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Test du Huawei Mate 10 Pro : le meilleur Android haut de gamme ?

Huawei Mate 10 Pro

Doté de l’un des meilleurs écrans du moment, le Mate 10 Pro prouve que Huawei maîtrise désormais la technologie AMOLED. Les points forts de son smartphone ne s’arrêtent pas là : doué aussi bien pour la photographie que pour les communications, il présente une autonomie longue durée. Des atouts qui en font un modèle particulièrement adapté aux plus exigeants, des professionnels aux gros consommateurs de multimédia. Les plus chagrins relèveront quelques petites difficultés lorsque son chipset est poussé dans ses retranchements, des performances audio sans éclat particulier et déploreront peut-être l’absence de prise jack et de port microSD. Des concessions que ses qualités compensent sans peine, chez un modèle parmi les meilleurs sur le segment des smartphones à grand écran.
(La note technique globale ci-dessous ne prend pas en compte l'évaluation de la photo, toujours en cours de test au Labo.)

Note de la rédaction

  • - Très bel écran
  • - Appareil photo très efficace
  • - Autonomie solide
  • - Smartphone étanche
  • - Un peu moins puissant qu'attendu
  • - Pas de prise jack

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Disponible depuis la fin novembre 2017, le Mate 10 incarne aujourd'hui le fleuron de la technologie Huawei. Le smartphone, au grand format comme le veut sa lignée, inaugure la puce Kirin 970 embarquant une puce dédiée à l'intelligence artificielle et se veut un concentré de technologie. Opération séduction réussie ? La réponse dans ce test.

Le Mate 10 Pro incarne le haut de gamme de Huawei, au côté d’un Mate 10 qui ne devrait pas être commercialisé dans nos contrées. Avant toute chose, faisons les présentations.

Le smartphone, donc, présente un écran de 6 pouces à la définition Full HD+ (2160 x 1080 pixels) et au ratio 18:9, en technologie AMOLED. Intégré à un boîtier de 154,2 x 74,5 x 7,9 mm pour 178 grammes, il cache un hardware haut de gamme. On retrouve en effet un Kirin 970 couplé à 6 Go de mémoire vive, 128 Go de stockage et une batterie de 4000 mAh. Le smartphone conserve un capteur d’empreintes rond sur sa coque dorsale désormais vitrée. Au-dessus siège un appareil photo composé de deux capteurs, l’un de 12 et l’autre de 20 mégapixels. Dépourvu de port pour carte microSD, mais compatible avec deux SIM, le smartphone abandonne également la prise jack au profit d’un unique USB Type-C. Il est en outre compatible avec la 4G de catégorie 18, certifié IP67 (ce qui garantit sa résistance à l’eau) et tourne sous Android 8.0 Oreo assorti d’Emotion UI 8.0.

Huawei Mate 10 Pro

L'ergonomie et le design

Alors que depuis l’Ascend Mate 7, le design de la série Mate n’avait pas vraiment été revu, Huawei opère cette année un petit virage en inscrivant davantage son smartphone dans la mouvance actuelle. Il faut dire que d’ovni catégorisé parmi les phablette il y a un peu plus de trois ans, l’appareil arbore désormais un format beaucoup plus courant et peut jouer dans la catégorie des modèles destinés tant aux professionnels qu’au grand public.

Huawei Mate 10 Pro

Tandis que ses prédécesseurs présentaient un boîtier métallique aux tranches relativement anguleuses, le Mate 10 Pro s’adoucit et gagne une coque vitrée. Le rendu est évidemment bien différent, et l’on ne peut qu’apprécier la présence d’une coque en silicone transparent dans son pack commercial, qui épargnera tant les rayures que les traces de doigts sur ce matériau fragile. Les tranches sont légèrement arrondies, et le mobile, toujours aussi fin (il mesure 7,9 mm, comme le Mate 9) paraît plus petit que son aîné. Et pour cause, il perd plus de 4 mm en largeur et presque 3 mm de hauteur, alors que son écran passe de 5,9 à 6 pouces. C’est évidemment le ratio 18:9 retenu ici qui l’explique, avec ses bordures latérales très minces, et des bandes noires au-dessus et sous l’écran largement affinées.

