservation prioritaire de son Nom Stadia
– un Buddy Pass de trois mois à offrir à un ami

La Founder’s Edition est déjà disponible en précommande au prix de 129 euros. À noter que la manette seule est également disponible en précommande au tarif de 69 euros. Elle est déclinée en trois coloris (blanc, noir et wasabi), mais son intérêt est plus que limité. En effet, Google indique que « vous ne pourrez pas jouer immédiatement à Stadia si vous vous contentez d’acheter une manette Stadia. Achetez la manette Stadia seule uniquement si vous avez déjà accès à Stadia via la Founder’s Edition et que vous avez besoin d’une deuxième manette, ou si vous y avez accès via un Buddy Pass et que vous voulez utiliser la manette Stadia ».
Dans les faits, il faudra donc attendre la sortie du service avant d’acheter la manette éponyme. Rappelons également qu’il sera possible de jouer avec une manette Dualshock de Sony, Xbox de Microsoft ou Switch de Nintendo (sauf via Chromecast).

© Google

Où et quand Stadia sera-t-il disponible ?

La plateforme de Google sera disponible dès le mois de novembre dans quatorze pays, dont la France. La francophonie sera également représentée par la Belgique et le Canada tandis que « d’autres pays suivront en 2020 », indique Google.

À son lancement, Stadia sera disponible dans les 14 pays suivants :

– Allemagne
– Belgique
– Canada
– Danemark
– Espagne
– États-Unis
– Finlande
– France
– Irlande
– Italie
– Norvège
– Pays-Bas
– Royaume-Uni
– Suède

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