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Test Labo du Sony ZV-1 : que vaut ce compact tourné vers la vidéo ?

Sony ZV-1

Le Sony ZV-1 est disponible depuis l’été au prix de 800 euros, soit 500 euros de moins que le prix conseillé pour le RX100 VII. Un tarif bien plus contenu qui s’explique notamment par une optique à focale plus réduite - mais à plus grande ouverture, et dont les performances sont très satisfaisantes -, l’absence de viseur - peu gênante pour la vidéo, mais plus contraignante pour la photo, notamment en extérieur lorsque le soleil est au rendez-vous - et celle d’un flash intégré – ce qui n’a rien de dérangeant pour tourner des vidéos. L’appareil, qui conserve la stabilisation en 4K du compact expert et propose le suivi AF cher à Sony auquel quelques raffinements logiciels s’ajoutent, permet de réaliser assez facilement des vidéos qu’un son satisfaisant accompagne, et qui pourra être amélioré à l’aide d’un microphone déporté. La résolution est en outre bonne, permettant de recadrer sans problèmes les images, et la sensibilité très correcte. La question reste néanmoins celle de la cible, puisque Sony doit convaincre des vlogueurs peu technophiles de troquer un smartphone qu’ils possèdent déjà contre un appareil compact, quand les hybrides et les possibilités plus vastes qu’offrent leurs optiques interchangeables constituent une option tentante, quoique plus onéreuse. Le choix d’un compact pose donc question, mais pourra séduire des débutants au budget contenu pour qui une solution clé en main est à privilégier.

Note technique du Labo

  • - Ergonomie réellement pensée pour la vidéo
  • - Très bonne qualité d'image, particulièrement au 28 mm
  • - Pas de diffusion en direct
  • - Menus complexes, malgré la cible visée par Sony

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Avec son ZV-1, Sony promet peu ou prou d’offrir la qualité d’un compact expert de type RX100 à prix plus contenu, et l’ergonomie d’un appareil dédié aux vidéastes. Concurrent annoncé de smartphones de plus en plus performants sur ce terrain, a-t-il les armes pour l’emporter ? Nous l’avons testé en Labo pour le savoir.

Juste avant l’été et alors que les vidéos de type “vlog” affichent une popularité incontestable, le confinement ayant été propice aux stories sur Instagram, aux tutos sur YouTube et aux créations les plus originales sur TikTok, Sony dévoilait son dernier appareil photo. Et quand ses derniers modèles faisaient la part belle aux images fixes, la vidéo constituant essentiellement un mode complémentaire, le Nippon en fait l’objet central de son dernier-né. Il prend le nom de ZV-1. Il inaugure une nouvelle série de compacts experts dédiés à la vidéo, qui cohabitera avec la série RX100, appelée de son côté à perdurer.

Sony ZV-1

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Le design et l’ergonomie

Pensé comme une caméra dédiée au vlog, le ZV-1 ne paraît toutefois pas étranger à qui connaît déjà l’écosystème de Sony. Il ressemble pour beaucoup au récent RX-100 VII, le compact expert de la marque, dont il conserve certaines caractéristiques et en abandonne d’autres. On y retrouve donc un capteur Exmor RS empilé d’un pouce et de 20,1 mégapixels, assorti toutefois d’une optique rappelant davantage des générations plus anciennes de RX100 : il s’agit en effet d’un 24-70 mm (pensé par Zeiss), formule polyvalente associée à une grande ouverture (f/1,8-f/2,8) favorisant les flous d’arrière-plan. Sony ne s’en cache pas : l’idée est ici de concurrencer les vlogueurs utilisant leur smartphones en leur proposant de réaliser de manière simplifiée des effets esthétiques que leur mobile leur propose grâce à des effets logiciels.

Sony ZV-1

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Vu côté optique, le boîtier du ZV-1 est à peu de chose près identique à celui du RX100 VII, si ce n’est qu’il inclut un grip à son extrémité droite. Celui-ci est bien sûr petit et essentiellement intéressant pour les petites mains, mais améliore tout de même la préhension de ce produit aux dimensions contenues (105,5 x 60 x 43,5 mm pour 294g). De côté, les changements semblent discrets également : on retrouve la prise microphone inaugurée sur le RX100 VII, qui permet de compléter un microphone intégré au boîtier. Une prise micro-USB – l’heure n’est pas encore à l’USB-C – et un port HDMI siègent à son côté, sur le flanc droit de l’appareil, tandis qu’une indispensable filetage pour trépied se situe sous l’appareil. Les changements, donc, sont à observer au-dessus et à l’arrière de la bête. Ils y sont pour le moins visibles, puisque l’on ne manque pas de remarquer que Sony a choisi de faire disparaître viseur et flash (deux postes de coût non négligeables) sur cet appareil, ce qui semble plutôt logique, dans la mesure où l’usage du flash en vidéo, d’autant plus sur un compact, n’a rien de courant. Sony laisse en revanche la possibilité d’installer un petit panneau LED sur son boîtier et privilégie un écran orientable à 180° pour réaliser des vidéos en face caméra. Cet écran est partiellement tactile, là où celui du RX100 VII l’est entièrement : il n’est mis à profit que dans le cadre de l’autofocus. C’est assez frustrant, dans la mesure où, en l’absence de viseur, cet écran est utilisé en permanence.