Huawei Mate 10 Pro

Certainement pour conserver ces dimensions contenues, et conserver une batterie de haute capacité, Huawei ne propose ni port microSD ni prise jack. L’emplacement des boutons sur la tranche droite et celui du capteur d’empreintes, au dos, ne varie pas, de même que l’appareil photo certifié Leica reste de la partie. Celui-ci gagne un nouveau look, puisqu’il est entouré d’une large bande contrastante, pour mieux marquer l’identité de la gamme. Il faut tout de même avouer que si l’ensemble est parfaitement exécuté et très agréable à prendre en main, on se prend à regretter la robustesse des anciens Mate, habillés de métal, devant ce smartphone qui ressemble à tant d’autres aujourd’hui. Mais le gain est là : le smartphone est nettement plus facile à manipuler à une seule main, grâce à son nouveau ratio d’écran.

  • Huawei Mate 10 Pro
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L'écran

L’écran représente l’un des changements majeurs apportés par ce Mate 10 Pro à sa gamme. Non seulement par son ratio un peu plus étiré, qui facilite la prise en main du smartphone, mais aussi par son type de dalle. Car quand les Mate 7, 8 et 9 arboraient un écran IPS, le Mate 10 Pro gagne une dalle Super AMOLED. Il se rapproche ainsi du Mate S, dont l’afficheur ne manquait pas d’atouts, malgré une colorimétrie perfectible. En revanche, Huawei ne donne pas dans l’extravagance côté résolution, puisque ses 1080 x 2160 pixels ne donnent « que » 412 ppp, sur les 5,9 pouces que nous avons mesurés. Pour comparaison, certains de ses concurrents flirtent désormais avec les 600 ppp.

À l’œil toutefois, on n’a pas grand-chose à redire ici : les couleurs paraissent particulièrement fidèles à la réalité, et peuvent en outre être réglées dans les paramètres du téléphone. Deux modes (couleurs vives et standard) sont disponibles, et la température des couleurs peut être définie dans l’onglet « Confort des yeux », qui joue également le rôle de filtre de lumière bleue. Les difficultés de gestion de l’AMOLED semblent désormais appartenir au passé. Nos mesures labo confirment ces bonnes impressions : avec un delta U’V’ moyen de seulement 0,010, les couleurs ne s’écartent que très peu du triangle de référence. Les rouges ne sont pas saturés, comme en témoigne le delta de 0,0111, et les légers écarts dans le bleu sont purement anecdotiques.

Gamut Huawei Mate 10 Pro

Notez également des angles de vision extrêmement confortables, améliorés par la luminosité de cet écran de belle tenue. Nous avons relevé une perte de 7 % de luminosité seulement à 15° d’inclinaison. À 30°, 26 % de luminosité disparaissent, puis 53 % à 45°. C’est sans nul doute un excellent élève. Son contraste, un peu moins bon que les plus performants du marché, reste convaincant. Nous avons ainsi mesuré 362:5 pour 5 % de blanc affiché, ainsi qu’un gamma offrant des dégradés acceptables. Dans l’ensemble, cette dalle a largement de quoi satisfaire les amateurs de grands écrans, d’autant qu’ici, la qualité d’affichage est doublée d’une bonne réactivité au toucher.

Directivité Huawei Mate 10 Pro

Directivité du Huawei Mate 10 Pro (blanc)

L'interface utilisateur

Après Emotion UI 5.1, Huawei a choisi la voie de l’harmonisation avec les numéros de versions d’Android. C’est donc un EMUI 8.0 qui accompagne Android 8.0, alias Oreo, chez son dernier smartphone. Pas de quoi toutefois révolutionner l’usage du smartphone, qui conserve une très large majorité de points communs avec EMUI 5.1.

