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Test Labo du Nokia 4.2 : en manque d’arguments face à une concurrence féroce

test Nokia 4.2

Avec son 4.2, Nokia fait une proposition peu convaincante avec des limites rapidement atteintes notamment en termes de puissance et performances photo. Du côté de l’autonomie, c’est plutôt décevant. Nous retrouvons cependant derrière un design classique, mais élégant, une excellente qualité de fabrication. Le choix d’Android One semble pertinent, même si cette mouture très épurée peut dérouter lors des premières journées d’utilisation. Difficile malgré tout de lutter contre une concurrence féroce qui propose souvent mieux pour un tarif voisin, voire inférieur.

Note technique du Labo

  • - Finition
  • - Matériaux premium
  • - Écran correct
  • - Un smartphone compact
  • - Autonomie décevante
  • - Partie photo très moyenne
  • - Performances limitées
  • - Prise microUSB

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HMD, plus connu sous sa marque Nokia, propose une large gamme de smartphones Android fréquemment renouvelée qui se distingue par une qualité de fabrication de haut vol. Ce Nokia 4.2 fera-t-il exception à la règle ? C’est ce que nous allons tenter de déterminer dans ce test complet.

Depuis que HMD a repris les rênes de la marque Nokia en ce qui concerne l’activité smartphone, la stratégie est claire avec un focus sur la robustesse et l’entrée et le milieu de gamme. Avec un tarif largement sous la barre des 200 euros, le 4.2 s’inscrit donc dans cette volonté de ne pas vouloir se battre dans l’univers du haut de gamme sans pour autant tomber dans une guerre des prix absolue.

Nokia 4.2

@ Nokia

Le 4.2 est un smartphone qui s’inscrit dans l’air du temps avec son grand écran de 5,71 pouces couronné par une encoche de type goutte d’eau accueillant la caméra frontale. À l’arrière, nous retrouvons un double appareil photo et un flash, le tout étant regroupé dans une pièce verticale centrale qui dépasse très légèrement du dos et vient se placer au-dessus du lecteur d’empreintes digitales.

Nokia 4.2

@ Nokia

Au-dessus nous retrouvons une prise casque et pour cause, car, à l’opposé, c’est encore une très vieillissante prise microUSB qui officie. Cela semble un peu incongru en 2019. Le flanc gauche est occupé par une trappe capable d’accueillir deux nanoSIM ou une nanoSIM et une microSD, et par un bouton qui lance directement Google Assistant. À droite, nous trouvons les touches de réglage du volume ainsi que le bouton de mise en veille qui ressort assez nettement. Il est donc facile à trouver.

À l’intérieur, le Nokia 4.2 dissimule un processeur Qualcomm Snapdragon 439. Cette puce gravée en 12 nm intègre deux cœurs Cortex-A53 cadencés à 2 GHz et un ensemble de six autres cœurs Cortex-A53 qui se contentent d’une cadence de 1,45 GHz. Elle s’appuie sur 3 Go de mémoire vive et sur 32 Go pour le stockage. Cette capacité se montre rapidement trop limitée : en pratique et sans avoir installé la moindre application supplémentaire, seulement une petite douzaine de gigaoctets sont réellement disponibles. Le circuit graphique est un modeste Adreno 505. Une mécanique plutôt d’entrée de gamme qui ne peut rivaliser, en théorie tout du moins avec les Snapdragon de la série 6xx qui équipent certains concurrents proposés à des tarifs avoisinants.

L'ergonomie et le design

Malgré son tarif tout doux, le Nokia 4.2 se distingue par l’utilisation d’une plaque de verre à l’arrière de sa coque alors que l’on trouve beaucoup de plastique dans ses gammes de prix. Un bon point… marketing tout du moins, car pour le reste nous retrouvons, surtout dans notre exemplaire noir, le grand point faible de ce matériau premium : sa propension à attraper comme par magie la moindre empreinte digitale passant à sa portée. Du pain bénit pour les adeptes d’Alphonse Bertillon, moins pour les personnes les plus maniaques.

Nokia 4.2

© Nokia

Toujours au dos du smartphone, un autre bémol nous apparaît rapidement évident : la surface du lecteur d’empreintes digitales est placée un peu trop bas. Notre index se pose naturellement sur le flash de l’appareil photo et doit donc se contorsionner pour aller la chercher. Cependant, le lecteur d’empreintes digitales fonctionne bien, ce qui n’est pas vraiment le cas de la reconnaissance faciale, plus lente et capricieuse. Le très grand bouton de mise en veille est lui aussi un peu bas, mais bien entendu toutes ces considérations sont directement liées à la taille de la main de l’utilisateur. Petit détail sympathique, le contour de ce bouton s’allume lorsque le smartphone est en charge et pour signifier l’arrivée des notifications.