Le bouton dédié à l’enregistrement vidéo situé à l’arrière du RX100 VII déménage sur le ZV-1 au-dessus du produit. Impossible de le manquer, il occupe la place de la molette permettant de naviguer entre les différents modes de prise de vue sur le compact expert. Au-dessus toujours siège un filetage porte-accessoires. Elle sera donc utile à ceux qui souhaitent utiliser un flash (à acquérir séparément) et peut accueillir la bonnette fournie avec l’appareil. Celle-ci sert à atténuer les bruits parasites, tel celui du vent, et à améliorer le micro à trois capsules intégré au boîtier. Plutôt sympathique côté look, même s’il semble plus qualitatif d’utiliser un microphone déporté et de réserver la griffe à un éclairage d’appoint.

Sony ZV-1

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Le ZV-1 a beau se présenter comme un savant mélange de plusieurs générations de RX100 et pouvoir être utilisé en tant qu’appareil photo, il n’est clairement pas conçu pour cet usage et son ergonomie en témoigne. La molette des APN ayant disparu, il faut en effet passer par le bouton “Mode” pour accéder aux différents modes de prise de vue, et l’absence de viseur optique – escamotable, il est présent depuis la 3e génération de RX100 – se fait alors ressentir.

Son usage principal relève donc de la vidéo, que Sony veut facile d’accès. Son bouton déclencheur situé au-dessus du boîtier, son témoin lumineux à l’avant et surtout le faible nombre de réglages accessibles sans explorer ses menus en témoignent. Les plus aguerris, donc, s’en trouveront peut-être frustrés, d’autant que si options il y a, elles sont parfois cachées bien loin dans les (très riches) menus de Sony. En témoigne le cas de son option “Présentation produit”, qui permet de forcer la mise au point sur des produits montrés à l’image : une bonne idée à destination des vlogueurs qui nous a paru efficace, mais cachée à la douzième page de son menu “Qualité d’image”. Idem pour l’effet “Peau douce”, pertinente pour les « face caméra » fréquents à l’exercice du vlog, activé par défaut en page 10 du même menu. Bref, à la simplicité d’usage affichée par le boîtier vient se heurter un menu complexe qui pourra dérouter la cible affichée du ZV-1, à savoir les vlogueurs filmant habituellement au smartphone.

Sony ZV-1

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La résolution

Rappelons ici que le Sony ZV-1 est pourvu d’un capteur Exmor RS CMOS de 1 pouce (ratio 3:2), et de 20,1 mégapixels. Un équipement qui n’est pas sans rappeler le RX100 VII, identique en tous points. C’est donc au niveau de l’optique associée, équivalente à un 24-70 mm (zoom 2,7x, f/1,8-2,8) que se situe la principale différence, qui n’est toutefois pas des moindres.

Si en photo, les possibilités de recadrage sont exceptionnelles (elles dépassent les 70 % aux trois focales que nous avons testées, c’est-à-dire 38, 50 et 70 mm), on peut espérer qu’il en soit de-même pour la vidéo, d’autant que l’exigence est bien moindre que pour un tirage 20 x 30 cm qui nous sert ici de référence. Avis aux monteurs… On remarque en outre que Sony a pris note des usages des vlogueurs, ne négligeant pas la qualité photo, sa cible demandant tant des vidéos que des photos de qualité.

On constate par ailleurs que le ZV-1 offre un excellent centrage, c’est-à-dire que la résolution au centre de l’image est sensiblement la même qu’à sa périphérie. L’homogénéité est bonne, tout particulièrement au 50 et au 70 mm.

  • test Sony ZV-1

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La restitution des détails

Pour évaluer la sensibilité, nous soumettons notre scène test aux appareils photo numériques et observons leur capacité à restituer des détails en situation. Cette scène test se compose de modules avec différentes matières, textures et couleurs, tandis que la situation choisie correspond à un niveau d’éclairement moyen (500 Lux), équivalent à celui d’un salon en lumière tamisée. Nous procédons au même test à 250 Lux, c’est-à-dire dans la pénombre.

Test Sony ZV-1

Notre scène test au 28 mm © LaboFnac

Les résultats sont assez disparates, dès lors que l’on change de focale et de luminosité. L’appareil offre de très bons résultats au 28 mm, même en basse lumière, sur l’ensemble de notre scène test, s’avérant notamment capable de restituer les détails des mèches de cheveux et tissus, ce qui n’est pas sans importance en cas de vlogs en face caméra. C’est d’autant plus important que cette focale est certainement l’une des plus utilisées dans le cadre du vlog. On note une qualité moindre au 50 et au 70 mm, mais qui reste suffisante pour bon nombre d’usages. Des disparités ponctuelles sont néanmoins perceptibles sur la carte Ethernet de notre scène test, aux 50 et 70 mm. À moins d’être spécialisé dans les composants informatiques, le ZV-1 devrait donc constituer une alternative intéressante au smartphone, dont l’ergonomie est moins adaptée, et aux boîtiers plus perfectionnés, mais aussi plus complexes et encombrants.

