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Mini-LED : zoom sur la technologie d’écran de l’année 2021

Le Mini-LED marque le retour en force du LCD et s’annonce comme la tendance de 2021. Présent chez les principaux acteurs du marché, il promet un tournant pour les téléviseurs LCD, et pas seulement. Faisons le point sur cette technologie ambitieuse, mais pas tout à fait nouvelle.

TCL Mini-LED

© Capture d’écran/TCL

Depuis quelques années, deux technologies d’affichage s’affrontent sur le marché des téléviseurs à écran plat. Face au LCD, le plasma a d’abord impressionné avec ses grandes dalles et sa qualité d’image, mais il n’a pas pu suivre la montée en définition et s’est révélé gourmand en énergie. La technologie OLED a alors fait son apparition et s’est très vite imposée comme son successeur naturel. Le LCD n’est pas en reste et après avoir remplacé les téléviseurs à tube cathodique, il a régulièrement évolué au cours des deux dernières décennies, gagnant notamment un système de rétro-éclairage à LED. L’arrivée des LED a permis de remplacer avantageusement les tubes qui étaient utilisés jusqu’alors.

Téléviseurs : OLED vs LCD, quelle est la différence ?

Ce changement de technologie, présenté en 2009, a offert de nombreux avantages : rétroéclairage plus homogène, consommation d’énergie fortement réduite, plus de solidité et la possibilité d’améliorer le design des TV (finesse, poids…). Ce court retour en arrière sur l’histoire des téléviseurs LCD est essentiel pour aborder la nouveauté de 2021 : le Mini-LED.

Mini-LED : comment ça marche ?

Bousculé depuis plusieurs années par l’avènement de l’OLED, le LCD veut prendre sa revanche et le dernier CES de Las Vegas a été l’occasion pour les fabricants de présenter des téléviseurs Mini-LED. Déjà présent sur le marché du Mini-LED depuis l’an dernier, TCL mise beaucoup sur cette technologie et a présenté sa deuxième génération d’écrans estampillée OD Zero. Le Mini-LED a également fait son apparition chez Samsung avec sa gamme Neo QLED pour compléter les QLED (à ne pas confondre avec le QD-OLED) ou encore LG avec ses téléviseurs QNED. Derrière ces appellations différentes se cachent en réalité une même technologie d’affichage, ou plutôt un nouveau système de rétroéclairage constitué de mini-LED.

TCL Mini-LED

© TCL

Depuis son avènement aux débuts des années 2000, le LCD ne cesse de surprendre par sa longévité et sa capacité à évoluer. Après le passage des tubes au rétroéclairage LED, la technologie a évolué avec l’arrivée du QLED chez Samsung. Conçu pour se positionner en véritable concurrent face à l’OLED, il s’appuie sur un filtre Quantum Dot pensé pour corriger certaines faiblesses du LCD. Il n’empêche que les dalles QLED de Samsung s’appuient encore et toujours sur la technologie LCD avec rétroéclairage LED, tout comme les téléviseurs NanoCell de LG. Notons également que les techniques de rétroéclairage ont évolué, avec d’un côté le Duel Edge-LED où les diodes sont réparties en deux bandes de chaque côté du téléviseur. De l’autre, le Full LED se démarque avec la présence de plusieurs centaines de LED qui couvrent toutes la surface arrière du téléviseur. Ce dernier mode est plus coûteux, mais il permet de proposer une meilleure luminosité et davantage d’homogénéité.

Structure TV LCD

© flatpanelshd.com

Avec le Mini-LED, la technologie LCD ouvre un nouveau chapitre et confirme qu’elle n’a pas dit son dernier mot.

Quels sont les avantages du Mini-LED ?

Annonce majeure sur le marché des téléviseurs en 2021, le Mini-LED n’est pourtant pas une nouvelle technologie d’affichage. Il se définit comme un nouveau système de rétroéclairage et est donc une évolution de la technologie LED existante. Point de révolution donc avec le Mini-LED, qui repose toujours sur la technologie d’affichage LCD, avec la présence d’un système de rétroéclairage par diodes électroluminescentes. Le Mini-LED se distingue toutefois par sa petite taille, comme son nom l’indique, pour se démarquer : Samsung évoque une taille quarante fois plus petite que celle des LED standard. La miniaturisation des LED permet en effet de multiplier leur nombre sur un panneau et de couvrir plus de zones (local dimming). Sur ses téléviseurs QNED les plus haut de gamme (8K), LG évoque la présence de près de 30 000 mini-LED gérées sur près de 2500 zones de rétroéclairage. À titre de comparaison, le Full LED se contente de centaines de LED à l’arrière du téléviseur.

À noter que l’explosion du nombre de LED ne vient pas faire grimper la consommation électrique, car les mini-LED, plus petites, consomment également moins que les LED classiques.

