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Test du Lenovo Mirage Solo : de bonnes intentions, mais encore des lacunes

Lenovo Mirage Solo

Qu'on se le dise, le Lenovo Mirage Solo a de nombreux arguments pour convaincre, au premier desquels figure la qualité des images qui est d'excellente facture, ce qui est une agréable surprise. La conception de l'appareil, si elle n'est pas parfaite, marque aussi quelques points, en raison notamment de sa robustesse et de la possibilité de régler le casque pour qu'il épouse au mieux la forme du crâne. Des éléments qui le placent au-dessus de bien des casques de réalité virtuelle, parfois plus onéreux. Pourtant, le Mirage Solo souffre d'un certain nombre de défauts, à commencer par Daydream qui manque encore de maturité. Les options et réglages sont minces, le catalogue d'applications est particulièrement inégal, ce qui limite de fait l'intérêt de la solution sur le court terme. Mais on peut volontiers lui accorder que le contrat de base est rempli, et qu'il constitue une proposition intéressante sur le terrain de la réalité virtuelle autonome.

Note de la rédaction

  • - Excellente capacité d'affichage
  • - Conception convaincante
  • - De bonnes performances
  • - Quelques petits couacs dans la détection de mouvements et la spatialisation
  • - Catalogue d'applications famélique
  • - Environnement logiciel très perfectible

En périphérie de son premier casque de réalité virtuelle se glissant dans la gamme des Windows Mixed Reality Headsets, Lenovo a fait le pari de la VR autonome avec ce Mirage Solo. Aucun besoin de dispositif tiers pour fonctionner, ce qui exclut donc les branchements arachnéens, la nécessité de rester collé à son ordinateur ou de glisser un smartphone dans la visière du casque. Si ce Mirage Solo a quelques atouts pour lui, il nous a néanmoins un peu laissés sur notre faim. Explications.

Lenovo n’en est pas non plus à son coup d’essai dans le domaine de la réalité virtuelle. La firme a en effet profité de l’émergence du programme Windows Mixed Reality Headset pour proposer sa propre vision de la VR avec le Lenovo Explorer. Mais loin de s’arrêter là, le constructeur a creusé le sujet, ce qui se traduit aujourd’hui par un nouveau casque de VR autonome, dans la veine de l’Oculus Go (testé ici) ou du Gear VR. Contrairement aux modèles classiques tels que le HTC Vive ou l’Oculus Rift qui nécessitent de nombreux branchements ainsi que des PC haut de gamme, le Lenovo Mirage Solo fonctionne de manière totalement indépendante. Pour ce faire, il compte sur ses composants internes ainsi que sur deux capteurs frontaux qui lui permettent de détecter l’environnement alentour.

Lenovo Mirage Solo 14

© Fahim Alloul / LaboFnac

La fiche technique fait quant à elle penser à un téléphone plutôt récent. On retrouve un processeur Qualcomm Snapdragon 835 – soit un modèle plus performant que le Snapdragon 821 intégré dans l’Oculus Go -, 4 Go de mémoire vive pour le traitement des données, mais aussi les 64 Go de mémoire interne qui permettent le stockage de données telles que les photos ou les vidéos. L’affichage est assuré par un écran LCD de 5,5 pouces, comme l’Oculus Go, pour une définition de 2560 x 1440 pixels, soit une densité de 538 pixels par pouce. Le taux de rafraîchissement de l’image proposé par le produit est de 75 Hz, et le champ de vision (ou FOV) de 110°. Des caractéristiques assez similaires à la solution autonome d’Oculus, en somme. La marque promet enfin 2h30 d’autonomie à l’utilisation, ce que l’on retrouve dans les faits, voire que l’on dépasse.

Dans sa boîte, le Lenovo Mirage Solo est livré avec une télécommande servant à contrôler les mouvements une fois le casque vissé sur la tête, un adaptateur de voyage, un câble USB Type-C, des écouteurs avec une prise jack 3,5 mm ainsi que les habituels papiers que l’on retrouve avec les appareils de ce genre, afin d’en préciser le fonctionnement ou la garantie.

Lenovo Mirage Solo 1

© Fahim Alloul / LaboFnac

Ergonomie et fabrication

L’apparence du Lenovo Mirage Solo est tout à fait classique. On remarque des similarités par exemple avec le PlayStation VR pour ce qui est de son design global, notamment au niveau du dispositif de maintien sur la tête. Il s’agit ici d’un arceau entourant la boîte crânienne, avec une molette permettant d’en régler le serrage. Une bonne idée, car cela confère au Mirage Solo une belle allure. Le résultat, tout en rondeurs, est sobre et épuré. Seuls les deux capteurs frontaux viennent diffèrent réellement du le PlayStation VR, apportant un petit côté Sam Fisher (Splinter Cell) à l’utilisateur en prime.