Les qualités optiques

Contrairement au RX100 VII, le ZV-1 est pourvu d’une optique à zoom 2,7x, qui lui permet de conserver des dimensions un peu plus compactes. Il s’agit plus précisément d’un équivalent 24-70 mm, une optique Zeiss Vario-Sonnar à traitement T*, à ouverture f/1,8-2,8 et incluant 10 éléments, dont 9 asphériques, répartis en 9 groupes. Cette optique a bien entendu fait l’objet de tests dédiés au sein de notre Labo, et n’a révélé aucun défaut perceptible, qu’il s’agisse de distorsion, d’astigmatisme ou d’aberrations chromatiques.

La vidéo

Tourné vers la vidéo puisqu’il s’adresse tout particulièrement aux créateurs de contenus plus ou moins aguerris, le Sony ZV-1 permet de filmer longtemps, jusqu’à 75 minutes, et ce en 4K à 25p. La stabilisation SteadyShot sur 5 axes est de la partie, et nous a la aussi semblé efficace. Elle est mise à profit jusqu’en 4K, et Sony promet une stabilisation 11 fois plus performante que sur le RX100 VII en HD, ce qui est toutefois difficile à quantifier à l’essai. D’autre points méritent d’être retenus : un autofocus à détection de phase (315 points, proche des 357 points du RX100 VII), et surtout une détection des visages et un suivi de l’œil désormais attendus chez Sony et particulièrement pratiques (attention, le suivi de l’œil fonctionne pour les animaux, mais seulement en photo). D’autres options, telle une correction d’exposition automatique dédiée aux tournages en extérieur ou encore un effet bokeh (optique et numérique) à activer via un simple switch situé au-dessus du boîtier sont également au programme. Bonus appréciables : l’intégration d’un filtre ND et la possibilité de filmer en mode portrait, indispensable pour les instagrammeurs adeptes des Stories.

Le partage

Le ZV-1 est connecté en WiFi et Bluetooth, permet de partager ses vidéos avec un ordinateur, un smartphone (qui peut également servir de télécommande) et même avec un téléviseur. Il faut passer par l’application Imaging Edge Mobile sur téléphone ou sur la version desktop du logiciel sur un PC afin de transférer des données. Néanmoins, il semble regrettable qu’il ne soit pas encore – on peut espérer une mise à niveau dédiée – de partager directement sur un réseau social, tel Instagram ou YouTube, des contenus vidéo compte tenu de la cible de ce ZV-1.

test Sony ZV-1

© Sony

Ajoutons que Sony offre, depuis le mois d’août 2020, la possibilité de faire de ce boîtier une webcam, pour les visios en télétravail certes, mais surtout pour les lives et stories sur les réseaux sociaux. La fonction s’appuie sur le logiciel Imaging Edge Webcam et fonctionne sur les PC sous Windows 10 64 bits, dont il utilise le microphone intégré (ou un micro externe) pour la partie son, mais aussi sur Mac. Essayée par nos soins, la fonction a évidemment permis d’obtenir une qualité d’image bien supérieure à celle de la webcam de notre PC, mais avec un problème de taille : l’appareil surchauffe après moins de 10 minutes de tournage. À réserver donc aux courtes sessions de visio…

Conclusion

Le Sony ZV-1 est disponible depuis l’été au prix de 800 euros, soit 500 euros de moins que le prix conseillé pour le RX100 VII. Un tarif bien plus contenu qui s’explique notamment par une optique à focale plus réduite - mais à plus grande ouverture, et dont les performances sont très satisfaisantes -, l’absence de viseur - peu gênante pour la vidéo, mais plus contraignante pour la photo, notamment en extérieur lorsque le soleil est au rendez-vous - et celle d’un flash intégré – ce qui n’a rien de dérangeant pour tourner des vidéos. L’appareil, qui conserve la stabilisation en 4K du compact expert et propose le suivi AF cher à Sony auquel quelques raffinements logiciels s’ajoutent, permet de réaliser assez facilement des vidéos qu’un son satisfaisant accompagne, et qui pourra être amélioré à l’aide d’un microphone déporté. La résolution est en outre bonne, permettant de recadrer sans problèmes les images, et la sensibilité très correcte. La question reste néanmoins celle de la cible, puisque Sony doit convaincre des vlogueurs peu technophiles de troquer un smartphone qu’ils possèdent déjà contre un appareil compact, quand les hybrides et les possibilités plus vastes qu’offrent leurs optiques interchangeables constituent une option tentante, quoique plus onéreuse. Le choix d’un compact pose donc question, mais pourra séduire des débutants au budget contenu pour qui une solution clé en main est à privilégier.

Note technique du Labo

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