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Prise en main du Huawei P40 : un design revu et des évolutions logicielles

Test Huawei P40

Le P40 de Huawei s’inscrit sans nul doute dans l’air du temps. Dos en verre dépoli, bloc photo rectangulaire, poinçon dans son écran OLED cachant un lecteur d’empreintes, charge rapide et équipement technique de haut niveau : le smartphone a les armes nécessaires pour offrir un très bon rapport qualité-prix dans un encombrement relativement limité, ce que nous nous attacherons à tester au sein de notre Laboratoire d’essais à l’occasion d’un test complet. Hormis son design, le P40 offre une mise à jour toutefois minime au P30 auquel il a la lourde tâche de succéder sans les services Google, ce qui constitue sa principale difficulté. Avec une politique de services ambitieuse et une approche volontariste pour étoffer son AppGallery, Huawei entend néanmoins maintenir sa place au deuxième rang des vendeurs de smartphones.

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Pas de conférence en grande pompe cette année pour Huawei, confinement oblige. La marque chinoise, numéro deux sur le marché du mobile, a donc opté comme ses concurrents pour un événement en ligne afin de dévoiler sa série P40. Celle-ci compte cette année quatre smartphones : le P40 Lite, dévoilé en amont du reste de la famille, et les trois smartphones officialisés ce jour, à savoir le P40, le P40 Pro et un modèle qui n’existait pas dans la série P30, le P40 Pro+. Nous nous sommes intéressés au P40 “tout court”, c’est-à-dire le plus abordable des haut de gamme de la marque, mais aussi le plus compact.

Avant toute chose, rappelons les éléments techniques qui caractérisent le Huawei P40. Successeur du P30, il en reprend le format un peu plus compact que les modèles Pro de la gamme, leur préférant un écran de 6,1 pouces Full HD+ inséré dans un boîtier au dos vitré. Il recèle un Kirin 990, 8 Go de mémoire vive, un port nano-SIM complétant un stockage de 128 Go, mais aussi deux ports SIM. Il est compatible eSIM, avec les réseaux 5G encore en attente en France, et propose une offre photo complète, avec un triple module photo dorsal (50 Mpx grand-angle, 16 Mpx ultra-grand-angle et 8 Mpx avec zoom 3x) et un appareil de 32 Mpx avec capteur de profondeur en façade.

Huawei P40

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Compact, mais pas trop

Le Huawei P40 est le plus compact de sa famille. Ne vous y méprenez pas : avec son écran de 6,1 pouces, il reste grand, et peu ou prou de la même taille que le P30. Mais c’est à peu près tout ce que l’on notera au rayon des points communs, le nouveau venu révisant tranquillement le design de son prédécesseur.

Huawei P40

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Les bordures de son écran OLED sont fines, très fines mêmes, notamment celles qui se situent au sommet du mobile. Cette zone accueillait sur le P30 une encoche en forme de goutte d’eau dédiée à son appareil photo frontal. Une caractéristiques entièrement abandonnée sur la nouvelle série, puisque même le P40 Lite a droit à un poinçon circulaire. Sur le P40, il est oblong, double appareil photo frontal oblige, et se situe dans le coin supérieur gauche de l’écran. Plus moderne donc à ce niveau, l’écran ne bénéficie pas de la conception très incurvée des P40 Pro et Pro+. Il est néanmoins livré avec une protection d’écran préinstallée qui accroche un peu sous la main. Il est d’ailleurs recommandé par la marque de faire appel à un accessoire certifié par ses soins pour que son lecteur d’empreintes, situé sous l’écran donc, fonctionne correctement. Nous l’avons essayé de notre côté et, si le gain en rapidité de déverrouillage annoncé à +30 % est difficile à mesurer, nous avons apprécié son efficacité. La zone où il vous faut poser le pouce est d’ailleurs située suffisamment haut pour que son accès reste commode, même lorsque le mobile est tenu à une main.