Interface Huawei Mate 10 Pro

Légèrement plus sobre qu’auparavant, l’interface présente des paramètres simplifiés et des icônes un peu plus sobres. Il est possible désormais de gérer manuellement les badges (ces petits points indiquant qu’une notification est disponible sur chaque application), dont la couleur est assortie à l’icône à laquelle ils sont apposés. La séparation d’écran est également proposée, notamment lorsque vous recevez une notification : la petite icône disponible dans la barre de notifications permet de séparer l’écran en deux.

Autre amélioration, cette fois liée au NPU (Neural Processing Unit), c’est-à-dire à l’intelligence artificielle couplée au SoC du smartphone : plutôt discrète au quotidien, c’est elle qui anime Microsoft Translator, lequel fonctionne plutôt bien d’ailleurs. C’est également elle qui permet à l’appareil photo de reconnaître de manière plus efficace les types de scènes en présence. Ce qui paraît fonctionner correctement, mais reste difficile à évaluer, hors portraits.

Les performances

Le Kirin 970, annoncé durant l’IFA de Berlin, à la rentrée 2017, fait ses débuts chez ce Mate 10 Pro. Il bénéficie de quatre cœurs Cortex-A73 cadencés à 2,36 GHz, et de quatre Cortex-A53 à 1,8 GHz auxquels il faut ajouter un NPU dédié à l’intelligence artificielle. Côté GPU, comptez sur un Mali-G72 MP12. Le tout est épaulé par 6 confortables Go de mémoire vive.

Huawei promettait une puissance théorique toujours plus élevée – comparée à celle d’un Mate 9 qui ne déméritait clairement pas – et cela se confirme aujourd’hui à l’usage. Durant notre test, le smartphone à montré sa capacité à encaisser de (trop) nombreux onglets de navigateur ouverts, de multiples applications tournant en arrière-plan, des jeux gourmands ou du traitement de clichés au format RAW sans problème.

Les tests labo prouvent toutefois que des apps trop demandeuses en ressources peuvent le mettre en difficulté. Soumis à l’épreuve de nos scripts JavaScript, le Mate 10 Pro n’a jamais excédé les 15 fps (temps de réponse de 65,8 ms), même très peu sollicité. À notre second niveau d’exigence, il est rapidement tombé à 6 fps (temps de 158,8 ms), descendant même à 4 fps (246,2 ms) à notre troisième palier. L’exécution de processus très complexes l’a fait descendre à 3 fps (326,4 ms).

Reste que, dans les faits, les ralentissements sont rarissimes et, cerise sur le gâteau, le smartphone chauffe très peu.

La photo et la vidéo

Comme le précédent Mate, le Huawei Mate 10 Pro s’appuie sur la combinaison de deux capteurs photo, l’un en couleurs et de 12 mégapixels (ouverture à f/1.6 et système de stabilisation optique) et l’autre en noir et blanc, de 20 mégapixels (optique 27 mm, f/1.6, sans stabilisation). Une combinaison certifiée Leica et mise en valeur dans un bandeau de couleur contrastant au dos du téléphone.

Huawei Mate 10 Pro

Les réglages sont nombreux, permettant de faire confiance à l’intelligence artificielle de Huawei pour déterminer le type de scène en présence en mode automatique, ou de passer par des réglages manuels avec le mode pro. Dans le premier cas, un petit pictogramme s’affiche, témoignant de l’activation de modes scènes spécifiques. Le cas le plus courant reste la détection et le suivi de visage, qui fonctionne très bien. Les amateurs de photographie apprécieront toutefois le mode Pro et préféreront retoucher leurs clichés au format RAW (accessibles dans un dossier spécifique de la galerie) afin d’obtenir un rendu plus soigné. On remarque en tout cas une petite tendance au lissage en basse luminosité, et un rendu très détaillé en plein jour.