Les avantages

Le fait de multiplier le nombre de LED a un impact non négligeable sur le niveau de luminosité et le contraste. Le Mini-LED va plus loin que son prédécesseur et promet donc d’améliorer la qualité d’image, dont la profondeur des noirs, pour mieux rivaliser avec l’OLED. Cette technologie est à juste titre considérée comme une référence en la matière grâce à la faculté de ses pixels à s’éteindre complètement. Le Mini-LED, de par sa nature héritée du LCD, n’a pas la même approche, mais la multiplication des LED doit lui permettre de concurrencer l’OLED et de diminuer l’effet de blooming (halo lumineux autour des objets clairs sur fond noir), comme la lune dans un film ou l’affichage des sous-titres.

Le Mini-LED réduit également la distance entre les différents panneaux d’un écran, permettant de proposer des téléviseurs toujours plus fins. Cet avantage est déjà mis en avant par les fabricants.

LG Mini-LED

LG vante les atouts de la technologie Mini-LED © Capture d’écran/LG

Enfin, les coûts de production des écrans Mini-LED ont convaincu les constructeurs de miser sur cette technologie. Contrairement au Micro-LED, présenté comme la prochaine révolution en matière d’afficheurs, le Mini-LED n’est pas complexe à produire et marche dans les pas des LCD actuels.

Les limites

Séduisante, la technologie Mini-LED est plus une évolution qu’une révolution, et hérite à ce titre des atouts et défauts de la technologie LCD. En plus de sa durée de vie, elle peut séduire par son faible coût de fabrication. En revanche, elle conserve des angles de vision réduits et les améliorations attendues pourront dépendre de son intégration par les constructeurs. Le Mini-LED vient en effet compléter d’autres solutions proposées par chaque fabricant.

Concernant coût de production, il est aujourd’hui relatif, car les mini-LED coûtent un prix similaire à celui des LED classiques. Néanmoins, ces modèles sont positionnés sur le segment premium, et les premiers modèles par les constructeurs ne seront pas accessibles à toutes les bourses. Samsung vient ainsi de dévoiler les prix de ses TV 2021 et il faudra compter au moins 1799 euros pour un Neo QLED 4K (QN85 en 55 pouces) ou 5999 euros pour le QN900A en 8K. Habitué à casser les prix et fort de son expérience dans le domaine, TCL pourrait prochainement lancer des modèles plus abordables.

Mini-LED ou Micro-LED ?

Ne vous fiez pas aux apparences et à leurs noms, le Mini-LED et le Micro-LED sont deux technologies différentes. Le premier est un procédé d’éclairage innovant que nous présentons dans ce dossier, tandis que le Micro-LED s’annonce comme la prochaine révolution en matière de technologie d’affichage. Cette technologie du futur cumule les technologies de l’OLED et du LCD. Avec ses diodes microscopiques de l’ordre de 30 microns (moins que l’épaisseur d’un cheveu), le Micro-LED est autoémissif comme l’OLED et promet un pic de luminosité supérieur à 100 000 cd/m2. Non organique, sa durée est également plus importante que celle de l’OLED à qui il souhaite succéder. Sur le papier, le MicroLED séduit par sa capacité à gommer les points faibles de la technologie OLED. Cependant, des coûts de production élevés ralentissent sa démocratisation : il faut par exemple attendre la sortie des premiers écrans Micro-LED de Samsung au printemps prochain, à un tarif de l’ordre de 1000 euros par pouce.

Le Mini-LED ne vise pas seulement les téléviseurs

Associée aux grands écrans, la technologie Mini-LED pourrait également se faire une place sur des écrans plus petits comme ceux des ordinateurs portables. Depuis plusieurs mois, l’emploi du Mini-LED par Apple pour ses iPad et MacBook Pro est évoqué. Le sujet avait été mis sur la table il y a plusieurs mois par l’analyste Ming-Chi Kuo et les rumeurs se sont depuis intensifiées. Les atouts de ce nouveau système de rétroéclairage auraient convaincu le géant américain de l’intégrer à la version Pro de sa tablette phare. Par la suite, des MacBook Pro équipés de puces M1 se tourneraient vers cette technologie pour leurs écrans.

MSI Creator 17

MSI Creator 17 © MSI

En attendant une officialisation de la part d’Apple, MSI a déjà franchi le cap l’an dernier en dévoilant le Creator 17. Lors de son annonce, le fabricant n’avait pas hésité à le présenter comme le premier ordinateur portable au monde à être équipé d’un écran Mini-LED. Il profite notamment d’un pic de luminosité de 1000 nits. Une luminosité importante qui pourrait permettre au Mini-LED de concurrencer l’OLED sur ce segment, ce dernier étant plus à son avantage en termes d’angles de vision.

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