Huawei P40

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Si des modifications sont à noter en façade, c’est le dos (et les tranches) du produit qui en comptent le plus. Le P40 bénéficie en effet d’un dos non plus brillant, comme c’était le cas de la série P30, mais mat. Son revêtement à l’effet verre dépoli s’inscrit dans l’air du temps, et produit son petit effet dans le coloris Gold Blush que nous avons pris en main. Il a surtout le mérite de ne pas laisser apparaître les traces de doigts, à l’inverse des revêtements brillants qu’il faut nettoyer sans cesse… Les amateurs de matériaux qui brillent constateront que les tranches du mobile, en métal arrondi, bénéficient d’un effet chromé plutôt réussi. Le dos du mobile est lui aussi très courbé, atténuant l’épaisseur du mobile et procurant un bon confort de prise en main. Il faut dire qu’il mesure 148,9 x 71,06 x 8,5 mm pour 175 grammes, contre 149,1 x 71,4 x 7,6 mm pour 165 grammes côté P30. Dommage en revanche que l’appareil ne soit pas étanche : comme le P30, il n’est certifié qu’IP53, c’est-à-dire résistant aux éclaboussures.

Huawei P40

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Le P40 constitue un ensemble esthétique, mais attention : c’est sans compter sur son module photo dorsal, dont nous détaillerons les performances plus bas. Celui-ci, au format rectangulaire, rappelle clairement le design de la série Galaxy S20 de Samsung, qui a d’ailleurs fait couler beaucoup d’encre. D’un point de vue esthétique, ce choix – ou plutôt ce parti-pris – plaira ou hérissera, selon les goûts. Il est néanmoins à noter que ce bloc photo est proéminent (d’un bon millimètre). C’est davantage cet élément qui, en plus de nuire à la stabilité du mobile lorsqu’il est posé dos contre une table, pourra contrarier. Néanmoins, il faut avouer que le P40 reste un beau smartphone, dont la qualité d’assemblage est exemplaire et auquel on n’a pas grand-chose d’autre à reprocher.

Huawei P40

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Des composants haut de gamme

Le P40 profite d’un écran aux bordures fines, on l’a mentionné plus haut, et affichant 2340 x 1080 pixels. Sans course aux records donc, puisqu’il s’agit là de la même définition Full HD+ (19,5:9) que celle du P30. La qualité est là, cette dalle OLED offrant un rendu lumineux et flatteur à l’œil. Les paramètres inclus dans Emotion UI permettent à l’utilisateur de paramétrer le rendu selon ses goûts (mode d’affichage avec couleurs vives ou normales, température des couleurs…), d’activer le mode sombre… Bref, du classique dont nous devrons évaluer les performances réelles à l’aide des sondes de notre Laboratoire.

Huawei P40

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Il est toutefois à noter, au rayon des regrets, que le taux de rafraîchissement de 90 Hz, proposé sur les P40 Pro et Pro+, n’est pas de la partie sur le P40 standard. Un petit regret donc pour ceux qui emploient leur smartphone pour jouer.

Le smartphone est de ce point de vue très bien équipé, puisqu’il embarque la dernière puce mobile de HiSilicon, le Kirin 990, flanqué de 8 Go de mémoire vive, tandis que 128 Go de stockage sont également inclus. La fluidité est sans surprise au rendez-vous et, à la prise en mains du moins, nous n’avons relevé aucun problème particulier. On note enfin la présence d’une batterie de 3800 mAh. Là aussi, un passage dans notre Labo et une utilisation de longue durée nous permettra d’en déterminer l’efficacité. Quoi qu’il en soit, on apprécie la présence d’un système de charge rapide 22,5 W, et on regrette l’absence de prise en charge de l’induction (possible via une coque optionnelle). Celle-ci reste réservée aux P40 Pro et P40 Pro+.