Lenovo Mirage Solo 9

© Fahim Alloul / LaboFnac

Le Mirage Solo est assez massif par rapport à l’Oculus Go, et cela se ressent aussi au niveau de son poids, parmi les plus élevés des casques de VR. Avec 645 grammes, il y a en effet de quoi sentir le Mirage Solo sur la tête. Et si un bon réglage permet de bien répartir le poids sur le crâne et que l’ensemble est plutôt bien équilibré, il est malgré tout difficile de ne ressentir aucune gêne lors d’une utilisation prolongée. Même constat lorsque l’on utilise des applications qui nécessitent de beaucoup bouger la tête.

Autre point à noter, la mousse au contact de l’arête du nez et du contour des yeux aurait mérité d’être un peu plus généreuse pour gagner en confort, d’autant qu’elle est un peu rêche lors de l’enfilage. Terminons par le bouton disposé sous le casque permet d’aménager l’espacement entre les lentilles et les yeux, ce qui est appréciable notamment pour les utilisateurs qui ne peuvent pas se passer de lunettes.

On ne saurait trop recommander de faire bien attention à tous les réglages cités avant, qui assurent non seulement une tenue optimale et plus confortable, mais qui limitent également les infiltrations de lumière par le bas ou le haut. Rappelons également que comme sur la plupart des casques de réalité virtuelle, une utilisation étendue du Mirage Solo se traduit par de petits « coups de chaud ». Dans l’absolu, ce casque estampillé Lenovo dégage une bonne impression de solidité, en plus d’avoir une conception satisfaisante, mais pas sans défaut.

Lenovo Mirage Solo 12

© Fahim Alloul / LaboFnac

Du côté des connectiques et autres des ports annexes, le Lenovo Mirage Solo propose un certain nombre de choses. Il se charge directement par le biais d’un câble USB-C, lui permettant d’être branché sur un ordinateur ou sur secteur moyennant l’utilisation d’un adaptateur. La prise mini-jack permet quant à elle le branchement d’écouteurs ou d’un casque afin de renforcer l’immersion. Il est également possible d’y insérer une carte microSD allant jusqu’à 256 Go, afin d’étendre la mémoire interne. Du côté des boutons, on retrouve de quoi allumer l’appareil et régler le volume. Enfin, la télécommande sert à détecter les mouvements effectués par l’utilisateur en pointant une direction, alors que le bouton principal, également tactile, permet de valider les actions.

À l’usage

Avec la très bonne performance réalisée par l’Oculus Go testé dans nos colonnes, on a forcément révisé un peu nos attentes concernant les casques de VR autonomes. Le Mirage Solo, tout comme son rival issu des tiroirs d’Oculus, affiche un résultat très convaincant. Il ne pose évidemment pas un nouveau jalon dans le monde de la réalité virtuelle, d’autant que l’effet grille est toujours perceptible, mais il assure l’essentiel pour que l’expérience VR soit très confortable et largement à la hauteur, voire plus, que des alternatives du marché parfois plus coûteuses. Les lentilles qui composent l’écran sont de bonne facture, et le champ de vision de 110° plus large que celui du Gear VR ou du Daydream View. À titre de comparaison, c’est ce que l’on retrouve sur l’Oculus Go. L’image reste nette au centre du champ de vision et les textes restent globalement très lisibles. Attention toutefois aux petits caractères qui s’avèrent souvent plus difficiles à déchiffrer.

Lenovo Mirage Solo 2

© Fahim Alloul / LaboFnac

Doté d’un chipset Snapdragon 835, le Lenovo Mirage Solo accomplit les tâches demandées sans trop s’éterniser dans des temps de chargement, ce qui aurait été pénalisant du point de vue de l’immersion. Toutefois, il aurait été difficilement compréhensible de voir le casque de mouliner dans les menus, tant ces derniers sont minimalistes. Nous y reviendrons un peu plus tard. Dans l’ensemble, le casque est très satisfaisant s’agissant de remplir son office.

Du côté du son, le rendu est assuré par des écouteurs fournis avec le Mirage Solo, ou n’importe quelle solution à condition qu’elle soit dotée d’une prise mini-jack 3,5 mm. Ce qui assure une immersion et un rendu sonore un tantinet plus convaincant que des haut-parleurs ou des oreillettes externes qui pourraient nuire au rendu, comme souffrir d’un milieu bruyant. Il n’en est donc rien ici.