Le rendu audio

Dépourvu de prise jack, le Mate 10 Pro impose d’utiliser un casque Bluetooth ou les écouteurs semi-intra fournis avec le smartphone, à brancher sur sa prise USB Type-C. Côté sortie casque, on mesure une sensibilité de 83 mV qui permet de ne pas devoir trop pousser le volume pour entendre correctement le signal. La qualité de la sortie casque est très correcte, avec une distorsion pas trop présente et une bonne linéarité.

Côté haut-parleur, le Mate 10 Pro assure une puissance acoustique maximale honorable de 70 dB, qui permet d’entendre correctement le signal. Celui-ci est correctement restitué, même s’il ne faut pas confondre le smartphone avec une enceinte portable. Faiblard au rayon des graves en deçà de 500 Hz, le smartphone offre une réponse en fréquence à peu près linéaire jusqu’à 5 kHz, au-delà de quoi les aigus disparaissent rapidement. Une prestation sans vrai plus, donc.

La qualité de réception (performances radio)

Compatible avec la 4G de catégorie 18, le Mate 10 Pro ne souffre, à l’usage, d’aucun problème d’accès aux réseaux mobiles. Il ne nous a pas lâchés aussi bien dans les zones peu couvertes, ce qui témoigne de sa bonne sensibilité, qu’en ville. Il retrouve vite l’accès à la 4G à la sortie du métro… voire le conserve au sein de ses tunnels. Notez que le smartphone embarque deux ports pour cartes nano-SIM, ce qui permet de jongler entre plusieurs numéros de téléphone. Seule une des deux SIM s’appuie sur le réseau 4G, et la bascule entre les deux SIM lors des communications, bien intégrée logiciellement, se fait facilement. Ce n’est pas très surprenant : nous avons relevé une excellente sensibilité. Elle compense d’ailleurs une directivité un peu marquée, qui pourrait faire baisser occasionnellement le niveau de signal lors des appels.

Nous avons également évalué les performances 4G du Mate 10 Pro sur les trois bandes de fréquences (800, 1800 et 2600 MHz) actuellement disponibles. Hormis une sensibilité légèrement moindre sur la bande 20 (800 MHz), le smartphone excelle sur ce point, toutes fréquences confondues. Il est en outre peu directif, ce qui en fait un allié des gros consommateurs de multimédia.

L'autonomie

Un chouïa plus léger que le Mate 9 (de 12 grammes très exactement), le Mate 10 Pro en conserve néanmoins la batterie de 4000 mAh, conséquente en soi, mais attendue compte tenu de la taille du mobile. Huawei reste fidèle au positionnement de ses smartphones, et propose ici un modèle particulièrement endurant. Avec un usage normal, il n’est pas très difficile d’atteindre les deux jours d’usage, tandis que les power users dépasseront sans peine la journée d’utilisation. Nous avons, avec notre test d’autonomie maison, mesuré 9h41 d’usage avant extinction. Rares sont les terminaux à atteindre les 10 heures.

Conclusion

Doté de l’un des meilleurs écrans du moment, le Mate 10 Pro prouve que Huawei maîtrise désormais la technologie AMOLED. Les points forts de son smartphone ne s’arrêtent pas là : doué aussi bien pour la photographie que pour les communications, il présente une autonomie longue durée. Des atouts qui en font un modèle particulièrement adapté aux plus exigeants, des professionnels aux gros consommateurs de multimédia. Les plus chagrins relèveront quelques petites difficultés lorsque son chipset est poussé dans ses retranchements, des performances audio sans éclat particulier et déploreront peut-être l’absence de prise jack et de port microSD. Des concessions que ses qualités compensent sans peine, chez un modèle parmi les meilleurs sur le segment des smartphones à grand écran.
(La note technique globale ci-dessous ne prend pas en compte l'évaluation de la photo, toujours en cours de test au Labo.)

Note de la rédaction

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