Nokia 4.2

© LaboFnac

À l’avant, l’écran de 5,71 pouces occupe 76 % de la surface du smartphone. Un chiffre correct, mais loin d’être exceptionnel. La bordure inférieure de l’écran est ainsi plutôt large et permet l’affichage du nom de la marque. Cependant, le Nokia 4.2 peut être considéré comme un mobile plutôt compact en 2019. Il mesure ainsi 149 x 71,3 x 8,4 mm pour un poids d’un peu plus de 160 g. La qualité de fabrication est très bonne, l’ensemble dégageant une belle impression de robustesse. Bien entendu, comme tous les smartphones à petit prix, il n’y a pas de conformité à une quelconque norme d’étanchéité. Malgré des boutons matériels pas toujours bien placés, le 4.2 s’offre une prise en main agréable grâce à ses flancs relativement épais au profil arrondi.

L'écran

Avec sa diagonale de 5,71 pouces, l’écran du Nokia 4.2 n’impressionne pas vraiment par sa taille, les modèles sous la barre des 6 pouces commençant à se faire rares dans les linéaires. Nokia a opté pour une dalle IPS, une technologie dépassée aujourd’hui en termes de qualités intrinsèques par l’AMOLED, mais moins onéreuse. Dans le souci de maintenir un prix bas, cette dalle se contente d’une définition HD, soit ici 720 x 1520 pixels et une densité de seulement 293 ppp. La finesse d’affichage n’est donc pas exceptionnelle. Cela passe dans la plupart des cas, mais en y regardant de plus près certains contours de texte semblent un peu crénelés. Comment l’écran du 4.2 se comporte-t-il face aux différents tests menés dans notre laboratoire ?

Nokia 4.2

@ LaboFnac

Nos premières mesures concernent la colorimétrie, c’est-à-dire la capacité du smartphone à afficher des couleurs précises et naturelles. La note globale, la valeur du Delta U’V’ reflète un bon comportement avec 0,019 selon nos sondes. C’est exactement la même note que le Samsung Galaxy A20e, les deux écrans se comportant de manière assez proche. Celui du Nokia 4.2 est très satisfaisant sur la plupart des couleurs, notamment le rouge et le vert, mais très moyen sur le magenta, où la dérive est perceptible. C’est également le cas du bleu.

Si en matière de contraste, l’IPS ne peut être comparé à l’AMOLED, et l’écran du Nokia 4.2 se montre plutôt bon sur ce plan. Nous avons ainsi établi un taux de contraste de 1544:1 (mesure sur 4 bits) et de 289:5 (mesure sur 17 bits). Pas de miracle sur la mesure du gamma qui détermine la capacité d’un écran à restituer les nuances entre le blanc et le noir.

Dernière série de mesures, la directivité traduit le comportement d’un écran lorsque l’utilisateur n’est pas face à lui. Lorsque l’angle de vision passe de 0° à 15°, la luminosité de l’écran descend de 216 cd/m2 à 160 cd/m2 soit une perte de 9 %. Une différence assez sensible qui situe le Nokia 4.2 dans la moyenne, sans plus. Un comportement qui se confirme par la suite lorsque nous accentuons l’angle de vision. À 30°, la luminosité passe à seulement 56 cd/m2 alors que dans la même situation l’écran du Samsung Galaxy A20e que l’on peut considérer comme un concurrent conserve une luminosité de 85 cd/m2. Lorsque l’angle de vision passe à 45°, la luminosité de l’écran du 4.2 s’effondre avec seulement 23 cd/m2 soit quasiment deux fois moins que celle de son adversaire coréen.

À l’issue de son passage dans notre labo, l’écran de ce smartphone n’affole pas vraiment les compteurs avec des résultats dans la moyenne. En choisissant Android One, une version épurée de l’OS de Google, Nokia nous prive de réglages avancés du rendu de l’écran, il est simplement possible d’ajuster la balance des blancs pour offrir un rendu plus froid ou plus chaud. Un petit mot pour finir au sujet de la gestion de la luminosité : oubliez le mode automatique au fonctionnement plus qu’étrange.