La détection de mouvements est toutefois plus problématique. Les deux caméras frontales se chargeant de scanner l’environnement pour nous y transposer, en plus de détecter nos mouvements, et restent assez approximatives dans leur fonctionnement. Parmi les applications que l’on a pu essayer, nous avons par exemple goûté aux joies du snowboard. Pas forcément inoubliable dans son rendu, l’application nous demandait par exemple de nous baisser un peu afin d’éviter des embuches, ce que l’on a fait, parfois sans succès. Même combat quand nous avons tenté de naviguer dans l’environnement d’autres applications, telles que Wand. Dans la même manière, il n’est pas possible de trop bouger dans l’espace sans que le casque demande à l’utilisateur de se repositionner ou d’utiliser le bouton Home de la télécommande afin de recentrer l’environnement virtuel sur son emplacement. Des soucis qui ternissent un peu l’impression générale autour de ce Lenovo Mirage Solo.

Lenovo Mirage Solo 3

© Fahim Alloul / LaboFnac

L’autonomie, du reste, est conforme à ce que le constructeur a promis. Ce qui est suffisant pour lire quelques médias sur des sessions de petites heures, mais pas plus. De la même manière que l’Oculus Go, il est préférable de couper directement le dispositif après utilisation afin que la veille ne consomme pas de batterie supplémentaire, synonyme de charge obligatoire.

Interface et contenus

Là où le bât blesse principalement pour le Lenovo Mirage Solo, c’est du côté de l’interface et de l’environnement logiciel assuré par Daydream. Si la navigation avec la télécommande est intuitive dès le départ, on a assez rapidement été frappés par l’extrême simplicité des menus. Le paramétrage est minime, les options lacunaires, et l’on a souvent l’impression de se perdre. C’est dommage quand on sait que les applications ne se bousculent pas franchement. La catégorisation de ces dernières manque en outre de précision, si bien que l’on retrouve des applications comme Arte VR en plein milieu de ce que l’on prenait pour une sélection de jeux vidéo…

Il n’est pas ailleurs pas possible d’effectuer une recherche nominale des applications pour contourner le problème, ce qui est un sacré manque. Rachitique, le contenu de Daydream au niveau logiciel manque également de qualité. S’il y a évidemment quelques poids lourds qui permettent de juger le potentiel de la technologie, comme YouTube, les applications Google ou encore Netflix, il manque des gros noms du jeu vidéo pour affirmer un peu plus la crédibilité de l’engin. La plupart des jeux et applications que l’on a pu essayer proposent des démos gratuites afin d’avoir une meilleure idée avant d’envisager l’achat. Mais ils s’avèrent au mieux oubliables, mal conçus (attention aux effets de nausée), ou très approximatifs. On s’est donc tournés vers des médias compatibles VR ou à 360° pour trouver notre bonheur, avec l’habillage de Daydream qui nous embarque directement dans une salle obscure, projetant la lumière du player vidéo au sol, on s’est plu à regarder des vidéos avec le Lenovo Mirage Solo.

Dans tous les cas, les contrôles s’effectuent grâce au pavé tactile cliquable de la télécommande, qui détecte suffisamment bien les mouvements afin de ne pas avoir de souci majeur durant les sessions, mais qui pourrait gagner un peu en précision. Rien qui ne gêne réellement l’expérience, déjà handicapée par un écosystème qui doit impérativement être amélioré pour devenir compétitif.

Lenovo Mirage Solo 6

© Fahim Alloul / LaboFnac

Conclusion

Qu'on se le dise, le Lenovo Mirage Solo a de nombreux arguments pour convaincre, au premier desquels figure la qualité des images qui est d'excellente facture, ce qui est une agréable surprise. La conception de l'appareil, si elle n'est pas parfaite, marque aussi quelques points, en raison notamment de sa robustesse et de la possibilité de régler le casque pour qu'il épouse au mieux la forme du crâne. Des éléments qui le placent au-dessus de bien des casques de réalité virtuelle, parfois plus onéreux. Pourtant, le Mirage Solo souffre d'un certain nombre de défauts, à commencer par Daydream qui manque encore de maturité. Les options et réglages sont minces, le catalogue d'applications est particulièrement inégal, ce qui limite de fait l'intérêt de la solution sur le court terme. Mais on peut volontiers lui accorder que le contrat de base est rempli, et qu'il constitue une proposition intéressante sur le terrain de la réalité virtuelle autonome.

Note de la rédaction

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