La photo au cœur du P40

Avec un module photo dorsal aussi proéminent, la photo est évidemment le point fort de ce P40. Un peu moins que les modèles Pro de la gamme, mais tout de même : le smartphone bénéficie d’un triple module dorsal. Celui-ci accueille un capteur principal de 50 mégapixels avec matrice RYYB – celle que le P30 Pro a inaugurée et qui troque le RGB (rouge-vert-bleu) contre une formule rouge-jaune-jaune-bleu qui a fait ses preuves. Il est flanqué d’une optique ouvrant à f/1,9. On retrouve à son côté un capteur de 16 mégapixels permettant de réaliser des clichés ultra-grand-angle (optique équivalente à 17 mm, f/2,2) et une optique équivalente à 80 mm (zoom 3x, f/2,4) accompagnant un capteur de 8 mégapixels. Une formule classique boostée aux effets logiciels permettant d’améliorer les résultats.

Huawei P40

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Lors de nos premiers essais, nous avons constaté la qualité globale des clichés, mais aussi la présence d’un mode HDR puissant – il compense parfaitement des situations de contre-jour -, mais offrant des rendus manquant de naturel. Pour s’en affranchir, il faut se rendre dans le mode de prise de vue Pro, qui permet par ailleurs de choisir la résolution finale des clichés : de 12 mégapixels, elle peut être portée à 50 Mpx – un choix à n’opérer que lorsque la prise de vue s’effectue en pleine lumière. Le zoom 3x nous a paru de son côté efficace et correctement stabilisé. Il nous faudra évaluer sa capacité à restituer les détails même en situation de basse luminosité. Il est d’ailleurs à noter que l’ultra-grand-angle est compatible avec le mode Cliché nocturne. L’effet est un peu moins probant qu’avec le module principal, mais intéressant tout de même.

  • Huawei P40

    Avec le zoom 3x © LaboFnac

  • Huawei P40

    Avec le zoom 3x © LaboFnac

  • Huawei P40

    © LaboFnac

Android 10 sans les GMS

On ne va pas se répéter : pour l’heure, comme tous les smartphones de Huawei à venir, le P40 fait l’impasse sur les Google Mobiles Services et plus généralement sur l’Android à la sauce Google. Ce qui signifie donc que le mobile s’appuie sur la version open-source d’Android 10, customisée à l’aide de l’interface Emotion UI 10.1 dont l’apparence est très proche des interfaces des constructeurs concurrents. Mode sombre et AppGallery remplaçant le Play Store sont donc au menu, et l’outil PhoneClone, qui permet de transférer l’intégralité du contenu d’un précédent mobile (applications comprises) est préinstallé. Sur le portail de Huawei, les applications se font certes de plus en plus nombreuses, les développeurs étant incités à y porter leurs titres par une politique de commissions avantageuses. Mais comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, la marque inaugure ses propres services. Elle profite du lancement de sa série P40 pour inaugurer son service musical maison, Huawei Music (trois mois offerts avec le smartphone), son agrégateur de vidéos Huawei Video ambitionnant d’apporter une alternative à YouTube, et enfin MeeTime, un outil de visioconférence permettant de connecter une actioncam, sans fil, au smartphone pendant une conversation.

Conclusion

Le P40 de Huawei s’inscrit sans nul doute dans l’air du temps. Dos en verre dépoli, bloc photo rectangulaire, poinçon dans son écran OLED cachant un lecteur d’empreintes, charge rapide et équipement technique de haut niveau : le smartphone a les armes nécessaires pour offrir un très bon rapport qualité-prix dans un encombrement relativement limité, ce que nous nous attacherons à tester au sein de notre Laboratoire d’essais à l’occasion d’un test complet. Hormis son design, le P40 offre une mise à jour toutefois minime au P30 auquel il a la lourde tâche de succéder sans les services Google, ce qui constitue sa principale difficulté. Avec une politique de services ambitieuse et une approche volontariste pour étoffer son AppGallery, Huawei entend néanmoins maintenir sa place au deuxième rang des vendeurs de smartphones.

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