Ecran

Respect des couleurs Contraste et progressivité Directivité Densité
6.75.76294.76

L'interface utilisateur

Le Nokia 4.2 s’appuie sur Android 9.0 dans sa version Android One. Cela signifie qu’il s’agit d’une version pure du système d’exploitation qui ne s’embarrasse pas de surcouche ni de fonctions supplémentaires. Elle est optimisée pour les petites configurations matérielles et surtout garantit l’arrivée précoce des mises à jour et autres correctifs de sécurité.

Nous retrouvons donc une expérience proche de celle des Google Pixel avec de nombreux contrôles gestuels par exemple ou encore la présence de Google Pay. Quelques incohérences cependant. Par exemple si vous optez pour le mode sombre, celui-ci s’appliquera à menu déroulant des notifications ou encore au tiroir d’applications, mais pas à l’écran des paramètres du smartphone.

Notons au passage la présence d’une très belle bibliothèque de fonds d’écran. Les clichés sont nombreux et variés. Voilà la seule petite fantaisie d’une interface utilisateur ultra-dépouillée.

Les performances

Le processeur Qualcomm Snapdragon est taillé pour les smartphones d’entrée de gamme et les usages basiques. Cela se ressent évidemment face à notre test de puissance qui s’appuie sur l’exécution de scripts JavaScript de plus en plus complexes. Face à des processeurs très légers, le Nokia 4.2 conserve la tête haute avec un temps de réponse de 110 ms et un framerate de 9 fps, c’est légèrement mieux que l’Exynos du Samsung Galaxy A20e (130 ms et 8 fps). Mais dès le niveau suivant qui correspond à des processus ordinaires, cette mécanique modeste perd le sourire puisque le temps de réponse passe à 286 ms pour seulement 3 fps. Les processus complexes saturent le processeur qui peine à afficher plus de 2 fps pour un temps de latence de 467 ms. Des chiffres étrangement quasiment identiques à ceux obtenus face aux processus très complexes soit 500 ms et 2 fps. Lot de consolation : dans ce dernier exercice, le Samsung Galaxy A20e est aux fraises, avec une latence de 900 ms pour un framerate de 1 ms.

Ce manque de peps se retrouve à l’usage face à certains usages précis. L’application Caméra par exemple manque de fluidité et les jeux les plus exigeants sont difficilement jouables. Cependant, les fonctions de bases ne posent pas trop de problèmes, tout comme la navigation dans l’interface, qui demeure fluide.

La photo et la vidéo

À l’arrière du Nokia 4.2, nous retrouvons deux caméras. Nous passerons vite sur le module de deux mégapixels utilisé simplement pour apporter des informations supplémentaires concernant la profondeur de champ. Ces données sont notamment utilisées pour le mode Bokeh. La caméra principale s’appuie quant à elle sur un capteur de 13 mégapixels lié à une optique ouvrant à f/2,2. Un duo qui correspond à nos yeux au minimum en 2019. Nous regrettons par exemple l’ultra grand-angle du Samsung A20e qui ouvre d’autres perspectives de prises de vue.

Nokia 4.2

© LaboFnac

Nos mesures mettent tout d’abord en avant les qualités du capteur principal qui se comporte bien face à nos tests Labo. Son centrage et son homogénéité sont parfaits. Seules les possibilités de recadrage qu’il offre peuvent sembler un peu limitées. L’optique de la caméra principale affiche malheureusement une tendance assez marquée à produire des aberrations chromatiques avec quelques déformations géométriques en prime. En revanche, nos appareils n’ont mesuré aucune tendance à l’astigmatisme.

Nokia 4.2

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En résumé, voici une optique de bonne qualité surtout sur un smartphone abordable, mais notre mesure de la sensibilité nous ramène les pieds sur terre : elle est plutôt décevante.

Passons à la caméra frontale qui s’appuie cette fois-ci sur un capteur de 8 mégapixels et une optique présentant une ouverture de f/2.0. Le capteur se montre plutôt décevant avec de fortes déficiences : homogénéité très moyenne, très faible possibilité de recadrage et centrage moyen. Le bilan s’arrange un peu avec l’analyse de l’optique qui se révèle d’un très bon niveau avec simplement une légère tendance à la déformation géométrique. La sensibilité du système frontal se montre incapable de restituer tous les détails que vos selfies méritent.

Nokia 4.2

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Dans les faits, nous avons tout d’abord dû nous faire à une application peu réactive et instable. Les photos réalisées se caractérisent surtout par des couleurs un peu ternes, même pour les amateurs de rendu naturel. Le bruit numérique apparaît très rapidement, y compris lorsque la lumière semble en quantité suffisante. Enfin la balance des blancs semble manquer de précision et les ciels gris du début de l’hiver sont trop souvent brûlés. Cela ne s’arrange pas la nuit venue et sous la lumière artificielle. Le mode Bokeh qui s’appuie sur la seconde caméra pour produit l’effet tant recherché met à mal la fluidité du smartphone. Le découpage autour du sujet se montre peu précis et manque de naturel avec parfois d’étranges artefacts.

Nokia 4.2

@ LaboFnac

Les selfies se montrent plutôt satisfaisants dans de bonnes conditions d’éclairage. Dans le cas contraire, le résultat devient difficile à exploiter au-delà des réseaux sociaux. Le Nokia 4.2 peut filmer jusqu’au 1080p 30 images par seconde. Les vidéos manquent souvent de dynamique, mais elles bénéficient d’une bonne fluidité et d’une mise au point efficace.

Photo & vidéo

 
5.8

Le rendu audio

Le haut-parleur de ce smartphone d’entrée de gamme affiche une belle puissance et une qualité sonore plutôt honorable. Il est capable de renvoyer dans les cordes des smartphones vendus deux fois plus cher. La prise casque n’est pas à la hauteur en revanche. Si sa puissance de sortie est correcte, le son produit présente un profil étrange avec des pics sur le haut du spectre participant au final à un côté un peu criard et déséquilibré.

Réponse en fréquence

Audio

Sortie casque Casque HP
5.13.36.7

La qualité de réception (performances radio)

Le Nokia 4.2 intègre un modem lui apportant la compatibilité avec la norme LTE Cat4 qui correspond à des débits maximaux théoriques de 150 Mbps en download et 50 Mbps en upload. Des capacités que l’on peut qualifier de minimales aujourd’hui puisqu’elles ne permettent pas de tirer 100 % du réseau mis en place par les opérateurs français, du moins dans les grandes agglomérations.

Nous avons bien entendu soumis ce terminal à notre laboratoire de tests. En GSM, il réalise un parcours tout simplement parfait que ce soit dans la bande des 900 MHz ou dans celle des 1800 MHz. En 3G, c’est un peu moins bon, mais cela demeure acceptable. La 4G laisse apparaître des résultats plus contrastés. En effet, le Nokia 4.2 se révèle parfait pour les bandes 7 (2600 MHz), 20 (800 MHz) et 28 (725 MHz), mais il est nettement moins à son aise face aux bandes de fréquence 4G 3 (1800 MHz) et 1 (1950 MHz).

Pour les autres technologies radio, c’est un peu la douche froide puisque le Nokia 4.2 se contente du Wi-Fi 802.11n et du Bluetooth 4.2.

Communication

2G 3G 4G
9.47.88.1

L'autonomie

Le Nokia 4.2 embarque une batterie de 3000 mAh, soit une capacité pas vraiment impressionnante en 2019. Si le Samsung Galaxy A20e ne fait pas mieux, le Xiaomi Redmi Note 7 atteint les 4000 mAh ! Handicapé par la présence d’un connecteur microSD au lieu du moderne USB-C, le Nokia 4.2 ne bénéficie pas d’une technologie de recharge rapide. Nous avons ainsi dû patienter plus de 3 heures (3h08) pour obtenir une charge complète ! C’est long, surtout pour obtenir au final une autonomie très moyenne à l’issue de notre test effectué en laboratoire. En effet, ce smartphone s’est éteint au bout de seulement 7h17, quand les meilleurs élèves dépassent la dizaine d’heures.

À l’usage, le smartphone de Nokia permet de se passer de recharge durant une journée, guère plus. Pas de technologie de recharge sans-fil, mais c’est plutôt logique pour le 4.2 à l’autonomie modeste.

Autonomie

Note d'autonomie Temps de charge
3:08
7

Conclusion

Avec son 4.2, Nokia fait une proposition peu convaincante avec des limites rapidement atteintes notamment en termes de puissance et performances photo. Du côté de l’autonomie, c’est plutôt décevant. Nous retrouvons cependant derrière un design classique, mais élégant une excellente qualité de fabrication. Le choix d’Android One semble pertinent même si cette mouture très épurée peut dérouter lors des premières journées d’utilisation. Difficile malgré tout de lutter contre une concurrence féroce qui propose souvent mieux pour un tarif avoisinant, voire inférieur.

Note technique du Labo

Autonomie

Note d'autonomie Temps de charge
3:08
7

Ecran

Respect des couleurs Contraste et progressivité Directivité Densité
6.75.76294.76

Photo & vidéo

 
5.8

Communication

2G 3G 4G
9.47.88.1

Audio

Sortie casque Casque HP
5.13.36.7

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